‹ Contribution a l'étude des lamellibranchesChapitre 4 sur 66 · I. — NUCULID · texte numérisé non relu

I. — NUCULID

1» Nucula (^). — Il n'y a presque rien à trouver, dans la

(*) L'espèce étudiée est Nucula nucleu.i, L. (= mnrfjaritncea^ Lam.); provenance : Manche et Méditerranée.

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littérature, sur l'organisation de ce genre; on ne peut guère citer que ce qui suit :

y.. Garner (^) donne une très petite figure dans laquelle l'orientation est bien indiquée, et le pied, les adducteurs et les palpes, reconnaissables.

(3. Pliilippi (^) n'indique exactement que le pied et les adducteurs ; l'orientation n'est même pas reconnue.

y. Clark, dans un livre qui n'est guère utilisé des anatomistes (^), donne une esquisse sommaire des formes extérieures de l'animal.

A part ces trois sources, il n'j^ a plus qu'un mémoire spécial sur la branchie :

(5. par Mitsukuri (^).

e. Dans le grand ouvrage de Deshayes (^) il y a, il est vrai, parmi les cinquante planches, sans texte ni explication, du second volume inachevé, deux planches (CXXVI et CXXVII) se rapportant au présent genre et presqu' exclusivement à son organisation extérieure. Mais, pour l'interprétation de ces planches, en l'absence de texte et d'explication, il faut faire une étude personnelle de Nucula, sauf pour quelques points sur lesquels Deshayes a donné des renseignements sommantes dans un livre peu connu des anatomistes (^).

En outre, pour beaucoup de points importants (systèmes nerveux et circulatoire, glandes génitales, rénales et leurs orifices, glandes hypobranchiales et pédieuse, etc.), les planches en question sont tout à fait muettes.

(') Garner. On the anatomy of the Lamellibranchiata Conchifera, Tranx. Zool. Soc. Lnmlmi, t. II, 1836, pi. XVIII, fig. i.

("-) Phiijppi. Bemerkungen' ûber einige Muschelgeschlechter deren Tliiere wenig bekannt sind, Arch.f. Natiiry., 1845, pi. VII, fig. 25.

(') Clark. A History of Ihe British teslaceous Mollusca, 1853, p. 67-70.

('') Mitsukuri. On the structure and significance of some aberrant Forms of Lamellibranchiate Gills, Quart. Joitni. Micr Sci. vol. XXI (1881), p. 595 (également dans : Stud. Biol Labor. J. Hopkim Univ.^ t. II, p. 257).

(") Deshayes. Histoire naturelle des Mollusques (Exploration de r.41gérie),

(°) Deshayes. Traité élémentaire de Conchyliologie, t. II, p. 264 et suiv. 1837.

CONTRIBUTION A l'ÉTUDE DES LAMELLIBEANCHES.

Nous étudierons donc ce genre d'une manière plus spéciale, étant donné son importance phylogénétique.

a. Manteau. — * Il est tout à fait ouvert ventralement, de l'un à l'autre muscle adducteur, ses bords n'y étant en aucun point soudés entre eux.

En outre, ces bords diifèrent de ceux de tous les pélécypodes généralement étudiés, par leur excessive simplicité. Ils ne présentent aucune duplicature intérieure (fig. 4,6, 8, 9, 10, 13), aucune sorte de tentacules, d'organes sensoriels spéciaux ni de cellules pigmentaires, sur tout leur pourtour, ce qui a déjà été indiqué, d'ailleurs, par Rawitz (^). Ils consistent simplement en un épaississement musculaire continu, assez étendu en hauteur, présentant quelques fibres circulaires et un plus grand nombre de fibres dorso-ventrales (fig. 1, xx).

** Dorsalement, le long de la ligne médiane, où les deux moitiés du manteau se joignent, il y a, depuis chaque adducteur jusqu'à l'angle saillant, une rangée de denticules qui s'engagent entre les dents de la charnière; d'autre part, vers chaque adducteur naît aussi un prolongement palléal, dirigé vers l'angle saillant et présentant pareillement des denticules qui pénètrent entre les dents de la charnière, du côté dorsal de ceUes-ci (fig. 1, vm etx): tel est l'appareil sécréteur de la charnière à dents multiples de Nucula et des Nuculidœ. Garner seul a fait allusion à ces prolongements palléaux (^).

