OBSERVATION XXIX
par le docteur Valentini
Lésion de la queue de cheval par chute d’un échafaudage
Malade, 32 ans. Au début, paralysie complète des jambes, abolition de la sensibilité jusqu'au genou. Rétention d'urine, constipation. Etat trois mois après : Examen de la colonne vertébrale ne donne aucun renseignement. L'abduction de la cuisse n'est possible que si la jambe est portée en rotation au dehors ; la rotation de la jambe en dehors et en dedans est à peu près supprimée. Le grand fessier du côté gauche ne se contracte pas. Intégrité des extenseurs et des adducteurs de la cuisse. La flexion des jambes sur les cuisses est moins forte ; mouvements des pieds presque nuls. Pieds bots équins en pronation légère et relèvement du bord externe. Forte contracture du triceps sural des péroniers, des extenseurs communs des orteils et du gros orteil des deux côtés, Paralysie des muscles tibiaux antérieurs. Tous les muscles paralysés ont subi une grande atrophie.
Marche pénible, semblable à celle d'un malade atteint d’atrophie musculaire progressive ; les genoux frottent l'un contre l’autre ; le malade steppe et a la pointe des pieds tombante. Debout, les jambes sont placées en rotation externe.
Il y a de la réaction de dégénérescence dans les muscles tibial antérieur, long extenseur du gros orteil et des muscles de la plante du pied. Diminution de la sensibilité au-dessous des genoux. Quelques troubles de la sensation au chaud et au froid.
Dans ce cas, pour expliquer les troubles de sensibilité circulaires au-dessous du genou, Valentini suppose que les filets cutanés fournis ordinairement par le nerf saphène (branche du nerf crural), proviennent, par suite d’anomalie, du sciatique
poplité externe.
OBsERVATION XXX 1889-1890. Briddon, in Herter. Notes on a case of injury of the cauda equina and conus medullaris. New-York medical J. 1891, t. 11, p. 197, rapportée par le D' Chipault (1).
Homme, 30 ans. Flexion par un poids considérable. Saillie excessive dorso-lombaire. Paraplégie motrice, plus marquée à gauche, avec incontinence d'urine et des fèces. Le dix-huitième jour, eschare sacrée, anesthésie et paralysie rectale ; anesthésie uréthrale. A droite, les fléchisseurs et extenseurs du genou sont très affaiblis, surtout les fléchisseurs; les fléchisseurs et extenseurs des orteils et du cou-de-pied sont complètement paralysés. À gauche, tous les muscles au-dessous du genou sont paralysés. Perte complète de la contractilité faradique audessous du genou, des deux côtés et diminution de la contractilité galvaniqne.
Anesthésie au niveau des pieds, à la région fessière, au périnée et aux organes génitaux. À la fin du deuxième mois, le gros orteil gauche pouvait se fléchir, les sensibilités étaient très améliorées au niveau des pieds et la sensibilité tactile seule au niveau de la région fessière. Légère sensibilité rectale. Vessie stationnaire avec un peu de cystite. À quatre mois et demi, la paralysie était restée presque complète dans les péroniers et tibial antérieurs. Les muscles antérieurs de la cuisse sont faibles. Tous les muscles des jambes, surtout à gauche, présentent la réaction de dégénérescence.
Six mois après, ablation des premier, deuxième et troisième arcs lombaires. Ouverture de la dure-mère. On ne trouve rien d’anormal.
Mort en 48 heures avec de l'élévation de température,
Le cône médullaire'est écrasé, et à ce niveau, ainsi qu'audessous de lui, les nerfs contenus dans une gangue cicatricielle. Les fibres des nerfs les plus centraux sont presque toutes dégénérées, celles des périphériques en bien moins grand nombre, surtout à gauche.
(1) Etudes de chirurgie médullaire, 1894.
OgservariIoN XXXI
1891-1892. — Urban Ueber operative Eingriffe bei compression der Rückenmarks durch Verschiebung der Wirbelkôrpen. Verhandlungen der deutschen gesellschaît für chirurgie. 21° Congrès, 1892, p. 214, Obs. p. 214215 (1)
Homme 28 ans. Chute du haut d'un mur. Fracture de Dupuytren. Gibbosité au niveau de la douzième dorsale. Paraplégie motrice complète, Anesthésie complète sur les pieds, partielle aux jambes et aux cuisses. Paralysie vésico-rectale. Plus tard, surviennent cystite et ulcérations de décubitus. Le septième mois, la paralysie vésico-rectale persiste; le membre inférieur droit est eomplètement paralysé, ainsi que le psoas iliaque. À gauche, l’abduction et l’adduction de la cuisse, ainsi que la rotation, sont possibles; de même l'extension du pied. Sa flexion est faible. Réflexe patellaire exagéré; pas de trépidation épileptoïde; réflexe plantaire manque à droite, à gauche suflisant; réflexe crémastérien absent des deux côtés. Sensibilité détruite à droite jusqu'au mont de Vénus; à gauche, sur le pied.
