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Opération. — Deux incisions circonscrivent la partie moyenne de la tumeur qui est extirpée en totalité, La dissection est d'abord facilitée par l’état œdémateux du tissu cellulaire qui entoure le kyste, mais elle devient ensuite plus délicate en raison des connexions qui existent avec le paquet vasculo-nerveux du cou. La tumeur n’adhère pas intimement à la veine jugulaire, elle n’a pas de prolongements en arrière ; elle est située contre la gaîne des vaisseaux, refoulant en arrière le sterno-mastoïdien dont on ne peut la séparer sans couper une partie du muscle. Un catgut est passé en arrière, sur une sorte de pédicule adhérant à la gaîne des vaisseaux et la tumeur est enlevée sans avoir été ouverte.
Le lendemain de l'opération, les symptômes généraux et fonctionnels se sont amendés très rapidement. La face a repris sa couleur rosée, la dyspnée a disparu et la déglutition se fait sans peine. Ë
Quelques jours après, la malade était en voie de guérison.
Examen histologique, par M. Pilliet (résumé). — L'imprégnation de l’endothélium par le procédé de Swegger-Seidel ne donne aucun résultat bien net. On est donc forcé de se contenter de l'étude des coupes.
Les festons, les brides et les piliers, qui cloisonnent la face interne du kyste, sont des parois de cavités vasculaires. On rencontre dans l’épaisseur de la paroi kystique de nombreuses coupes de vaisseaux (artérioles avec endothélium à grosses cellules cubiques, capillaires dont l’endothélium est tuméfié), mais surtout des vaisseaux très volumineux, étoilés, entourés de fibres lisses qui ne forment pas un tout continu, mais sont dispersées, éparpillées dans le tissu conjonctif ambiant. L'aspect général de ces vaisseaux, qui ne sont pas normaux d’ailleurs, rappelle extrêmement celui des veines que l’on observe dans le tissu lardacé d'une jambe variqueuse par exemple, mais il n°ÿ a là qu'une ana-
logie et on ne peut affirmer qu'il s’agisse réellement de veines.
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Les vaisseaux sont entourés par un tissu conjonctif, extrêmement riche en fibres élastiques et en cellules, qui rappelle l’aspect du tissu dermique embryonnaire ou enflammé. La trame conjonctive est plus abondante autour des vaisseaux plus volumineux.
En résumé, c’est une tumeur vasculaire, un angiome, comprenant des artères, des capillaires et des vaisseaux indéterminés qui se rapprochent des veines ; l’endothélium de tous ces vaisseaux est dans un élat de prolifération très remarquable.
On ne peut dire qu'il s’agit d’un angiome embryonnaire, car les artérioles sont adultes.
Si l’on admet que les vaisseaux les plus nombreux sont des veines, on peut accepter le nom d’angiome veineux, mais à la condition de tenir compte du développement très grand des capil-
laires.