*** Les muscles adducteurs sont, à peu de chose près, égaux en puissance. On y observe, surtout à l'antérieur, une subdivision en deux parties d'aspect différent (fig. 1, n et iv; fig. 7, I et xvn) : la partie la moins rapprochée du centre de l'animal est constituée de fibres épaisses et relativement courtes, à aspect strié ; l'autre partie est formée de fibres plus minces et fort longues, sans apparence de striation.

(') Rawitz. Der Mantelrand der Acephalen, II teil, p. 4 et 20, Jettai.iclw .-''^TÇ* \ C /^"7^\ Zeitschr. M. XXIV. /.X/^-'oF^-^ -^^

n Garnek. Loc. cit., p. 88, pi. XVIII, fig. 4, a. /^^-/(P

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**** Les glandes hypobranchiales constituent les plus importantes et plus remarquables parties glandulaires du manteau : elles sont situées de chaque côté, dans la partie postérieure (fig. 1, xi; et 4, n; 8 et 11, i), constituant là une grande masse, dorsalement à labranchie et s'étendant depuis la base de celle-ci (donc depuis le péricarde) jusqu'à l'adducteur postérieur. Chaque glande forme un organe peu résistant, à structure vaguement lamelleuse ou plissée, composé de cellules allongées qui sécrètent une abondante mucosité (fig 11, i).

Ces organes correspondent aux glandes hypobranchiales si bien développées chez Haliotis, avec la même structure; mais ici, ils présentent plus de hauteur, dans le sens dorsoventral.

[3. Pied. — * Il a une forme toute spéciale, qu'il ne partage qu'avec les autres genres de la famille Nuculidse, avec Solenomya et Pectunculus.

Ce pied constitue une sorte de cylindre musculaire puissant, très comprimé latéralement ; sur les animaux conservés, il est plus étendu d'avant en arrière (de l'adducteur antérieur jusqu'auprès du postérieur) que de haut en bas ; mais il est extensible dans ce dernier sens.

Il est terminé ventralement par une surface aplatie horizontalement et constituant un disque élargi à bord denticulé. Le nombre de denticules garnissant ce bord est en moyenne 23 ; dans l'espèce sulcata, Bronn, il serait un peu plus élevé, d'après Philippi {loc. cit.). Ces denticules constituent de petits tentacules coniques (fig. 1 et 7) extensibles, dont les plus petits sont les plus postérieurs, les plus grands se trouvant en avant du milieu du pied.

Dans la rétraction, les deux moitiés du disque peuvent se replier l'une sur l'autre (fig. 1, 6, 8, etc.) donnant ainsi l'apparence d'un faux sillon ventral, apparence qui a trompé divers auteurs. Mais dans l'extension, cette face s'étale de façon à avoir tout entière une surface plane horizontale. L'épithélium en est identique à celui des côtés du pied : il n'y a donc pas

de vrai sillon pédieux que Cattie (^) et Barrois (^) ont décrit.

Pour ce qui concerne la façon dont ce pied joue son rôle d'organe locomoteur, il est certain que Nuciila, pas plus qu'aucun autre Pélécypode, ne pourrait ramper sur une surface dure, avec la sûreté d'un Gastropode ; mais cet organe s'enfonçant quelque peu dans le sable, y étale sa face ventrale, et, par les mouvements ondulatoires de celle-ci, s'avance dans ce milieu mobile, par un mode de déplacement que l'on ne peut guère désigner que sous le nom de reptation.

** La face ventrale présente, sur sa ligne médiane, un très petit orifice qui a déjà été signalé par Th. Barrois (^) : "à l'union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs „ ; en réalité il est plus en arrière et tout près de l'extrémité postérieure (fig. 1, XXII et 12).

Ce n'est pas là un " pore aquifère „ car il conduit, comme Barrois l'a découvert, dans un petit cul-de-sac qui a échappé à Cattie (^). Sur mes spécimens, longs de 9 millim., ce cul-de-sac est long de 2, 5 millim. environ et se dirige de haut en bas et d'avant en arrière, son orifice en étant la partie la plus postérieure.

