‹ Contribution à l'Étude des Kystes Hydatiques du Poumon: Leurs Modes d'Infection et de SuppurationChapitre 8 sur 24 · CHAPITRE Lu · texte numérisé non relu

CHAPITRE Lu

Tinfection primitive + l'hydatide pulmonaire.

En parcourant les observations publiées de kyste hydatique du poumon on est frappé du nombre considérable de cas, près d'un tiers certainement, où l’expectoration purulente, soit fractionnée, soit.grande vomique, fut d'emblée une manifestation del'infection vésiculaire primitive. Et nous tenons en effet celle-ci pour bien distincte de la suppuration de l’espace périparasitaire, lequel peut être envahi isolément par les germes microbiens avec intégrité de la vésicule hydatique, prolongée un certain temps du moins ; distincte aussi de la suppuration de la caverne pulmonaire ou kyste adventice après l'évacuation, par vomique, de son Contenu parasitaire.

Il nous parait indispensable, pour la compréhension des faits, de rappeler Fanatomie pathologique d’un kyste vivant et stérile au milieu d'un parenchyme pulmonaire pratiquement sain. Nous étudierons ensuite quelle résistance naturelle peut offrir l’hydatide à l'infection; comment elle se laisse envahir par les germes microbiens; comment enfin se manifeste la suppuration de la vésicule.

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{constitné se trouve représenté par une vésicule de la grosseur parfois d’une petite noix, pouvant atteindre aussi le volume d’une tête d’adulte, le plus habituel- lement comparable à une orange.

7 ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU KYSTE HYDATIQUE | Ce 7 CFO PDU POUMON.

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Sa structure est en définitive assez simple : une cuticule réfringente, amorphe et stratifiée tapissée intérieurement par l’endothélium germinatif, avec la multitude des bourgeonnements proligères pour les kystes fertiles. Outre le liquide eau-de-roche qui constitue souvent à lui seul le contenu normal du kyste, nous avons vu, au chapitre de l'évolution anatomique, que l’hydatide peut être bourrée de vésicules filles endogènes appartenant même à plusieurs g générations.

Refoulé par le développement du de le tissu pulmonaire périvésiculaire constitue l’adventice ou kyste proprement dit. Dieulafoy, comme Behr aussi danssa thèse, a prétendu que cette membraneadventice n'existait pas dans la majorité des cas. [ls expliquaient ainsi la fréquence des ruptures de kystes et de” leur évacuation par vomique. Au cours des vérifications anatomiques, en effet, il est rare que l’on constate à l’œil nu la présence d’une enveloppe distincte du parenchyme pulmonaire. Ce sera seulement pour les kystes anciens, ou qui ont'présenté longtemps une suppuration de l’espace périvésiculaire, sur lesquels nous aurons à revenir, que l'on remarquera une cap-

Dunbn CREVER | L'étude minutieuse; par coupes en série, de re expérimentaux à permis à M. Dévé d'établir l’histo-

génèse de cettemembrane adventice. Tout au début du développement, une mince zone parenchymateuse immédiatement contiguë au parasite, présente des symptômes de dégénérescence et s'infiltre de nom-

breux leucocytes. I1 se formera rapidement une couche de cellules cylindriques juxtaposées, revêtant assez

bien dans l’ensemble l'aspect d’un épithelium, malgré

. les quélquescellulesgéantesquis’ytrouventintercalées.

Mais cette assise va dégénérer pour donner plus tard l’enduit de leucocytes et de polynucléaires neutrophyles qui tapisse la surface intérieure du sac kystique.

Apparaissent aussi très tôt, immédiatement en dehors de cette zône épithélioïde, des cellules fusiformes qui se différencient en éléments onduleux très allongés parallèles à la circonférence de la vésicule, pour laisser place, au bout de plusieurs mois, à une couche franchement scléreuse, pauvre en éléments cellulaires, riche en trousseaux de tissu fibrillaire dans les interstices desquels on note quelques néo-capillaires et des éosinophiles. La région la plus externe de cette enveloppe pourrait être dénommée fibroparenchymateuse parce que l'on peut encore y reconnaître la structure de quelques alvéoles pulmonaires noyées dans leur armature conjonctivo-élastique. Et l’on passe ainsi progressivement au tissu pulmonaire normal.

de sule fibreuse, ne au 0 un an peu irrégu- RAS Se lière, toujours fortement adhérente à al organe voisin, Se È

| le se . ; scléreusee ‘la séparer du parenchyme

D “voisin resterait vouée à à l’insuccès etne s'effectuerait = ne sans dilacération du poum HO UT

Il est aisé de comprendre que dans la majorité des

cas de kystes pulmonaires jeunes, la couche adventice

soit très mince et l'infiltration scléreuse de voisinage à peu près nulle, puisque l'organe extrèmement malléable se laisse comprimer au plus haut ne sans destruction de son parenchyme.