Après six mois et demi, résection temporaire des 12° arcs dorsal et 1°r, 2€, 3e, 4° lombaires. Dure-mère adhérente aux arcs. Ouverture de la dure-mère : la partie droite de la queue de cheval présente des traces de tissu cicatriciel; le corps de la 1 lombaire est manifestement refoulé en arrière et le canal rétréci.
Au bout de trois mois et demi, premières tentatives de marche; au cinquième mois, du côté gauche, tous les muscles ont recouvré leur force, et la sensibilité est normale; à droite, les péroniers sont encore paralysés. Évacuation volontaire de la vessie.
Niveau et lésions constatées : fracture de la rre lombaire avec écrasement de la queue de cheval.
(1) Observation rapportée par le D' Chipault. Etude de chirurgie médullaire LÀ
OBsERvATION XXXII (résumée)
par le docteur Koslow, rapportée par Bechterew. Medizinskaye Obossene, 1890, N° 4.
Un paysan tombe sur la glace et se contusionne les fesses si fortement qu'il ne peut se relever. Rétention de l'urine et des matières fécales pendant quelque temps, suivie de leur incontinence. Abolition des fonctions génitales. A l'endroit de la contusion, formation d’un abcès qui laisse échapper plusieurs séquestres. Une année après l'accident, le malade est dans le même état; les réflexes sont conservés. Anesthésie des organes génitaux, de l’urèthre, des bourses, du périnée, des fesses, de la face postérieure des cuisses; les testicules étaient douloureux à la pression; le sphincter anal ne se contractait même pas par l’action d’un courant faradique. [ncontinence de l'urine et des matières fécales. Éjaculations : le sperme s’écoulait lentement, goutte à goutte.
OBsErvaTION XXXIIL (résumée)
Par le docteur Eulenbourg (1)
Luxation et fracture de la première vertèbre lombaire. Compression de la moelle. Mort par cystite et pyélo-néphrite
Homme, 34 ans, après une chute de 20 pieds de haut, est atteint de paralysie des extrémités inférieures avec incontinence d'urine et des matières, atrophie musculaire des membres inférieurs et eschare au sacrum. Anesthésie de la vessie qui est distendue. Pas de troubles de sensibilité appréciables aux extrémités inférieures. La station debout et la marche sont impossibles. Les muscles les moins paralysés sont les extenseurs et les adducteurs de la cuisse, le couturier. Les muscles innervés par le nerf péronier sont plus atteints que ceux innervés par le tibial. Malgré une légère amélioration des symptômes, la mort survint par cystite.
(1) Arch. für Klinische chir., 1866, p. 507.
Autopsie. — On trouva une luxation et une fracture de la première vertèbre lombaire comprimant la partie inférieure de la moelle et les nerfs de la queue de cheval,
OBsERvATION XXXIV (résumée)
Par le docteur Schultze (1)
Compression complète du renflement inférieur lombaire et des fibres du sciatique
Malade présente pendant 7 ans une paralysie sensitive et motrice de la région du sciatique, tandis que le crural était intact des deux côtés. Il s'agissait d'une fracture avec luxation de la première lombaire comprimant la partie inférieure du renflement lombaire et les racines sciatiques de la queue de cheval.
Au-dessus de l'endroit de la lésion, existait une dégénération des cordons postérieurs qui laissait intacte une petite zone en forme de cône, située à la partie postérieure du sillon médian postérieur et une région en demi-lune tout contre les cornes postérieures. Sur les coupes supérieures, la dégénération se restreint de plus en plus au cordon de Goll, en conservant la forme d'un cône à pointe dirigée -en avant, qui s’écarte, de plus en plus, de la commissure postérieure.
OBsERVATION XXXV
par le Docteur Oppenheim (2)
Affection traumatique du cône terminal et des nerfs de la queue de cheval.
Auguste U..., 24 ans, tombé le 19 août 1887, d'un deuxième étage, sur les reins. Impossibilité de remuer les jambes.
Rétention immédiate d'urine à laquelle fait suite l'incontinence d'urine avec perte de sensation à son passage et incontinence
(4) Arch. für Psych. und Nervenkrank. Bd. 14, 1883, p 351. (2) Archiv für Psychiatrie und Nervenkrank., 1888, p. 298.
des matières fécales. Depuis l'accident, absence d'érection et de pertes séminales.
À l'examen, on trouve une gibbosité dans la région des re et » vertèbres lombaires avec sensibilité des apophyses épineuses à la percussion. Pas de troubles musculaires dans les membres inférieurs, sauf un affaiblissement des muscles du mollet. Réflexe rotulien exagéré, réflexe du tendon d’Achille aboli. Paralysie complète de la vessie et du rectum. Anesthésie de l'anus, des fesses, du scrotum, du périnée, du pénis et d’une légère portion de la région interne de la cuisse. L'anesthésie fessière s'étend en dehors jusqu’au milieu d’une ligne allant de lischion au grand trochanter. ;
Le malade peut marcher et courir.
Mort le 8 décembre 1887, par suite d'infection vésicale.
