OBSERVATION II
(Heurteaux. — Nour. Dicl. de méd. el de chirurg. pratique, t. XIX, p. 753, à l’art. « Kystes », 1864.)
Jeune homme de dix-neuf ans auquel j'avais pratiqué la staphylorrhaphie, cinq années auparavant pour une division congénitale du voile du palais.
Ce jeune homme portait au cou, au niveau de la région thyro-hyoïdienne une tumeur molle sans adhérence à la peau ayant le volume d’une noix. La mère du jeune homme, interrogée au sujet de cette tumeur m'apprit qu'elle s’en était aperçue lorsque l'enfant avait un mois environ, mais qu'à ce moment la tumeur était à peine grosse comme une petite noisette.
Depuis cette époque la tumeur s'était accrue progressivement et en définitive elle constituait une difformité fort désagréable, de sorte que ce jeune homme demandait à en être
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- délivré, bien que cette production ne fût pour lui la source d'aucune gêne.
La consistance était molle et fluctuante, la peau mobile et de couleur naturelle ; mais quand on cherchait à faire mouvoir la tumeur sur les couches profondes, elle ne paraissait pas complètement libre et dans les mouvements de déglutition elle s'élevait en même temps que le larynx. La connaissance des deux faits publiés par Broca, me fit penser à la possibilité d'un kyste dermoïde d'autant plus que l'origine congénitale de la tumeur ne paraissait pas douteuse. Toutefois, après avoir tout préparé pour l’extirpation, dans le cas où le diagnostic serait confirmé, je fis dans la tumeur une ponction avec un trocart à hydrocèle, afin de reconnaitre la nature du contenu; il s’échappa par la canule un peu de matière granuleuse, semblable à celle qui remplit les kystes sébacés et dermoïdes.
L'extirpation fut donc pratiquée sur le champ à l’aide d’une incision verticale, La peau et l’aponévrose cervicale ayant été divisées, la tumeur se montra à nu : elle avait rejeté sur les côtés les muscles sterno-hyoïdiens et reposait sur la membrane thyro-hyoïdienne. À sa base elle adhérait par son pourtour à l’aponévrose d’enveloppe des muscles sterno-hyoïdiens et profondément elle était intimement confondue avec le périoste du corps de l'os hyoïde.
Après l’ablation, elle présente un peu plus de quatre centitimètres de diamètre, malgré la réduction de volume survenue pendant l'opération. La paroi du kyste est mince; le contenu très épais, blanchâtre, granuleux est composé surtout de cellules épidermiques, mais renferme aussi un peu de matière grasse et quelques poils.
L'opéré se rétablit parfaitement.
LAS À fie