Lyonsia
a. Manteau. — H est très fermé et ne présente qu'un orifice pédieux antérieur (fig. 05, u, vi) et deux orifices postérieurs, branchial et anal (fig. 65, xiv et xv) (^).
Dans Thracia, où l'appareil byssogène est nul et le pied excessivement atrophié (fig. 64, v), il existe un quatrième orifice palléal situé tout en arrière (fig. 65, xm).
(3. Pied. — * Cet organe est assez grand et extensible ; les rétracteurs en sont néanmoins faibles (fig. 65, x). Chez Thracia (fig. 64, x), le rétracteur postérieui' est réduit à quelques fibres.
** L'appareil byssogène est fort développé. Il est formé d'une cavité à nombreuses lames (fig. 68, m) entre lesquelles naissent les minces racines du byssus. Les glandes byssogènes débouchent entre les cellules épithéliales des lames et sont surtout situées dorsalement (fig. 68, v).
y. Branchies. — * La lame externe, dans les trois genres (et dans tous les Anatinacea d'ailleurs) est formée d'un seul feuillet, qui n'est pas situé entre le manteau et la lame interne, mais dorsalement à cette dernière (fig. 64 et 65, xvi et 69, i) ; elle est très réduite dans Pandora, où elle existe cependant (^) ; chez Thracia corbidoides, elle est, au contraire, très développée.
(') L'espèce éluiJice est L. iwvvegica, Chemn., var. conuscam, Scacchi; provenance : Médilerranée. Du genre Thracia, les espèces étudiées sont : T. papyracea. Poli [^ pliaxcolina, Lam.,1 et T. corbidoides^ Desh., toutes deux provenant de la Médilerranée, ainsi que l'espèce examinée du genre Pandora : P. iiiœquivalvis, L.
(-) Dans une note publiée précédemment (Sur le quatrième orifice palléal des Pélécypodes, Comptes rendus, t. CX, p. ioU), l'espèce désignée comme L. tiorvegica m'avait été envoyée sous ce nom, du Muséum de Paris : c'était un exemplaire en assez mauvais état, sans coquille (donc indéterminable), plus grand que L. tiorvegica. Ce dernier ne possède que trois orifices palléaux comme on le savait déjà : je présume que la forme à quatre orifices est une monstruosité de genre Lyonsia ou bien appartient à un autre genre.
(') Contrairement à ce que répètent beaucoup d'auteurs (ex. : Menf.gaux. Recherches sur la circulation des Lamellibranches marins (1890), p. 179, 180 269) sur la foi des Manuels de Conchyliologie.
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Les lames internes sont réunies l'une à l'autre en arrière du pied, par le bord libre de leurs feuillets réfléchis (et non par leur bord ventral comme il pourrait sembler quand on examine l'animal par sa face ventrale (la ûg. 69 montre comme ces bords sont rapprochés).
** Ces branchies sont de la structure dite " plissée „. Si l'on examine une section longitudinale (de la lame interne, par exemple) (fig. 70), on voit que chaque pli est formé par treize filaments: six de chaque côté et un treizième, plus gros, à l'angle saillant du pli.
Les filaments sont unis entre eux par des brides vasculaires assez nombreuses, qui joignent non seulement ceux d'un même demi-pli, mais ceux des deux côtés opposés d'un même pli (fig. 70, m). Les angles rentrants qui séparent les plis successifs sont occupés par des conduits où débouchent les brides vasculaires ci-dessus.
Ces derniers conduits sont alternativement fusionnés ou distincts dans les deux feuillets de la même lame branchiale (fig. 70, IV, V, vn et vin) ; ils sont aussi alternativement afférents et efférents, le conduit afférent étant ainsi commun aux deux entre-plis correspondants des deux feuillets.
Quant à la structure des filaments, elle est la même que dans les groupes précédents (voir fig. 70, ii, pour le revêtement ciliaire).
d. Reins. — Ils forment, dorsalement aux rétracteurs postérieurs du pied, une masse qui s'étend, sur une grande longueur, depuis le péricarde jusqu'à l'adducteur postérieur (fig. 64 et 65, xxi). Ces organes n'ont déjà plus la texture spongieuse aussi compacte que dans les Lamellibranches un peu moins spécialisés, habituellement étudiés.
L'orifice péricardique est percé de chaque côté dans la paroi ventrale du péricarde ; il conduit dans un entonnoir cilié qui se dirige d'abord ventralement (fig. 67, vm), puis directement en arrière, au travers de la masse du rein ; il conserve longtemps son petit calibre (fig. 69, xi), s'élargit davantage en
arrière (i), constituant le " lobe central „ qui débouche tout en arrière dans la cavité principale (ou " chambre périphérique „).