Le parasite, par sa cuticule, se trouve simplément au contact du kyste adventice ; Al en est toujours

facilement décollable lors de l'intervention ou de

l’autopsie. Il ne s’agit donc à l'état normal que d'un espace périvésiculaire virtuel. Mais, alors même que

lon ait affaire à des kystes ne se manifestant par

aucün symptôme de réaction inflammatoire, on peut découvrir une mince couche de muco-pus fluide entre le parasite et l’adventice (Passeron). Ce phénomène intéressant relève sans aucun doute de l'abouchement de bifurcations bronchiques dans l'espace périvésicu-

laire, car les bronches de voisinage se laissent ulcérer

par le développement de l’échimocoque et sont maintenues béantes par la résistance de leur squelette cartilagineux. M. Dévé qui a bien étudié les kystes

expérimentaux du mouton à vu la membrane hyda-

tique s'engager dans l’orifice bronchique, former ainsi une sorte de bourgeonnement tapissé lui-même par un bouchon de muco-pus. [1 sy trouve toujours comme dans le mucus périparasitaire et d’une façon

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; générale dans tout ie respiratoire t une ete micro- | bienne très abondante, qui dans certaines conditions

favorables acquerra une virulence etun développement considérables (infection kystique “et périkystique).

Avant d'aborder la pathogénie de la suppuration |

kystique, il importe de rappeler les principales conclu-

sions des expériences de MM. Chauffard et Widal en

1891 qui ont établi la résistance naturelle du kyste à l'injection. ST eZ

1° Le liquide eau-de-roche qui constitue le contenu normal d’une vésicule vivante et saine, en voie d’'accroissement progressif est absolument stérile.

2 La membrane hydatique intacte présente une imperméabilité absolue vis-à-vis des microbes qu’elle arrête comme un filtre parfait. Des vésicules récemment extraites ayant été plongées pendant huit

jours dans du bouillon ensemencé ont conservé leur

contenu stérile.

3° Les substances solubles d’origine microbienne sont par contre dyalisées et passent dans le liquide hydatique. Nous devons noter à ce sujet qu'une telle conclusion est tout à fait favorable à la théorie récemment émise par M. Dévé sur l’origine des vésicules filles endogènes qu’il considère comme des formes de résistance dont l'apparition serait provoquée — pour une partie du moins — par l'intoxication et la souffrance du parasite, en cas de suppuration périkystique.

4° Ce liquide stérile dans les vésicules intactes offre un milieu de culture des plus favorable à la plupart des microbes pathogènes : staphylocoques, bactérium, col, bacille typhique. ;

ru outradiohon à avec . ions 6e ces bi FSC touchantl asepsie du Jiquide contenu dans une vésicule * saine. Mais Escudero lui-même faisant la critique des ee interprétations expérimentales de son collègue - Ne argentin, adopte intégralement les idées françaises. -

IT. PATHOGÉNIE. ue

___ L'infection primitive de l'hydative sans symptôme se z de suppuration périkystique peut être provoquée par la fonction exploratrice ou évacuatrice pratiquée dans les meilleures conditions d’asepsie. Le mécanisme en paraît intéressant parce qu’assez varié. :

Le mode le plus simple consiste en l'apport par Ja Fr pointe de l'aiguille de germes microbiens dont elle a | été souillée au contact du muco-pus ou de simple mucus qu’elle a rencontré au passage des petites ramifications bronchiques ou dans l’espace périvésiculaire.

Par un processus tout à fait analogue, la piqüre, même punctiforme, de la cuticule hydatique, ayant déterminé une fissuration légère de la vésicule, crée ainsi une porte d'entrée aux germes microbiens de voisinage qui vont trouver dans le liquide hydatique un milieu favorable à leur développement.

Nous avons recherché avec soin des exemples démonstratifs de ces deux hypothèses, ayant relevé cette phrase dans la thèse de Guimbellot (Paris 1910) :

« Nous pourrions citer quantité d'observations où une première ponction même simplement exploratrice a ramené un liquide limpide, une seconde un liquide

ee n are pas pra dans les icat françaises de ces vingt dernières années, non plus que dans les thèses antérieures, de constatation de SCepenLe Cie NET

À peine signalerons- -NOUS un fait assez net rapporté par Alsina dans sa thèse (Buenos-Ayres 1903). Insistant sur les dangers de la ponction qui entraîne si

Hp fréquemment des accidents graves (vomiques, 2 hémoptysies, infection), le médecin argentin cite un S qe | | exemple intéressant. La ponction exploratrice d'une 3 hydatide pulmonaire avait tout d’abord retiré un

liquide limpide, mais quatre jours plus tard, à l'interveution, le contenu du kyste fut trouvé trouble.

Bien plus fréquemment la ponction détermine une : vomique immédiate, qui évacue en abondance le liquide vésiculaire et des fragments de membrane. Il en résulte la formation d’une caverne s’infectant secondairement.

Il faut tenir compte aussi, lorsqu'on à pratiqué une ponction évacuatrice, de l’affaissement de la cuticule occasionné par le vide. et de la fissuration très importante de cette membrane. Il se produit aussitôt une aspiration des mucosités bronchiques qui ensemenceront le reliquat liquidien. |

Des expériences de Chauffard et Widal on doit nécessairement conclure que l'infection spontanée relève toujours chez le parasite vivant d'une éraillure de la membrane vésiculaire. C’est du reste ce que tendent à prouver les observations cliniques et l'examen microscopique des crachats.

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