Le revêtement épithélial de ce cul-de-sac diffère un peu de celui de la face plantaire du pied, ses cellules étant plus élevées.

Vers le fond (cavité du byssus) la lumière du cul-de-sac est plus haute (fig. G, xix) qu'en arrière (canal du byssus) (fig. 8, iv). Tout au fond se trouve une saillie ou lamelle unique, médiane, des deux côtés de laquelle s'attachent les racines d'un contenu homogène, allongé et cylindroïde, qui remplit la partie proximale du cul-de-sac (fig. C, i) et n'est autre chose qu'un byssus encore peu développé, puisqu'il n'atteint pas l'ouverture du cul-de-sac.

(') Cattie. Les Lamellibranches recueillis dans les courses du « Willem Barents » p. 3S. Bijdr. tôt de Dicrk., 13 Aflev.

(*) Barrois. Les glandes du pied et les pores aquifères chez les Lamellibranches, 1883, p. 44.

(") Loc. cit., p. 44.

(*) Loc. cit., p. 33.

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Les glandes qiii sécrètent ce byssus ont échappé à Barrois : elles se trouvent sous l'épitliélium de la saillie et des deux cavités qui la limitent, et en cet endroit seulement ; elles sont peu nombreuses, ovoïdes et assez courtes (fig. C, m).

*** Les parois du pied sont rattachées à la coquille par quatre paires de faisceaux musculaires, dont trois s'insèrent en avant du crochet (angle saillant du côté dorsal) et un, en arrière de celui-ci ; ce sont, en allant de la bouche à l'anus :

1. — Le protracteur du pied, faisceau mince, peu développé, dirigé d'arrière en avant, et s'insérant vers l'adducteur antérieur et postérieurement à lui (fig. 7, xiv).

2. — Le rétracteur antérieur du pied, s'insérant aussi vers l'adducteur, mais dorsalement à lui et tout contre lui (fig. 7, xvi ; fig. 9, vii) ; ce muscle est peu développé, comparativement à ce que l'on voit chez la généralité des Lamellibranches. D est plus axial que le précédent et moins que le suivant.

3. — L'élévateur du pied, s'insérant à une certaine distance en arrière de l'adducteur antérieur (fig. 7, xv ; fig. 9, ix) ; muscle très fort, très étendu dans le sens antéro-postérieur et se dirigeant dorso-ventralement (il se présente avec les mêmes caractères dans tous les Protobranchiés).

4. — Le rétracteur postérieur du pied, s'insérant contre le muscle adducteur postérieur, en avant de lui ; ne présentant rien de particulier.

On peut représenter la puissance décroissante de ces muscles en les énumérant dans l'ordre suivant : 3, 4, 2, 1.

y. Tube digestif fit ses annexes. — La bouche s'ouvre, comme chez tous les Lamellibranches à deux muscles adducteurs, entre le pied et l'adducteur antérieur. Cette bouche est bordée par deux lèvres, antérieure et postérieure, qui se continuent sur les côtés par des palpes labiales dont la conformation est tout à fait spéciale à la famille Nuculidae.

* Ces palpes ont été souvent mal interprétées et prises pour les branchies, par suite d'orientation inexacte, comme

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nous le verrons tantôt, et elles n'ont été comprises que par Garner (^), Deshayes (^) et JVIitsukuri (^).

Comme chez tous les Lamellibranches, ces palpes constituent deux lames, de chaque côté; mais ici, ces deux lames sont réunies dorsalement, jusque vers leur extrémité postérieure.

Chaque paille de palpes s'étend, en arrière, presque jusqu'au bord postérieur du pied.

Comme chez les autres Lamellibranches, ces palpes sont striées transversalement (dorso-ventralement) sur les faces qui se regardent et lisses sur les faces opposées (palléale de la palpe externe, viscérale de l'interne) ; mais la striation se voit presqu' aussi nettement sur ces faces, par transparence : (fig. 1), c'est à cet aspect imiformément strié que les palpes ont dû d'être prises pour les branchies par Philippi {^), par Thiele (^), chez Nucula, et chez Yoldia, par Sars (^).

