‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques du poumonChapitre 15 sur 27 · RE CE · texte numérisé non relu

RE CE

kyste vivant et non rompu était déjà entouré d’une zone de périkystite inflammatoire.

La rupture peut en outre être la cause d’une échinococcose bronchique secondaire, qui se développera sur

le trajet suivi par le liquide hydatique expulsé. Rupture de lhydatide dans la plèvre

Il y a perforation de la plèvre et mise eu communication de celle-ci avec les alvéoles pulmonaires, d’où le pneumothorax observé. Mais il est rare que le pneumothorax soit pur. Dans la grande majorité des cas, il y a du liquide en plus du gaz épanché dans la cavité pleurale. Ce liquide est de nature variable: il peut être hydatique, ou séreux, ou hémorragique, ou purulent.

L'origine du pneumothorax hydatique est:

— soit spontanée; — soit post-opératoire.

Nons ne nous occuperons, dans ce chapitre, que du pneumothorax d’origine spontanée; nous envisagerons le deuxième cas lorsque nous étudierons le traitement.

Le pneumothorax hydatique spontané fut pendant

longtemps, d’après Dévé, confondu avec le pneumokÿste du poumon, où il n’y a pas d'ouverture dans la plèvre. Nous allons esquisser rapidemment l’historique de l’étude de ce pneumothorax. Laennec n’a pas mentionné les hydatides du poumon au nombre des causes susceptibles de provoquer le pneumothorax. Ce n’est que deux ans après sa mort que, en 1828, Fouquier

Se. 1 A

pulie le premier cas: l'observation d’un malade hospitalisé à la Charité. Puis Mercier, en 1838, signale un hydropneumothorax révélateur de l’affection parasitoire chez un sujet. Depuis, les observations de pneumothorax hydatique se sont multipliées. Mais Dévé dit qu’en réalité, pour de nombreux cas, il s'agissait de pneumokystes du poumon, beaucoup plus fréquents que le pneumothorax. L’erreur est facilement faite, car dans les deux, on observe cliniquement le même syndrome amphorométallique. Au point de vue étiologique, le pneumothorax hydatique s’observe surtout chez les jeunes, entre 15 et 30 ans. Il se produit souvent

après un effort, un traumatisme.

Ce sont les kystes univésiculaires qui réalisent les conditions les plus favorables à sa production. Cela est dû à la minceur particulière de leur adventice et à l’incompressibilité de la vésicule hydatique unique, sous tension. Elle transmet à son enveloppe fibreuse les pressions qu’elle reçoit au cours des efforts, des quintes de

toux.

Par contre, les kystes multivésiculaires ayant une adventice plus épaisse, et pouvant mieux supporter une pression, ont moins tendance à se rompre.

Quant aux kystes suppurés anciens, ils sont très rarement à l’origine d’un pneumothorax, car chez eux il

existe des adhérences pleurales. ;

Symptomatologie du pneumothorax hydatique

Le sujet chez qui va se produire un pneumothorax hydatique peut présenter quelques symptômes prémo-

notoires, Symplômes qui, du reste, ne sont jamais at-

Rires

tribués à leur cause réelle: toux, dyspnée, douleur, et parfois hémoptysie. D’autres fois, ces signes manquent totalement, malgré l’opinion de Behrenroth, qui décrit ces symptômes prémonitoires comme toujours très nets.

Quant au début, il est dans la règle, brusque, solennel et dramatique, comme pour tout pneumothorax généralisé. Le point de côté est très violent, très douloureux. C’est une sensation de déchirure interne. La toux est quinteuse, très pénible. En plus, le malade suffoque. Il est anxieux, dypnéique, cyanosé. A ceci s’ajoute un état syncopal marqué, qui paraît propre au pneumothorax hydatique, et qui serait dû à la toxicité parasitaire. Si on trouve, ce qui est fréquent, lorsqu'on examine le malade à ce moment, une poussée d’urticaire, il faut envisager l'hypothèse d’une échinococcose.

À la période d’état, le point de côté s’atténue, de même que la dyspnée, l’anxiété, la cyanose et l’état syncopal.

Les signes fournis par l’examen physique sont ceux d’un hydropneumothorax.

Ce qu’il faut craindre, à cette période, c’est une complication importante et grave, c’est-à-dire l’infection. Celle-ci pose un pronostic réservé, elle peut produire un pyopneumothorax, parfois putride. De plus, lorsque la plèvre est infectée, et que la maladie se prolonge, il y a formation de nombreuses fausses membranes, qui peuvent obstruer à elles seules complètement l’orifice de rupture pulmonaire,

Les variétés cliniques du pneumothorax hydatique

sont nombreuses.

AIG LEE

Les formes aiguës sont les plus intéressantes. Elles sont ordinairement conditionnées par un pneumothorax à soupape, suffoquant le malade. Il faut faire une thoracotomie d'urgence, seule capable de le sauver. Mais là surtout l'infection est fréquente et redou-

table.

Assez souvent, on observe des formes avec vomique secondaire, Celle-ci peut être une vomique du type hydatique: liquide eau de roche contenant des fragments de membranes, des vésicules, des crochets d’échinocoques, ou bien du type purulent. Dans cet ordre d'idées, on a signalé que la vomique pouvait survenir très tardivement, cinq à six ans après le pneumothorax. Il est alors permis de se demander avec Dévé s’il ne s'agissait pas alors de l’élimination bronchique d’un

autre kyste.

Les formes aseptiques sont le plus souvent tempoaires. Une forme d’abord aseptique va bientôt deve-

nir infectée.

Quant aux formes sèches, sans réaction pleurale liquidienne, elles peuvent être considérées comme très rares. Les anciens auteurs en ont signalé quelques-unes: telle l'observation de Renan qui remonte avant l’ère radiologique; aussi on peut penser que ces pneumothorax n'étaient purs qu'en apparence et que si la elinique à elle seule était insuffisante pour déceler la pré-

sence de liquide, celui-ci n’en existait pas moins.

Nous devons terminer ce chapitre en esquissant rapidement le pronostic du pneumothorax hydatique. Ce pronostic doit toujours être très réservé, la mort pou-

vant survenir, malgré le traitement, par pneumothorax

Dee

suffocant ou intoxication hydatique, ou inondation bronchique.

La guérison spontanée est tout à fait exceptionnelle, mais le traitement chirurgical donne d’assez bons résultats.

Enfin, pour terminer l’étude des complications du kyste hydatique du poumon, nous devons insister particulièrement sur l’échinococcose secondaire, qui peut se développer partout, mais qui évidemment se développera de préférence dans les régions en contact avec le liquide hydatique. C’est une complication souvent grave, car, dit Dévé, « la lésion essentiellement enkystée, circonscrite, locale, bénigne qu'est le kyste hydatique non compliqué, devient, après rupture interne, le point de départ d’une dissémination, d’une sorte de généralisation par greffes innombrables, qui donnera

lieu à une affection en quelque sorte maligne ».

Page 1