IV. Penn
Généralement primitifs les hydatides pulmonaires |
peuvent, exceptionnellement il est vrai, se propager aux régions saines de l'organe par la rupture d’une vésicule fertile. Signalons en passant l’ensemencement intratrachéal de sable échinococcique réalisé par M. Dévé qui a provoqué une échinococcose secondaire du poumon d'origine bronchique (1) On avait admis pendant longtemps une origine
exclusivement digestive aux kystes primitifs du pou-
mon. L'œuf du tænia échinocoque, hôte habituel de l'intestin du chien estintroduit par les voies digestives avec les aliments. L’'embryon hexacante, mis en
liberté par le suc gastrique ou intestinal, passe succes-
sivement par la veine porte, le foie et, lorsqu'il ne s’y fixe point, les veines sushépatiques, la veine cave, le cœur droit, l'artère pulmonaire, pour aboutir enfin au poumon. C’est évidemment là le mode d’infestation le plus commun.
Les auteurs australiens — Bird en particulfer — ont attiré l’attention sur la possibilité d'infection par voie aérienne, Notant la fréquence des localisations pulmonaires du parasite chez les citadins et dans les classes aisées de la population qui s’alimentent de viandes et de légumes cuits, ne vivent pas en contact habituel avec les chiens, il admet que les œufs du tœnia sont introduits dans l'organisme avec l’air inspiré et les
(1) Société de biologie, juillet 1904,
rest pa ent concluante Re 5 ann aux peuvent avoir été déglatis se- | condairem. nt, ce même auteur a bien démontré que l'action des: sucs digestifs n "est pas indispensable pour “la: mise en liberté de l'embryon hexacante. Pose de le biologie, 5 octobre AE ) Be,
2 Bo
Se CHAPITRE 1 “
Formes Stories d'évolution des kystes Fa:
hydatiques du pounon
Avant d'étudier en détails ie modes d'injection et de suppuration des kystes pulmonaires il nous paraît nécessaire de donner un aperçu rapide, aussi schématique que possible, de ce que l’on pourrait appeler les formes stériles d'évolution des hydatides au niveau du poumon.
Dans certains cas en effet, le kyste, avec un contenu vésiculaire aseptique à l’état normal se trouve entouré d’un parenchyme pulmonaire dont l'infection est pratiquement nulle. Il peut ainsi évoluer vers la guérison par calcification. Nous ne voulons pas insister sur cette évolution silencieuse avec terminaison favorable des hydatides pulmonaires. Observée communément pour les kystes hépatiques et surtout chez certains animaux (bœuf, mouton), la chose avait été décrite comme possible au niveau du poumon lorsqu'un cas de Limpéropoulo, publié en 1888, est venu confirmer cette hypothèse. Plus récemment, mars 1914, le D' Dévé communiquait à la Société de Médecine de Rouen une observation bien concluante de kyste pulmonaire ayant subi l’involution calcaire.
niveau de la face externe du lobe moyen droit « une | € cicatrice froncée comme capitonnée, centrée par un noyau blanchâtre induré du volume d’une noi-
__« sette. La cassure à révélé au milieu des concré- « tions calcaires la présence de petites membranes « gélatiformes, chiffonnées, qui, examinées au mi-
« croscope, présentaient la striation réfringente : & caractéristique ».