Le bord dorsal commun des deux palpes, par lequel elles sont fixées, est terminé postérieurement par un prolongement formant une sorte de capuchon (fig. 7, n'), et ventralement à ce capuchon, par un appendice en forme de tentacule allongé, se repliant en deux sur son axe longitudinal (fig. 4, i; 6, m; 8, m et 11, iv), la concavité étant dorsale. Cet appendice, très extensible, est, dans les individus conservés (fig. 1, xix), enroulé et à bords ondulés. Dans l'animal vivant, il peut sortir de la coquille et joue le rôle d'un organe accessoire dans l'alimentation.

Cet appendice possède un muscle rétracteur dorsal (fig. 7, xm), qui traverse la masse viscérale et va s'insérer sur le côté de la coquille.

(') Garner. On the anatomy of the Lamellibranchiate Conchifera, Trans. Zool. Soc. London, t. II, 1836, pi. XVII, fig. 4, E.

(■'') Deshayes. Traité élémentaire de Conchyliologie, t. II, p. 260.

(»j MiTSUKURi. On the Structure and Significance of some aberrant forms of Lamellibranchiate Gills, Quart. Joum. Micr. Sci., vol. XXI, 1881, p. 595.

(*) Philippi. Bemerkungen uber einige Muschelgeschter deren Thiere wenig. bekannlsind. Arch.f. Naitmj., 1845, p. 1U2.

(') Thiele. Die Mundlappen der Lamellibranchiaten, Zeitsclir. f. wiss. Zool. Bd. XLi, pi. XVII, fig. 17, k.

(") Sars. On some remarkable forms of Animal Life, I, pi. III, fig. "20, e.

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** Aussitôt après l'ouverture buccale, le tube digestif présente un élargissement transversal, légèrement dirigé en avant ; de chaque côté de celui-ci, deux bourrelets épithéliaux limitent une petite poche latérale.

Après cet élargissement (fig. A. vin), le calibre du tube digestif diminue et un œsophage assez long (fig. A, ix) va déboucher dorsalement dans l'estomac.

Celui-ci, assez volumineux (fig. A, m) et comprimé bilatéralement, s'enfonce dans le pied (fig. 13) d'arrière en avant. Tout l'épithélium stomacal est recouvert par un revêtement cuticulaire hyalin (fig. 13), protecteur, mais caduc, correspondant à la " flèche tricuspide „ décrite chez certains Lamellibranches, et constituant un appareil que j'ai retrouvé dans toute la classe.

En arrière, assez dorsalement et du côté gauche, l'estomac présente un petit cœcum court, contenant un petit stylet cristallin, continu avec le revêtement cuticulaire de l'estomac.

L'intestin naît à la partie tout antérieure de l'estomac (fig. A); il décrit d'abord une anse ventro-dorsale, à peu près dans le plan médian (fig. A, n) : ventralement (dans le pied), postérieurement (fig. 6, iv) et dorsalement (fig. 13, xvi) à l'estomac; puis il forme trois autres anses, toutes situées dans la moitié droite de la masse viscérale (fig. 13, i, n, m, v, xrv, xv), ce qui a lieu aux dépens de la glande génitale : celle-ci est infiniment moins développée de ce côté du corps que de l'autre (fig. 9, vni ; 10, vm et 13, x).

La première de ces trois anses (fig. A, x) est aussi ventrodorsale ; l'intestin fait alors une boucle transversale en avant (v), puis viemient deux anses dorso-ventrales (iv et vi), la dernière se continuant en arrière par le rectum (fig. A, xi ; fig. 13, xiv).

Ce dernier ne traverse pas le cœur, mais passe ventralement à ce viscère ; il se termine à la place habituelle, postérieurement au muscle adducteur postérieur.

**** Le " foie „ est symétrique, et ses deux lobes, très ramifiés, sont constitués d'acini très séparés (fig. 13, xn), de sorte qu'il n'oifre pas l'aspect aussi compact que dans la

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généralité des Lainellibranclies. Les lobes du foie débouchent dans la partie antérieure de l'estomac (fig. 13, xi) par un très petit nombre de conduits.