Autopsie. — Fracture guérie de la re vertèbre lombaire avec compression de la partie terminale de la moelle. Le premier corps vertébral lombaire est aplati en forme de coin qui avance par sa base dans le canal rachidien.
Examen microscopique de la moelle. — Dans le renflement lombaire, la lésion est limitée aux cordons de Goll. Au niveau du cône terminal, les cordons postérieurs ont complètement disparu, tandis que les parties antérieure et latérale de la moelle ‘sont relativement respectées.
Plus haut, dans la moelle, on ne trouve que la dégénération ascendante des cordons de Goll.
Les racines de la queue de cheval, surtout les postérieures, sont dégénérées, formant un cordon fibreux avec les enveloppes de la moelle. Cette dégénération se restreint aux racines qui sortent de la région lésée dans la moelle.
OBsERvVATION XXXVI (résumée) par le docteur Gerster (1) Compression de la queue de cheval
M. F..., 28 ans, journalier, tombe, le 9 mai 1887, d'une hauteur de dix mètres, sur le sacrum. Perte de connaissance, puis
(1) maug. dissert, Erlangen, 1890.
parésie partielle. Douleurs dans le sacrum et la région vésicale. - Constipation; rétention d'urine avec obligation de cathétériser le malade pendant six semaines. Plus tard, émission volontaire de l’urine à n'importe quel moment, sans qu'il éprouve jamais, cependant, la sensation de plénitude dans la vessie. Il est obligé de vider sa vessie toutes les demi-heures; sinon, elle se vide par elle-même, ce qui lui arrive, du reste, aussi quand il tousse, quand il marche longtemps, et en général, après urt effort quelconque. Souvent défécations involontaires; mais le plus souvent constipation. Il ne sent pas le passige des matières. Les fonctions génitales sont complètement abolies. Pas d'érections ni de pollutions.
Le malade a des crises de caractère hystérique.
Paralysie complète des deux membres inférieurs pendant huit semaines, suivie d'amélioration pour le membre droit. Petit à petit, la motilité est revenue, aidée par les exercices que faisait le malade, de sorte qu'à présent, il peut marcher pendant plusieurs heures, à l’aide de deux béquilles.
La colonne vertébrale présente, entre le sacrum et les vertèbres lombaires, une lordose légère, tandis que le sacrum et les vertèbres lombaires, de la première jusqu’à la troisième inclusivement, font une saillie cyphotique très prononcée. Dans cet enfoncement, à son bord inférieur et à deux centimètres au-dessus du sacrum, dans le voisinage de la cinquième vertèbre lombaire, se trouve un point limité, très douloureux à la pression. Nulle part, ailleurs, la colonne vertébrale n’est douloureuse,
Les deux jambes, dans le décubitus dorsal, peuvent être relevées; mais si le malade est couché sur le ventre, les jambes ne peuvent être relevées mème faiblement et toute la région des fléchisseurs de la face postérieure des cuisses est atrophiée, tandis que les extenseurs de la jambe sont très bien développés.
Les deux muscles fessiers sont complètement atrophiés. Quand il est assis, le malade n’est pas capable de se relever. Les extenseurs des cuisses, hypertrophiés, présentent des vibrations fibrillaires constantes, sans que le malade s’en rende compte. L’abduction et l’adduction des cuisses est possible. Les adducteurs
sont légèrement atrophiés. Tous les muscles des jambes sont paralysés, de sorte que le malade ne peut exécuter aucun mouvement des pieds. La flexion du genou et de la cuisse est possible, la flexion et l'extension du cou-de-pied et des doigt sont abolies. Les orteils sont contracturés en flexion. La station debout est possible si le malade est maintenu ou s'il peut s'appuyer. La marche est également possible avec l'aide des béquilles, elle présente toutes les particularités caractéristiques de la paralysie du nerf péronier.
Anesthésie complète des sphères d'innervation des nerfs ; cutané postérieur, communiquant péronier, péroniers rameaux superficiels, communiquant tibiaux, cutanés, plantaire propre.
Analgésie (sens de contact normal, sensibilité à la température disparue) dans la sphère d'innervation du nerf cutané postérieur médian.
Le sens du contact est complètement aboli dans la moitié inférieure des muscles fessiers, c’est-à-dire dans la sphère du nerf cutané sacré, autour de l'anus, du périnée, du scrotum, et une très-petite partie de la face interne des cuisses. La muqueuse uréthrale est insensible. Le toucher sur le pénis est ressenti, comme une espèce de fourmillement. Abolition du sens de contact à la face postérieure des cuisses.
Les réflexes patellaire et du tendon d'Achille sont abolis ; il en est de même du réflexe plantaire.
Le crémastérien est conservé.
OgBservaArIoN XXX VII
par le docteur Valentini
Traumatisme de la colonne vertébrale. Suite de chute. Lèsion dé la queue de cheval.
