‹ Contribution à l'étude des lactoses Identification et dosage Présence dans certains laits de substances nouvellesChapitre 3 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En 1880, Esbach, dans un Mémoire assez peu connu sur le dosage de la lactose (1), fit remarquer que la matière sucrée des laits de vache et de chèvre paraissait identique en ce qui concerne les propriétés optiques et réductrices, mais que le dosage du sucre dans les laits de femme et d’ânesse, même débarrassés par les sels de mercure de toute trace de substance albuminoïde, conduisait à des chiffres bien différents selon qu’on employait pour

(1) Journal des connaissances médicales praliques, n° 3 à 16, année 1880.

cette analyse la liqueur de Fehling ou le saccharimètre.

En admettant, d’ailleurs sans expériences à l'appui, le pouvoir réducteur des lactoses de femme et d'Ânesse, égal à celui de la lactose de vache, 11 fit voir que le pouvoir rotatoire, dans le sérum de ces laits, était moins fort pour la lactose de femme d'environ 1/7, avec variations de 5 à 6 p. 0/0 audessus ou au-dessous de ce chiffre, plus fort pour la lactose d’ânesse d'environ 1/20, avec des variations de 1 1/2 p. 0/0.

Il crut même (1), que dans les laits de vache, selon la nourriture, l'époque de la lactation, etc., la valeur du degré saccharimétrique en matière sucrée n'était pas constante, mais oscillait de 4 à 5 p. 0/0 au-dessus ou au-dessous du chiffre admis pour la lactose cristallisée pure.

Puis développant et précisant en 1888 (2), une opinion déjà émise dans les mémoires cités, le même auteur écrivait :

« Le lait ne contient pas une seule et unique » lactose, la lactose type que nous retirons par

» cristallisations répétées du lait de vache. Il y a.

» dans chaque lait un mélange de lactoses, dont les » propriétés, trés différentes, se révélent avec » évidence quand on étudie comparativement le

(1) Esbach. Analyse complète du lait, Journ. des connaissances méd. prat., 49e année, 1881.

(2) Esbach. Sur la lactose et l'unification des lactoses. Journ. de pharm. et de chimie, 5° série, t. XVII, p. 533,

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» lait de vache (le plus régulièrement composé) » et le lait de femme (qui est le plus irrégulière- » ment composé à ce point de vue).

Enfin, tout dernièrement, M. Béchamp (1), concluait que le sucre de lait, principe immédiat organique commun aux quatre espèces de laits qu'il a étudiés (femme, ânesse, chèvre et vache), présente certaines particularités dans le lait de femme. Ayant eu maintes fois l’occasion de constater avec Esbach que lorsqu'on analysait le lait de femme on trouvait, quand on employait la liqueur de Fehling, une dose moyenne de 70 à 75 grammes de lactose par litre et avec le polarimètre et les coeflicients habituels, des chiffres plus faibles de 10. à 12 grammes par litre ; que pour le lait d’ânesse, les différences, de sens mverse, atteignaient de 4 à 5 orammes par litre ; tenant compte d'autre part des modifications de la lactose, d'activité optique diverses, signalées par Erdmann (2) et Schmæcer (3), j'ai pensé qu'il serait important au point de vue physiologique et médical, et utile en ce qui concerne l'analyse du lait, d'établir d’une manière incontestable et définitive si oui ou non la matière sucrée des laits ést une substance unique, s’il n’en existe

(1) Béchamp. Sur la constitution histologique et la composition chimique comparées des laits de vache, de chèvre, d'ânesse et de femme, {conférences faites à la Soc. chimique de Paris, 1889-1892).

(2) Erdmann. Communication faite le 9 janvier 1857 à la Société de physique de Berlin et Berichte der deutsch. Chem. Ges., 1880, p. 2180.

(3) Schmæzer. Berichte der deutsch. Chem. Ges., 1880, p. 1915 et cbid., 4881, p. 2121; 1892, p. 1452.

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pas, selon les animaux, des variétés de pouvoirs rotatoire ou réducteur différents et enfin pour quelles raisons on constate des anomalies si considérables dans les laits de femme et d’ânesse.

Pour que cette étude ait une portée plus générale, je lui ai fait comprendre non seulement les laits de femme, d’ânesse, de vache et de chèvre, mais aussi ceux de jument, de brebis et de chienne.

Ce mémoire sera divisé en trois parties : j’étudierai dans la première, la matière sucrée retirée par cristallisation des six premiers laits énumérés ; dans la seconde l’état de cette matière sucrée lorsqu’elle est en dissolution dans le lait ; enfin, dans latroisième, les applications analytiques qui découleront des données acquises dans les deux premiers chapitres.

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