^). Système circulatoire. — N'ayant guère confiance dans les injections faites sur des animaux conservés, je ne puis parler ici que de l'organe central de la circulation, qui présente d'ailleurs des caractères assez remarquables.

* Il est situé très en arrière, non loin de l'adducteur postérieur et, par conséquent, de l'anus ;il est placé dans un péricarde assez vaste, s'étendant entre les glandes génitales et les glandes liypobranchiales : ce péricarde est caché latéralement et dorsalement par les glandes génitales qui l'entourent (fig. 7, x), de sorte que le cœur n'est pas visible du dehors, contrairement à ce qui a lieu dans presque tous les Lamellibranches.

Comme on vient de le voir, le ventricule de ce cœur n'est pas traversé par le rectum, mais bien situé dorsalement à celui-ci (fig. 6, x) (^).

** Chez les autres Lamellibranches, à l'exception de Arca, le ventricule est simple (tout au plus ai-je constaté chez Chama et Lima, un léger rétrécissement médian antéro-postérieur). Ici, il présente un caractère de duplicité bien marqué : il est formé de deux ampoules ovoïdes réunies, dorsalement au rectum, par un rétrécisemennt aplati dans le sens ventral (fig. 6, X).

C'est de la jonction de ce rétrécissement avec la moitié gauche du ventricule, que naît ventralement le tronc aortique, celui-ci se dirige en avant, mais il en sort, dès sa naissance, un tronc postérieur, moins volumineux (fig. 7, xi).

*** Les oreillettes (fig. 6, xiv), à paroi épaisse, ont la forme

(') La partie de mon travail relative aux Protobranchiés (Nuculidse, etc.) était depuis longtemps écrite lorsque parut, dans un recueil peu répandu, une note de Ménégaux sur le cœur de Nuculu (Cœur et branchies de la Nucula nticleus, Bull. Soc. PItiloin. Paris, sér. 8, t. I, p. -133). Sur les principaux points, nos résultats concordent ; pour les autres : forme du ventricule, naissance commune des aortes, etc., je maintiens absolument les termes de ma description, ayant de nouveau répété mes observations après la lecture de la note de Ménégaux.

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de cônes insérés par leur base au ventricule ; le sommet en est dirigé légèrement en avant (fig. 7, xn) et s'ouvre dans la lacune (fig. 6, vni) située à la naissance ou extrémité antérieure de l'axe branchial, lacune qui n'est que la continuation du " vaisseau „ efférent de la brancliie.

La lacune afférente est située plus en avant (fig. 6, xvi) et plus axialement que la lacune efférente susmentionnée.

£. Branchie. — Elle a déjà été étudiée par Mitsukuri, dans dans un travail cité plus haut ; mais cet auteur ne disposait que des spécimens imparfaitement conservés et sa description et ses figures sont assez schématiques. Comme cette branchie s'écarte tout à fait, par sa conformation, de la partie correspondante des autres Lamellibranches et constitue l'un des organes les plus caractéristiques de Nucula, il y a lieu de s'en occuper encore spécialement.

* De chaque côté du corps, à l'angle dorso-postérieur de la masse viscérale, naît un axe branchial qui se dirige en arrière, soutenu par un support membraneux (fig. 1, xvi) qui s'étend jusqu'au muscle adducteur postérieur, en arrière duquel la branchie se continue librement sur une petite étendue.

Les deux axes convergent l'un vers l'autre, d'avant en arrière,

** La branchie a, d'une façon générale, la forme d'une plume (fig. 5) : l'axe porte deux rangées (l'une vers le manteau, l'autre vers la masse viscérale) d'environ 65 filaments aplatis, en forme de lames, à peu près perpendiculaires à l'axe de l'animal, mais légèrement infléchis en arrière et un peu espacés.

*** Chaque filament est simplement constitué par une expansion de la lacune afférente, de sorte qu'il est formé des éléments suivants : épithélium superficiel et tissu conjonctif tapissant la cavité du filament.

1. Epithélium. — Sur le bord dorsal et sur les faces antérieures et postérieures (sauf vers le bord ventral), il est uniformément formé de cellules prismatiques assez aplaties, à noyau sphérique ou ovoïde, entre lesquelles s'observent quelques glandes unicellulaires éparses (^).