K. W. tombe, en août 1890, sur les pieds, d'une hauteur de 5 à 6 mètres. Paralysie immédiate des jambes. Perte de sensibilité, localisée au côté postérieur du membre inférieur. Anesthésie du pénis ; érection conservée ; rétention d'urine et des matières pendant les trois premiers jours. Quelques semaines
plus tard, le malade vidait sa vessie en la pressant avec son doigt introduit dans le rectum. Les troubles moteurs s’amendent ainsi que les troubles de sensibilité, sauf pour le pied gauche, Fonctions génitales : le coït était possible, mais le malade ne s'apercevait pas de l'éjaculation, bien qu'il ait conservé la sensation voluptueuse.
Examen médical. — Le malade se sert de béquilles pour marcher ; les pointes des pieds frottent le sol; les muscles de la jambe et du pied sont paralysés ; les extenseurs et adducteurs de la cuisse sont intacts ; les fléchisseurs de la cuisse se contractent faiblement ; les muscles fessiers sont paralysés.
Il y a de la réaction de dégénérescence pour les muscles des jambes et des pieds, et les muscles fessiers. Nulle part, il n'y a d'anesthésie complète.
Hypoesthésie des fesses, du périnée, du scrotum, du pénis et de la partie postérieure des cuisses ; les testicules sont sensibles à la pression.
Hypoesthésie de la face postérieure de la jambe et à la plante des pieds, plus marquée à gauche qu'à droite.
La vessie se vide mal; il y a de la faiblesse du sphincter anal,
La douzième vertèbre dorsale est proéminente et douloureuse à la pression ; même douleur au niveau des trois premières vertèbres lombaires.
Valentini suppose que la lésion se trouve, dans ce cas, au niveau de la deuxième vertèbre lombaire qui est douloureuse à la percussion. Il est à noter que les deuxième et troisième nerfs lombaires qui forment les nerfs crural et obturateur ne se trouvent pas intéressés.
OBsERVATION XXX VIII
4891. — Mac Burny, in Starr. Local anesthesia as a guide in the diagnosis of lesions ofthe lower spinal cord. American Journal of medical Sciences, 1892, t. II, p. 26. Case 12, Injury, paraplegia, limited anesthesia, trepanation ; improvement (1).
Homme. Paraplégie sensitivo-motrice complète ; paralysie vésico-rectale., Le 5M8 mois, tous les muscles des membres infé-
(1) Observation rapportée par M. le docteur Chipault. Etude de chirurgie médullaire, 1894. ;
rieurs présentaient la réaction de dégénérescence ; zone des anesthésies diminuée ; saillie à droite et en arrière de la deuxième apophyse lombaire.
Après 5 mois, ablation des arcs, 1er, 2€ et 3e lombaires. Ouverture de la dure-mère.
Les fonctions vésico-rectales revinrent vers le 3° mois, mais six mois après l'opération, il n'y avait encore aucune amélioration sensitivo-motrice.
Compression de la queue de cheval par Le corps déplacé de la
deuxième lombaire.
OBsERvATION XXXIX (résumée).
par le docteur Thorburn (1).
Luxation en avant de la deuxième vertèbre lombaire. Compression de la queue de cheval.
R. M. C., âgé de 15 ans, mineur. A la suite d’un accident dans une mine, il eut une paraplégie avec rétention d'urine, cystite et constipation, il n’y eut jamais d’incontinence, mais la miction était très-lente.
A l’examen, on trouvait la 3° apophyse épineuse lombaire proéminente. Les mouvements le mieux exécutés sont l’adduction de la cuisse, l’extension et la flexion de la jambe ; les autres muscles du membre inférieur, ainsi que les fessiers, sont paralysés et ne se contractent pas par les courants électriques. Abolition des réflexes du genou. Les réflexes plantaires, crémastériens et fessiers sont très marqués. Hypoesthésie dans les regions suivantes : partie supérieure de la région fessière, partie postérieure des cuisses et des jambes, et plante des pieds. Hypoesthésie de l’urèthre et du rectum. Sensation de froid aux pieds.
Opération : Luxation ou déplacement de la deuxième vertèbre lombaire. Ablation de cet arc vertébral. Amélioration ; mais les muscles des pieds, les fléchisseurs et les extenseurs des orteils restent paralysés. Il y avait aussi de la contracture dans les muscles postérieurs de la cuisse, amenant une légère flexion des genoux.
(1) Brain 1888, et Contribution to the Surgery of the Spinal cord,
Le malade pouvait marther à l’aide d’un bâton et travailler 18 mois après l'opération.
OBSERVATION XL (résumée)
par le Dr Newton, rapportée par M. Chipault (1)
Cas de fracture et de dislocation de la seconde vertèbre lombaire avec opération, et un rapport d'examen microscopique de la section de la colonne vertébrale (2).
IL... 24 ans. — Tamponnement par un train. Pas de pertc de connaissance. Le lendemain, on constate que la vessie est pleine d'urine; paraplégie sensitivo-motrice complète, l’anesthésie remontant en avant jusqu'au ligament de Poupart, en arrière, jusqu'à l'extrémité supérieure de la fesse. Absence complète des réflexes superficiels et profonds au-dessous du niveau du traumatisme. Le cathéter n’est pas senti, et cependant le patient se sent soulagé lorsque la vessie est vidée; peau un peu chaude; pas de trépidation épileptoïde, pas de priapisme, pas de trace extérieure de traumatisme. Le matin du troisième jour, on constate une légère saillie à la partie supérieure de la région lombaire. Incontinence des matières.
