Lamellibranches les moins spécialisés. — * En
exposant le développement pliylogénétique de la branchie, 2e partie, IV, 6, p. 246, j'ai fait voir que l'état le plus primitif de cet organe se trouve dans les Nuculidse et les Soleno-
myidse.
D'autre part, divers auteurs récents ont considéré comme les formes les plus anciennes du groupe soit Avicula (}), soit Meleagrina et Arca (^).
Or, si l'on fait même abstraction du fait que Avicula et Meleagrina ont déjà perdu leui- adducteur antérieur (ce qui n'est pas un signe de grande ancienneté), on devra reconnaître que ces trois formes ont déjà des branchies plus spécialisées que les Nuculidse et les Solenomyidae. Et ce n'est pas seulement par la conformation de leur appareil respiratoire, mais par l'existence de tous les caractères communs suivants, qui manquent aux autres LameUibranches (y compris Avicula, Meleagrina
(») E. Peruier. Les explorations sous-marines, Paris, 188G. (■^) TuiELE. Ueber Sinnesorgane der Seilenlinie und .das ISei-vensyslem von Mollusken, Zeilachr. f. wUs. Zool. Bd. XLIX, p. 39!2.
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et Arca) que ces deux familles se montrent indiscutablement les plus archaïques de toutes :
1" Glandes hypobrancliiales situées dorsalement, entre le manteau et les branchies (fig. 11 et 16).
2o Pied à disque ventral " reptateur „ (n'existant ailleurs que chez Pedunculus) (fig. 1 et 14).
3» Branchies très postérieures, à filaments libres, aplatis, sans feuillets réfléchis, analogues à la brancliie bipectinée des Amphineures, Céphalopodes, Rhipidoglosses et Eutli;yTieures (fig. 1, 5, 14, etc.).
4» Cœur postérieur, à oreillettes en contact avec les branchies seulement par l'extrémité antérieure de celle-ci et non par toute la longueur de l'axe (fig. 6, 19, 22, 25, 26).
5" Absence d'aorte postérieure (fig. 7, 15).
6" Eeins glandulaires dans toute leur étendue, sans cloisonnement intérieur ni communication entre eux (fig. 6, 8, i, 19, 25, 27).
7» Glandes génitales «'ouvrant à l'extrémité péricardique des reins (fig. 6, i, 25 et fig. p. 257).
8» Ganglion pleural encore distinct du cérébral, et connectif pleuro-pédieux naissant par une origine distincte de celle du connectif cérébro-pédieux (fig. 3, 9, 10, 20, 29).
9" Ganglions viscéraux peu développés, plus petits que les cérébraux (fig. 3, 15).
Ces caractères communs montrent en même temps les relations mutuelles des Nuculidae et Solenomyidae qu'il faut réunir dans un même groupe, contrairement aux idées reçues jusqu'ici sur cette dernière famille, qu'on a placée dans les Solenidse, près des Lucinidse, dans les Anatinacea, etc.
** Si, d'autre part, on compare entre elles les deux familles Nuculidae et Solenomyidae, on constatera que :
fo Chez Nucula, le manteau est tout à fait ouvert veutralement, entre les deux adducteurs, et que les bords en sont tout à fait simples, sans denticules.
2" Chez les Nuculidae {Leda, Yoldia, etc.), on voit encore
les rétracteurs du pied (columellaires), former une série presque continue (sans spécialisation), entre les deux adducteurs.
3" Dans les Nuculidae, le tube digestif présente une cavité pharyngienne où débouchent deux poches glandulaires.
i" Chez Nucula, le cœur est dorsal au rectum.
5" Dans Nucula, le ganglion pleural montre le maximum de séparation d'avec le cérébral, en ce sens que les connectifs cérébro- et pleuro-pédieux sont encore séparés sur une partie de leur étendue.
6° Chez les Nuculidae, les otocystes s'ouvrent librement au dehors.
On peut conclure de là que les Solenomyidse sont moins piimitifs que les Nuculidse, et que les Lamellibranches actuels les plus archaïques sont représentés par cette dernière famille et spécialement par Nucula.