La rupture du kyste, quoi qu’on en ait dit, cons titue bien encore la terminaison la plus fréquente de ces formes aseptiques. Dieulafoy avait admis que la suppuration préalable était une condition presque nécessaire de la rupture de l’hydatide et de son évacuation par vomique. Il serait plus exact de dire que l'infection périkystique favorise au plus haut point l’apparition de fissure vésiculaire par lésion de la membrane parasitaire. Nous reviendrons bientôt dans un chapitre spécial à ce mode d’infection de beaucoup le plus fréquent et le plus intéressant. Maïs Lepicard, dans une thèse inspirée par M. Dévé, a relevé de nombreux cas d’évolution pratiquement aseptique de kystes pulmonaires dont le premier symptôme révélateur fut une vomique claire plus ou moins abondante assez souvent suivie de guérison. :
Il n'y a pas à considérer dans ce chapitre, réservé aux formes stériles, l’expectoration hydatique fractionnée et les petites vomiques à répétition qui ont souvent à leur origine l'infection périkystique et
l'autopsie d'un | omm de 68 ans, mort de is | . s cho- -preumonie grippale, cet auteur découvrit au
mr auden infailliblement la s = <. et de Son contenu. Lnes oee 4 RÉPARCSE Ilest vraisemblable quelles kystes à ‘évolution tor- pide, se manifestant d'emblée par une es 3 eau de roche à grand fracas, se sont développés à proximité d’une très grosse bronche ulcérée par eux et qui s'abouchait largement dans l'espace virtuel er périvésiculaire. La membrane hydatique, par unesurface assez vaste, est exposée ainsi aux variations de pression de l'air respiratoire et subit des trauma-
pe ; tismes qui peuvent entrainer sa rupture. Celle-ci Ar s’observe donc généralement au cours d’un accès de LIENS toux, à l’occasion d'un effort violent, d’une chute ou
ER d’une contusion thoracique. À
Il est intéressant aussi de constater que dans bon 4 nombre d'observations la ponction est donnée comme responsable d’une rupture immédiate. L'on est en droit de supposer, en effet, que la-piqüre de l'aiguille peut devenir le point de départ d’une fissure de l’hydatide qui se propagera jusqu'au niveau de l’orifice bronchique le plus voisin. Souvent aussi l'aspiration d'une certaine quantité de liquide entraîne l’affaissement de la membrane et sa rupture. Où assiste alors à une vomique hydatique.
Cet accident dans les formes stériles n’est qu'exceptionnellement annoncé par des prodrômes. On a signalé toutefois avec quelque raison l'apparition d'hémoptysies ou de crachats hémoptoiques au cours des heures qui précèdent immédiatement la vomique. Il est vraisemblable que ce symptôme précurseur de la rupture peut tenir à des causes pure-
quarts retour d'une promenade fut pris brusquement d'une crise syncopale qui à duré plusieurs minutes. Durant
d heure avant Ja vomique. Son: ane au
Fa période de prostration avec algidité qui suivit, le
ss patient éprouvait une envie incessante de vomir, ne rejetant par intervalle que des gôrgées de sang noir. Ces symptômes paraissent révélateurs de la Se du kyste dont le contenu en petite quantité s'étail
répandu dans l espace périvésiculaire et produisait de lauto-intoxication hydatique. SLR ts De tels faits sont en réalité exceptionnels et c’est
brusquement au milieu d’une quinte de toux, pen- dant un effort, au cours d’une ponction exploratrice
ou évacuatrice que le malade est pris d'une angoisse vive, ressent un chatouillement désagréable au niveau de la gorge suivi d'expectoration immédiate. Pendant qu'il évacue ainsi, avec quelques mucosités tout d’abord, un liquide abondant, clair, parfois légèrement rosé et teinté de sang, il éprouve une sensation
d’asphyxie atroce. De larges fragments de membrane hydatique — comparables à du blanc d'œuf. cuit — mais dont l'espect feuilleté parait caractéris-
tique, des vésicules filles entières sont aussi rejetés au milieu d'efforts de toux prolongés. Assez rapidement du reste le malade se calme, la sensation d'étouffement s’atténue, la cyanose disparait. Il continuera, pendant plusieurs minutes, à rejeter des vorgées de liquide à chaque quinte de toux, jusqu'à ce
‘que celles-ci aient complètement cessé.
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PRE, Il arrive se que de liquide hydatique ne ne
= sans effort les voies respiratoires, à la grande surprise du malade qui en crache plusieurs gorgées. I notera bien alors son goût amer et fortement salé. |
Lepicard et Dévé ont RCE sur ces formes de vomiques abondantes et uniques en général qu'ils ont appelé curatives, parce que dans certains cas : : A elles mettent un terme favorable à l'évolution du kyste, à condition d’avoir affaire à des parasites de petit ou moyen volume entourés d’un parenchyme pulmonaire assez souple pour combler au plus tôt le vide de la caverne hydatique.