A partir de ce moment, quelques taches ecchymotiques sur les pieds et les cous-de-pieds.
Opération quinze jours après; on trouve une luxation de la deuxième vertèbre lombaire.
Le malade meurt presque subitement le cinquième jour.
Pas de pus. Le disque intervertébral, situé entre les première et deuxième vertèbres lombaires, est rompu transversalement. Le corps de la deuxième est brisé, le trait de fracture commençant près de sa partie moyenne et se dirigeant de là en bas et en avant et atteignant son angle antéro-inférieur. Les nerfs de la queue de cheval étaient englobés dans une masse volumineuse de tissu conjonctif cicatriciel.
(1) Chirurgie opératoire du système nerveux, 1895. (2) American journal of Medical Sciences, 1894, t. I, p. 423.
Dufour, — 10
OBservATION XLI par M. Desruelles (Bulletin de la Société anatomique 1852, p. 12.
Fracture de la colonne vertébrale produite par une arme à feu siégeant à la partie gauche de la région lombaire au niveau de la 3° vertèbre. La balle a pénétré dans le canal rachidien la dure-mère est intacte bien que son contenu ait été changé en une pulpe puriforme.
Le malade a vécu un mois, et a présenté comme principaux symptômes une perte absolue des mouvements à droite et en . partie à gauche. Paralysie des sphincters. Anesthésie des membres inférieurs ; eschares au sacrum.
M. Broca. — Je noterai que l’irrégularité des lésions du mouvement et de la sensibilité appartient aux lésions des cordons de la queue de cheval. On conçoit très bien que les uns puissent être atteints et les autres épargnés.
OBsERvVATION XLII (résumée) par le docteur Thorburn (1)
A la suite d’une fracture des 9° et 3° vertèbres lombaires, paralysie complète des membres inférieurs, sans troubles de sensibilité ni vésicaux, ni rectaux. Pas d'amélioration pendant deux mois.
Opération : Ablation de l'arc postérieur des 3° et 4° vertèbres lombaires. Quatre jours après l'opération, légers mouvements dans les pieds ; le 6° jour dans le genou. Deux mois après l’opération, le malade rentre chez lui sans pouvoir se tenir debout.
Quelques mois plus tard il aurait pu marcher ?
OBsERvATION XLIIL (résumée)
par le docteur S. Lioubovitch (2).
Lésion du cône médullaire et de la queue de cheval
M. B., 27 ans, commissionnaire, entre à l'hôpital pour des douleurs lombaires et de la rétention d'urine. 3 mois 1/2 avant
(1) British med. Journal, 23 juin 1894. p. 1348. (2) Vratcheb, Zapieski (Mémoires médicaux), mes 9 et 10, p. 481, 1894.
son entrée à l'hôpital, le malade a fait une chute sur les fesses d'une hauteur de deux étages; immédiatement après, difficulté dans la marche, rétention d'urine, et, pendant les trois premières semaines, constipation suivie d'incontinence. La rétention d'urine continuant, le malade se sert du cathéter deux fois par jour.
Douleurs dans la région lombaire, et à la palpation, douleurs plus accentuées au niveau des deuxième et troisième vertèbres. Ces dernières font une saillie appréciable en arrière, la colonne vertébrale, mobile dans les parties cervicale et dorsale, l'est beaucoup moins dans la partie lombaire.
Rétention complète de l'urine; pendant le cathétérisme, le malade ne sent pas le contact de la sonde, incontinence des matières ; la défécation dure plusieurs heures sans que le malade s’aperçoive de la sortie des matières; de même, l’introduction du doigt dans l’anus n'amène aucune contraction du sphincter. Anesthésie profonde et générale (de toutes les manifestations de la sensibilité) de la partie inférieure des fesses, dans le voisinage de la région anale, du périnée, des bourses et du pénis; en bas, l’anesthésie s'étend sur toute la face postérieure des deux cuisses et se termine à deux doigts au-dessus du creux poplité. Les limites de la sphère anesthésiée ne sont pas nettement indiquées; on constate un passage insensible de la zone anesthésiée à la sensibilité normale. Pas de trace d'anesthésie à la face antérieure des cuisses, aux jambes et aux pieds.
Quoique légèrement affaiblie, la force musculaire du membre gauche permet au malade de marcher très librement, mais il se courbe un peu par suite des douleurs lombaires.
Les réflexes rotuliens sont conservés; ceux du pied diminués ; le crémastérien et les réflexes abdominaux sont normaux.
Le malade quitte l'hôpital ne ressentant plus les douleurs lombaires. Restitution intégrale des fonctions vésicales et rectales.
Aucune modification pour l’anesthésie,
OBsERvVATION XLIV (résumée)
par le D" J. Lioubovitch (1)
Lésion de la queue de cheval à la suite d’une chute sur les fesses. Guérison.
