‹ Contribution à l'étude des Kystes Thyro-hyoïdiens MédiansChapitre 20 sur 27 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Panas. Bull. Soc. de Chirurg., 3° série, t. I1I, p. 235, 1874.)

Un garçon de 20 ans vient à la consultation pour se faire enlever une tumeur qu'il présente à la face antérieure du cou, et sur laquelle il donne les renseignements suivants :

Il affirme qu'elle ne s’est produite que depuis deux mois, et que jamais personne ne l'avait remarquée auparavant. Elle ne lui cause, du reste, aucune douleur, à peine un peu de gêne dans les mouvements de la région.

C'est parce qu’il a remarqué qu’elle grossissait un peu dans ces derniers temps qu'il veut la faire enlever. La tumeur est à peu près du volume d’un œuf de pigeon, elle siège exactement sur la ligne médiane, au niveau de la membrane thyro-hyoïdienne, et occupe précisément le point où se développent les kystes de cette membrane ; elle suit exactement les mouvements d’élévation du larynx dans les efforts de la déglutition et adhère par conséquent aux parties profondes. On remarque seulement cette particularité, que la base se circonscrit d'une façon assez nette avec les doigts, ce qu’on n’observait pas de la mème manière dans les kystes thyro-hyoïdiens. La tumeur est indolente et non adhérente à la peau.

La ponction est faite d'abord avec un trocart, et, le liquide sortant avec peine, une petite incision est faite avec le bistouri. Il en sort un peu de liquide séreux, mélangé de matière sébacée, et bientôt après on extrait avec des pinces une cer- : taine quantité de cheveux assez longs et de couleur blonde, ce qui contraste avec la couleur actuelle des cheveux du malade, qui sont châtain foncé, La membrane du kyste est

fort adhérente aux parties voisines, surtout à l’os hyoïde et l’on ne peut en enlever que quelques lambeaux avec les pinces.

L'incision est maintenue ouverte pendant quelque temps, puis se ferme au bout de quinze jours environ. Mais la tumeur se remplit de nouveau et l’on est obligé de rouvrir la plaie recouverte par une croûte, pour en faire sortir le liquide constitué par du sang altéré. On y fait alors une injection de teinture d'iode et malgré cela près de trois mois après, l’affection n’est pas guérie et la plaie menace de devenir fistuleuse.

CHBOE RNA TI O NV Due à l'obligeance de M. Veau.

L..., âgée de 56 ans, entrée le 10 septembre 1900, salle Gosselin (hôpital Saint-Louis). Présente à la partie antérieure du cou une tumeur qui débute en février. Cette tumeur était alors du volume d’une noisette, Elle était régulière. Depuis elle a grossi peu à peu sans entraîner de troubles.

Actuellement la tumeur a le volume d'une noix, elle est arrondie, peu tendue, paraît fluctuante ou tout au moins rénitente. Elle est exactement médiane. Elle déborde en bas le bord supérieur du cartilage thyroïde ; en haut, elle atteint l'os hyoïde dont on ne peut la séparer. Latéralement, elle se perd au niveau de la saillie du bord postérieur du cartilage thyroïde. Elle suit très nettement le larynx pendant les mouvements de déglutition. Quelques veines sur la face antérieure de la tumeur.

Opéralion. — Le kyste est ouvert quand on veut le séparer

de l’os hyoïde. Il présente un prolongement supérieur qui s'insinue en arrière de l'os hyoïde. Ce prolongement adhère intimement à la face postérieure de l'os hyoïde et il ressort à un centimètre en arrière et au dessous.

Examen de la pièce. — Macroscopiquement, tumeur irrégulièrement bombée, ovoïde, grisâtre, molle, pâteuse. A la coupe, il s'écoule un liquide mellicérique jaunâtre ; la paroi est régulière, d'épaisseur très inégale et ne dépasse pas 2 à 3 millimètres.

Dans toute son étendue, elle est entourée d'une capsule.

Examen hislologique (fait par notre ami M. Veau).

Deux caractères remarquables : d'une part, l’abondance des vaisseaux dans la paroi, d’autre part, la déhiscence presque complète du revêtement épithélial.

La paroi est formée par un stroma fibreux riche en noyaux, sans fibres élastiques ; les veines sont abondantes par places ; ailleurs on constate que les petits rameaux capillaires prédominent; mais nulle part on ne trouve une déformation rappelant les vésicules thyroïdiennes. Le revêtement épithélial a disparu dans la presque totalité de la paroi ; cependant dans quelques endroits, on le reconnaît formé d'un épithélium granuleux stratifié.

Le stratum granulosum est peu net. Il n'y a pas de couche cornée. Dans d’autres endroits le revêtement épithéliai est formé simplement par cinq ou six assises de cellules, dont les plus superficielles subissent une transformation cornée,

KYSTES MUCOÏDES

Page 1