Dans nombre de cas aussi, plusieurs vomiques sont nécessaires pour l'évacuation complète du contenu vésiculaire, mais, comme elles ne se succèdent pas sans phénomènes suppuratifs, nous en ferons l'étude au chapitre de l'infection de la caverne hydatique.
Les vomiques abondantes, complètes, ne sont pas exemptes elles-mêmes de complications stériles dont la description est devenue à peu près classique et qui, 5 pour quelques-unes, se présentent sous un aspect | particulièrement grave. ;
Au cours même de l’expectoration, la mort peut survenir par asphyxie, soit que le liquide clair ait inondé tout l'arbre respiratoire, soit que de larges fragments de membrane ou des vésicules filles ellesmêmes n'aient pu se dégager des voies trachéo-bronchiques, apportant ainsi un obstacle complet à la pénétration de l'air. Ces phénomènes sont heureuse-
; pservations publiées, à ils sont. relatés | comme ee la Joe du
Det en
a ont après | & xomique, à ‘une 1e hémoptysie grave peut également se déclarer, déterminée par la | décompression brusque des vaisseaux à tunique ulcé-
rée. Dans certains cas, cette hémoptysie a vwecuo
“parut si inquiétante qu elle néressite la ligature des
quatre membres.
Il faut noter enfin les phénomènes d'intoxication hydatique attribués longtemps à des causes diverses ou laissés sans interprétation. Ce sont les expériences déjà anciennes de M. Debove (9 mars 1888) qui les ont mis en relief. On a découvert d'ailleurs dans certains liquides hydatiques des leucomaines et des ptomaïnes qui peuvent expliquer la pathogénie de ces accidents. La sérosité vésiculaire, absorbée par la plèvre ou le tissu pulmonaire, paraît bien être l'ori-
gine de l’urticaire si fréquemment observé à la suite : des ponctions évacuatrices, comme des symptômes plus graves de dyspnée et de collapsus qui ont été relatés quelquefois. M. Debove, par injection souscutanée de liquide hydatique filtré a réalisé expérimentalement plusieurs formes d’éruption ortiée : éruption locale apparaissant dix minutes après l’injection et disparaissant au bout d’une heure ; éruption généralisée de durée moins éphémère. A noter aussi que dans un cas le sujet n’a pas du tout réagi. M. Dévé qui a fait une étude approfondie (1) de
(1) Revue de Chirurgie, 10 mai 1911,
gastrique hydatique.
groupés en huit ee nt 7
29 Fat oops à ou hydatique: PRE
4 Signes en intestinaux : sorte d’embarras
5° Syndrome abdominal : vomissements porracés, facies péritonéal. En :
6° Accidents respiratoires : dyspnée vive avec cyanose.
1° Fièvre, frissons : céphalalgie, état saburral.
8 Accidents nerveux : prostration où agitation, parfois phénomènes convulsifs.
Il est bien rare du reste que l’on puisse observer un de ces syndromes isolément. À la suite d’une vomique leur diagnostic en sera d'autant plus délicat qu'ils risquent d'être confondus avec les accidents mécaniques compliquant l’ouverture de la vésicule hydatique.
Si les kystes centraux ont plutôt tendance à se frayer une voie d'évacuation par les bronches et la trachée, 1l semble bien que les kystes périphériques devraient se rompre fréquemment dans la cavité pleurale. Cependant Lehmann, dans sa thèse (Paris 1882), ne décrit que 7 cas de perforation pleurale spontanée, et Troquard, au Congrès de Bordeaux en 1895, en a pu réunir 18 observations. Cet accident ne passe pas inaperçu du malade, la déchi-
1° Accidents cutanés : Ho de . de.
ni face. x è ASS
3° Collapsus : cyanose, refroidissement des exe Lee mités.
| mothorax hydatique de la forme santé re, | ou de pyo-pneumokyste décrite par M. Dévé et : sur £ “ “laquelle nous aurons à revenir. mire SE | Quant à af irruption du contenu vésiculairé dans ee es = ÿ ue de voisinage thoracique ou abdominaux (péricarde, æsophage, péritoine, intestin)- elle cest. - heureusement | exceptionnelle et ne asie 4 ühe:: ÉE curiosité € pathologique. HER To