A. G.., maçon, 95 ans, entre à l'hôpital en 1890 pour des douleurs lombaires venues à la suite d'une chute faite huit heures auparavant sur les fesses. Rétention d'urine depuis l'accident.
État présent. — La partie inférieure de la colonne vertébrale est presque complètement immobile; ses courbures sont normales et sans saillies. Au repos, très fortes douleurs lombaires; mais à la palpation, la colonne vertébrale est peu sensible. Rétention d'urine; constipation.
Pas d’anesthésie des muqueuses anale et uréthrale.
Anesthésie des fesses dans la région péri-anale, du périnée, des bourses et de la face postéro-interne des cuisses. Les mouvements complexes des membres inférieurs sont difliciles à exécuter; les contractions des muscles dorsaux inférieurs sont très douloureuses: ces deux causes obligent le malade à recourir à toutes sortes d'artifices pour faire certains mouvements. Ainsi, par exemple, pour se relever quand il est couché, le malade se laisse tomber sur le plancher, se met d’abord sur un genou, puis sur l’autre et se relève lentement, en s'appuyant des deux mains, sur les hanches, dont l’extension est incomplète. La station debout et la marche sont difliciles.
Les réflexes rotuliens sont conservés, ceux du pied abolis.
Le troisième jour après son entrée, le malade commence déjà à marcher. *
Le septième jour, la vessie et le rectum fonctionnent normalement; disparition des douleurs de la région lombaire et sacrée.
Un mois après son entrée à l'hôpital, le malade s’en va complètement guéri.
(1) Vratcheb. Zapieski (Mémoires médicaux), no4 9 et 10, 1894.
OBsERvATION XLV
1891. Moulin. Fracture, dislocation of the second lumbar vertebra. Laminectomy” recovery, Lancet, 1892, t. I, p. 359 (1).
Homme 38 ans. Chute de 24 pieds en flexion ; paraplégie d'abord complète, puis au bout de quelques heures, la jambe droite redevient en partie mobile. Anesthésie seulement légère à droite. Rétention d'urine pendant deux jours. Entré à l’hôpital le septième jour : Luxation en avant de la deuxième lombaire sur la troisième, avec rotation à droite ; flexion possible de la cuisse droite en traînant le pied sur le lit. Pas de troubles de la sensibilité à droite ni à gauche au-dessous du genou, miction lente, constipation. Au bout de trois semaines le pied droit pouvait être soulevé du lit et le gastrocnémien avait recouvré quelque mobilité. A gauche, la cuisse pouvait être fléchie, en trainant le pied. Il ne restait plus d’anesthésie qu'à la face interne de la jambe gauche et au pied gauche. Tous les muscles réagissaient à l'excitation galvanique, et tous à la faradique, sauf le tibial antérieur. À partir de ce moment l’état du malade resta stationnaire.
Neuf semaines après traumatisme, opération.
Ablation des deuxième et troisième lombaires et de l’apophyse articulaire inférieure droite de la deuxième lombaire, ce qui dégage largement le canal.
Le surlendemain, légère mobilité des extenseurs des orteils à droite et des deux péroniers des deux côtés, puis ce fut le tour du gastrocnémien gauche et enfin tous les muscles reprirent leur activité, sauf le tibial antérieur et les extenseurs des orteils à gauche ; huit mois après l'opération le malade pouvait marcher avec une canne et les orteils gauches semblaient en voie d'amélioration.
Niveau et lésions constatées : Fracture des deuxième et
troisième lombaires.
(1) Observation rapportée par le D' Chipault. Etude de chirurgie médullaire, 1894.
OBsERvVATION XLVI (résumée).
Par le docteur Thorburn (1)
Jeune garçon, à la suite d’un traumatisme de la région lombaire, ayant amené une saillie de la troisième vertèbre lombaire, présentait, 4 mois après, une paralysie complète des muscles moteurs du cou-de-pied et du pied et une faiblesse des muscles des membres inférieurs, avec atrophie marquée surtout au fessier et à la jambe. La sensibilité était obtuse aux organes génitaux, aux fesses, à la face postérieure des cuisses et des jambes et à un moindre degré, à la face antérieure des jambes. Les pieds étaient complètement anesthésiés.
Une opération permit de faire cesser une compression siégeant au niveau de la deuxième vertèbre lombaire et d'amener la guérison. Le seul trouble persistant fut une contracture des gastrocnémiens et une paralysie des muscles des orteils.
OBsERVATION XLVII (résumée).
Par le docteur Schultze (2)
Contusion de la queue de cheval
En octobre 1852, le malade, à la suite d’une fracture lombaire, ne pouvait ni se tenir debout ni marcher, mais seulement faire quelques mouvements des jambes dans le lit. Les troubles de sensibilité n’ont pas été suflisamment notés.
Mort par cystite.