(*) « Becherzellen » de Posner. (Histiologische sludien iiber die Kiemen der

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La partie la plus spécialisée du revêtement épithélial est celle qui avoisine le bord ventral du filament ; dans cette région, on observe successivement (pareillement sur les deux faces antérieure et postérieure), du dos vers le ventre (fig. 2) :

1» Une partie où l'épitliélium s'aplatit sans changer beaucoup de caractère (vui) ;

2» Une partie où les cellules épitliéliales deviennent très élevées et sont ciliées (les cils sont longs) (ii) (cellules latérales de Rabl et Posner) ;

30 Une seconde région peu étendue où l'épitliélium est de nouveau aminci : petites cellules à petits noyaux (v) ;

40 Le bord ventral du filament comprenant ordinairement cinq cellules dans sa largeur, où l'épitliélium est de nouveau élevé et cilié (iv) ; des cinq cellules d'une rangée transversale, les deux extrêmes (antérieur et postérieure) présentent un caractère spécial parleur noyau très grand et leurs cils très longs (vn). Ces mêmes cellules, presque toujours méconnues, se retrouvent dans tous les Lamellibranches, au même endroit : le long des deux arêtes ventrales des filaments brancliiaux ; ce sont les " Eckzellen „ de Rabl, signalées par cet auteur chez les Najades (^).

Aux bords ventral et dorsal du filament, entre les cellules épitliéliales, s'observent des terminaisons nerveuses (cellules de Flemming).

Le revêtement ciliaire se manifeste donc surtout en deux endroits ditïérents de la région ventrale :

a, sur les deux faces du filament;

b, sur le bord ventral.

La première portion sert à produire une sorte d'union ciliaire entre les deux filaments voisins; la seconde, à produire un

acephalen Mollusken, Arch. J. Mikr. Anat. Bd xiv, pi. IX, fig. 2, F.) Ces cellules glandulaires se retrouvent chez tous les Lamellibranches et chez les C.aslropodes (voir fig. 104, II du présent travail) et sent très développées dans les Huîtres vertes (Lankester. On green Oysters. Quart, journ. Mer. Sci. N. S. t. xxvi, pi. VII, fig. 1 1 et a, (jL).

(*) Rabl. Bemerkungen liber den Bau der Najadenkieme. Jenaisclie Zeiisdir. Bd, XI, pi. XXI, fig. \,ez.

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courant d'eau, par suite du mouvement harmonique des cils sur les filaments consécutifs, le long- de la brancliie.

La surface branchiale étant très restreinte comparativement aux Lamellibranches habituellement étudiés, le rôle alimentaire des branchies est presque nul dans ce genre, ce qui, par balancement organique, explique le grand développement des palpes.

2. Tissu conjondif. — Il forme, sous la couche épithéliale, un revêtement excessivement mince, sauf vers le bord ventral (donc au point où la branchie est le plus exposée), où elle prend une épaisseur considérable en avant et en arrière, donc sur les deux faces du filament, constituant ainsi un appareil de soutien, depuis l'axe jusqu'à l'extrémité libre du filament.

Cet appareil de soutien est constitué par deux bâtonnets concaves intérieurement (fig. 2, vi) se rejoignant par leur bord ventral et limitant ainsi un petit canal (fig. 2, m) au côté ventral de la cavité filamentaire.

Entre les deux parois conjonctives antérieure et postérieure, s'observent par place des anastomoses (fig. 2).

**** La cavité du filament est limitée par la paroi conjonctive qui vient d'être mentionnée; il ne s'y trouve pas de trace d'endothélium. Les filaments sont d'ailleurs entièrement dépourvus de capillaires et constituent donc des cavités lacunaires.

La forme de la cavité filamentaire est très aplatie dans sa plus grande étendue (côté dorsal); elle s'élargit seulement du côté ventral (surtout vers le voisinage de l'axe) (fig. 2, ix) et entre les deux épaississements conjonctifs (fig. 2, m).