Quant à la cavité principale, elle communique largement avec celle de l'autre rein, dans la partie antérieure (flg. 69, xni). C'est dans cette partie, où les deux reins ne font plus qu'une cavité, que se trouvent les orifices externes (fig. 69, v) dorsalement à la commissure viscérale (c'est-à-dire en dehors de celle-ci), en arrière des orifices génitaux (flg. 65, viii), en avant chez Thracia (fig. 64, viii).
Dans les cellules rénales se forment d'assez grosses concrétions sphériques, qui sont éliminées par les orifices extérieurs (flg. 69, m) et tombent ainsi entre les feuillets branchiaux internes, où l'on pourrait, à première vue, les prendre pour des œufs.
t. Glandes génitales. — Les trois genres Pandora, Thracia et Lyonsia sont hermaphrodites à glandes séparées et à orifices mcde et femelle distincts.
La disposition des glandes génitales de Pandora a déjà été décrite sommairement et sans figure, par Lacaze-Duthiers (-) ; mais cette observation de l'hermaphroditisme dans les Anatinacés était restée isolée et n'avait pas été confirmée.
* La conformation étant pareille dans les trois genres (et dans les quatre espèces étudiées), on peut prendre Lyonsia comme exemple :
De chaque côté, une glande mâle et une glande femelle se trouvent à la surface de la masse viscérale : le testicule ventralement, s'étendant même en partie dans l'intérieur du pied, sous l'enveloppe musculaire, où il est donc invisible du dehors (fig. 68, vni), et l'ovaire, dorsalement; tout en avant le foie forme, seul, la masse viscérale entière (fig. 68, xn, et 65, xxvi).
** Le testicule multilobé et ramifié se détache en blanc pur
(') Comme dans Asperçiillurn. H. de Lacaze-Duthiers. Morphologie des Acéphales, Arch. (le Znol. Expir. sér. 2, l I, pi. XXVIII, fig. 4
y') V.i. H. Lacaze-Duthiers. Hecherches sur les organes génitaux des Ac(!|)hales Lamellibranches, Ami. d. Se. nat. (Zoologie), sér. 4, t. II, p. 211.
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sur la teinte foncée du foie (fig. 65, vu); ses branches principales se dirigent en arrière et se jettent dans un conduit qui s'ouvre au dehors, un peu en avant du cœur, par une fente antéro-postérieure, située sur une papille sous laquelle passe la commissure viscérale ; l'orifice mâle est situé ventralement à cette dernière (fig. 66, vi).
*** Les ovaires sont surtout développés au côté dorsal ; mais en arrière ils ne restent pas superficiels, comme les testicules ; et postérieurement à l'estomac, ils occupent toute la largeur du corps. La partie antérieure de cette glande est formée de nombreux lobes : mais en arrière, ceux-ci s'unissent en une cavité unique (fig. 66, vu) de laquelle naît l'oviducte. Celui-ci, assez court, débouche sur la même papille que le spermiducte, mais un peu plus en arrière (fig. 65, xxii) et dorsalement à la commissure viscérale (fig. 67, m).
**** Les glandes de sexes différents ne m'ont jamais paru être en même temps au maximum de développement : ou bien l'une des deux l'emportait sur l'autre, ou bien elles étaient toutes deux à demi développées, l'une entrant dans sa période d'activité, l'autre en sortant. De sorte qu'il y a vraisemblablement, dans les genres d'Anatinacea, alternance des deux sexes.
'Q. Système nerveux. — Rien de saillant n'est à noter dans la partie antérieure (centres cérébraux et pédieux), sauf l'observation du nerf otocystique, qui quitte le connectif pédieux en avant du ganglion du même nom (ses fibres viennent donc du cérébral), longent latéralement le ganglion pédieux et arrivent à l'otocyste.
* Celui-ci renferme un assez gros otoUthe (fig. 71, n) et de nombreuses petites pierres auditives ou otoconies (i). Une seule observation analogue a été faite jusqu'ici, chez Saxicava, par von Jhering (^).
** Des ganglions viscéraux (situés chez Thracia, assez en avant de l'adducteur postérieur, fig. 61, xix) sort, de chaque côté, le nerf branchial qui se dirige d'abord en avant sur une
•) Von JHERiNd. Die Gehôrwerkzeugo der Mollusken, p. 21.
assez grande longueur (flg. 65, xix à xviii), avant d'entrer dans la brancliie, ce qui tient à ce que celle-ci a son axe libre postérieurement, sur une assez grande étendue.