À l’autopsie, on trouvait une fracture et une luxation du corps de la troisième vertèbre lombaire. Le canal médullaire, au niveau de la troisième vertèbre lombaire, était très rétréci en avant et à droite, et la queue de cheval était fortement comprimée. Au microscope, on constatait, dans une grande partie des filets nerveux, la disparition de la myéline, et des cylindres d’axe.
(1) British Med. Journal, 23 juin 1894, p. 1348. (2) Arch. für Psych. und Nervenk. B. 14, 1883, p. 329.
Une coupe, à la région lombaire inférieure, montzait une décoloration de tout le cordon postérieur, à l'exception d'une mince bande située contre le sillon postérieur allast de la périphérie de la moelle jusqu'à la moitié du septum postérieur et à l'exception de la partie la plus antérieure des cordons postérieurs.
A mesure qu'on monte, la dégénération se limite à la partie postérieure du cordon de Goll.
OgservATION XLVIIT (résumée)
par le Docteur Erichsen, rapportées par Thorburn (1)
Traumatisme du rachis
Homme 14 ans. Paralysie des membres inférieurs surtout pour les extenseurs et les péroniers du pied gauche. Anesthésie partielle au-dessus du genou gauche. Incontinence passagère des urines et des matières. Refroidissement du pied gauche. Lésion probable de la queue de cheval au niveau de la troisième vertèbre lombaire.
OBservATION XLIX (résumée)
par le Docteur Lidell. Ashurt’s System of Surgery. Vol. VI, p. 789.
Homme 19 ans. Coup de fusil dans la région lombaire. Paralysie au-dessous de la lésion. Diminution de la sensibilité audessous de la lésion. Hypéresthésie de la partie antérieure et interne de la cuisse. Anesthésie de l’urèthre antérieur à la portion prostatique.
OBsERVATION L (résumée)
par le Docteur Hutchinson. London Hosp. rep. Vol. 3, p. 343.
Homme 42 ans, Dislocation de la deuxième vert>bre lombaire. Paralysie des membres inférieurs, à l'exception des muscles antérieurs de la cuisse, Anesthésie complète du membre inférieur,
(1) Brain, 1888.
ie
sauf la partie antérieure des cuisses. Rétention d'urine suivie d'incontinence. Eschare. Mort en 5 semaines.
OBsERvVATION LI (résumée)
par le Docteur Hutchinson. London Hosp. rep. Vol. 3, p. 326.
Homme. Lésion probable de la quatrième et cinquième vertèbres lombaires. Paralysie des jambes, plus marquée à droite. Anesthésie des organes génitaux. Rétention d'urine ; défécation involontaire. Guéri en 4 mois.
OBsERVATION LIL (résumée)
par le Docteur Hutchinson. London Hosp. rep. Vol. 3, p. 332.
Homme 33 ans. Dislocatiou de la deuxième vertèbre lombaire. Paralysie des membres inférieurs, suivie d’une atrophie marquée des fessiers. Anesthésie du scrotum, du pénis, de l’urèthre, complète des jambes et des pieds, et du périnée. Rétention d'urine et des matières.
OBsEervATioN LIIT (résumée)
Par le docteur M’Donnell. Dublin, Quart. journ. Med. Sci., 1866, vol. XLII.
Homme, 31 ans. Fracture dans la région lombaire supérieure. Tout d’abord, paralysie des membres inférieurs ; à la fin du deuxième mois, paralysie complète au-dessous des genoux et très peu marquée dans les muscles de la cuisse, excepté dans le couturier, Pas de réflexes au-dessous des genoux : exagérés dans les cuisses. Anesthésie des pieds, de la cheville et du genou, surtout marquée du côté gauche. Hypéresthésie de la cuisse, surtout à droite. Rétention d'urine suivie de l’incontinence. Atrophie des membres inférieurs. Hypéridrose des pieds. (Edème du pénis et du scrotum. Eschare dorsale. Cystite. Trépanation suivie d'une légère amélioration.
OBsERvATION LIV (résumée)
Par le docteur Hamilton. Dublin Quart. jour. Med. Sci , vol, VI, 1848.
Homme, 25 ans. Fracture du corps et des lames de la deuxième vertèbre lombaire, avec compression de la moelle, juste au-dessus de la queue de cheval. Paralysie des membres inférieurs. Anesthésie des membres inférieurs, sauf sur la partie antérieure des cuisses. Rétention d'urine. Cystite. Mort au bout de deux mois par érysipèle.
OBsERVATION LV (résumée)
Par le docteur Hutton. Dublin, Jour. Med, Sei., vel. XXI, 1842.
Homme. Fracture oblique de la première vertèbre lombaire avec compression de la moelle et de la queue de cheval, qui baignait dans le pus. Perte des forces des extrémités inférieures. Les parties externes des membres inférieurs sont tout à fait insensibles. Rétention d'urine et des matières. Cystite. Eschare sur la fesse gauche. Décès en six semaines.
OgsEervATION LVI (résumée) par le docteur Leser, rapportée par Kahler (1) Garçon, 15 ans, écrasé par une voiture lourdement chargée: fracture de la colonne lombaire entre la cinquième vertèbre
lombaire et le sacrum. Examiné trois mois après, on constatait chez le malade une jiuxation en avant des vertèbres lombaires,
L'observation, très incomplète, ne fait allusion qu'aux troubles de la marche qui était vacillante, exécutée avec des béquilles, et semblable à celle de la luxation congénitale double de la hanche.