***** La circulation sanguine, dans cette branchie, se fait de la façon suivante :

Le sang veineux arrive dans la cavité filamentaire par le " vaisseau ,, dorsal ou afterent de l'axe branchial, qui naît de la lacune ventrale (fig. 6, xvi) ; le sang qui a respiré passe entre les deux épaississements ventraux (fig. 2, m) du filament et arrive au " vaisseau „ efterent ventral de l'axe branchial, qui présente aussi ventralement, un épaississement conjonctif, duquel naissent les baguettes de soutien (fig. 2, vi) des filaments. Le vaisseau eiférent aboutit antérieurement à la lacune

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efférente située latéralement (fig. 6, vni) et dans laquelle s'ouvre l'oreillette correspondante (xivj.

'C. Rein. — * Il est situé, de chaque côté, ventralement au péricarde et aux glandes hypobrancliiales, et s'étend en arrière jusqu'au muscle rétracteur postérieur du pied seulement.

L'orifice extérieur de chaque glande rénale se trouve en dehors de la commissure viscérale, un peu en avant du point où cette commissure coupe le bord antérieur du rétracteur postérieur du pied. Cet orifice est en forme de fente linéaire antéropostérieure, à lèvre externe semilunaire (fig. 7, ix).

L'orifice interne (péricardique) se trouve de chaque côté du rectum, dans la portion latéro-ventrale du péricarde et est constitué par un entonnoir cilié.

La glande génitale correspondante s'ouvre dans le rein, tout près de son orifice interne.

** Le rein est formé d'un sac très peu ramifié, sans plissement ni réticulum intérieur, à paroi formée d'une seule couche de cellules sécrétantes non ciliées (fig. 6, vi et 8, ix). Ce sac comprend essentiellement deux branches communicantes : une dorsale, ascendante, s'ouvrant vers son extrémité antérieure dans le péricarde, et une ventrale descendante, un peu externe, et qui s'ouvre au dehors par son extrémité (fig. 8, vi), dans un plan postérieur à celui de l'orifice réno-[)éricardique.

La branche descendante, ou terminale, est entièrement glandulaire comme l'autre, et ne présente de cils que vers son orifice extérieur.

Les deux reins (droit et gauche) ne communiquent point entre eux.

Ti. Organes génitaux. — * Les sexes sont séparés et reconnaissables extérieurement quand la coquille est enlevée, à l'aspect des glandes génitales.

Celles-ci forment les parties dorsales et latérales de la masse viscérale, cachant tout à fait le foie ; elles sont moins développées au côté droit, où se trouvent les circonvolutions intestinales.

** Chaque glande mâle ou femelle est divisée en lobes (fig. 1, ex) accolés et très ramifiés dans les mâles, où ces

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organes sont d'un blanc éclatant, tandis que les ovaires sont d'une couleur plus sombre, gris jaunâtre. La formation des spermatozoïdes et des œufs (ùg. 10, viii) est conforme à ce qu'on connaît chez tous les autres Lamellibranclies.

*** Les glandes génitales ne s'ouvrent ^ms au dehors : leurs produits sont expulsés par l'intermédiaire des reins.

Dans chaque rein, s'ouvre la glande génitale correspondante ; le conduit qui mène de cette dernière au rein, part du lobe postérieur le plus ventral de l'ovaire ou du testicule, s'enfonce en arrière et dorsalement (flg. 6, vn) pour arriver dans la branche antéro-postérieure du rein, près de l'oiifice rénal interne.

0. Système nerveux. — Dans ses dispositions générales, il est conforme à ce qu'on observe chez les autres Lamellibranches ; mais il présente un certain nombre de particularités spéciales (dont une fort importante), qui le distinguent tout à fait.

Dorsalement à la bouche, sur l'adducteur antérieur, se trouve la paire de ganglions cérébraux; dans le pied, la paire pédieuse, et sur la partie postérieure du pied, Uen en avant de l'adducteur postérieur, la troisième paire, ou viscérale.

* Les ganglions cérébraux (fig. 3, ii) sont ovoïdes et presque accolés; il en sort seulement des nerfs pour le muscle adducteur et pour les palpes, ainsi que le connectif cérébro>pédieux.

** Aussitôt en arrière de chaque ganglion cérébral, est un second ganglion allongé (fig. 3, iv) duquel naissent :

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