Il y avait eu un écrasement des racines nerveuses antérieures et postérieures, du plexus sacré dans la queue de cheval.
(1) Deutsche Zeitschrift für Chirurgie, XVI, Let II.
OBservATION LVII (résumée)
par le Docteur Schaw et Bush f{1).
Lésion de la queue de cheval. Opération.
Homme, 30 ans, fait remonter le début de sa maladie à une époque antérieure de onze années, où il eut un traumatisme de la région des reins. A l'examen du docteur Schaw, il présentait une saillie douloureuse au niveau de la cinquième apophyse lombaire, une paralysie des membres inférieurs (gastrocnémiens, muscles de la jambe et du pied). Mal perforant au niveau du gros orteil. Anesthésie du coccyx et de l'anus, les faces postérieure et interne des cuisses, les creux poplités, la partie inférieure de la face antérieure des jambes, les pieds, moins leur bord interne. Le pénis et le scrotum sont seulement analgésiques. L'urèthre est anesthésié.
Rétention d’urine et des fèces. Contractions fibrillaires et réaction de dégénérescence des muscles des membres inférieurs, sauf pour le quadriceps et le couturier. De plus, douleurs très vives à la face postérieure des cuisses et des jambes.
Opéré par le docteur Bush.
Il a trouvé une cavité tapissée d’une mince coque osseuse.
La cinquième apophyse épineuse et les lames vertébrales avaient disparu, et la cavité, qu'on reconnut être le canal rachidien dilaté, était occupée par une masse de consistance solide que l’on enleva. La queue de cheval, refoulée en avant, ne fut pas vue nettement.
L'examen microscopique montra qu'il s'agissait d’un hématome organisé fibreux.
Thorburn, qui relate ce cas, pense qu'il y a eu un spina bifida occulta ou spina bifida vrai ayant subi un traumatisme et ayant donné lieu à une hémorrhagie secondaire au moment de l'accident.
Il faut noter que dans cette observation l’excitabilité
(1) Bristol Chirurg. and. med. journal, septembre 1893.
faradique des muscles soléaires, péronier et tibial, est très diminuée surtout à gauche ; celle des fessiers légèrement.
OBsERVATION LVIIT (résumée)
par le docteur Thorburn (1)
Fracture de la cinquième vertébre lombaire. Compression, par un cal, de la queue de cheval.
D. E., mineur, 49 ans, blessé par une poutre dans la région du dos. Paraplégie immédiate, Sept semaines après l'accident, atrophie très marquée des muscles des membres inférieurs, sauf à la région fessière. Douleur sur le trajet du sciatique, exagérée par la pression, à la vessie et à l'extrémité du pénis. Vessie distendue, incontinence d'urine, constipation, incontinence des matières. Marche presque impossible. Pas de troubles de la sensibilité.
Réflexes du genou légèrement exagérés. Tendance à l’eschare sacrée. Mort en janvier 1886, avec des symptômes infectieux.
Autopsie. — De la face postérieure du corps de la dernière vertèbre lombaire ou première vertèbre sacrée, émergeait un cal osseux de la grosseur d’une bille. Ce cal comprimait toute la queue de cheval. Les nerfs étaient réunis par un tissu conjonctif vasculaire de nouvelle formation. Au-dessus et au-dessous, les nerfs de la queue de cheval étaient sains.
Nombreux abcès dans les reins.
Il faut noter dans cette observation que jamais la paralysie n'a été complète.
OBsERVATION LIX
par Kahler (Casuistiche Beiträge, p. 343) (2).
Ul..., Karl, 21 ans, tombe, sur les fesses, de huit mètres de hauteur. Perte de connaissance de peu de durée. Tout de suite après (octobre 1878), paralysie complète des membres inférieurs.
(1) Injury of the lombo sacral region. Contribution to the Surgery of the Spinal cord. 1889, p. 113.
(2) Prager medicinische Wochenschrift, 1882,
Anesthésie remontant en avant jusqu'au pli inguinal; en arrière, au-dessus de la partie supérieure des fesses. Incontinence de l’urine et des matières fécales. Le lendemain, douleurs dans la région sacrée et raideur de la partie inférieure de la colonne vertébrale, dans la station debout. Au bout de quinze jours, les mouvements volontaires réapparaissent dans l'articulation de la hanche. Au bout de sept mois, le malade peut marcher avec des béquilles. L'anesthésie des membres inférieurs cède la place en certains endroits à de l'hypéresthésie, surtout à la partie antérieure de la cuisse. La sensibilité devient normale dans certaines régions des jambes seulement.
Cystite qui, plus tard, s’amende.
Incontinence d'urine et des matières. Eschare fessière.
Examen le 19 juin 1880. Luxation en dedans des troisième, quatrième et cinquième vertèbres lombaires. Lordose presque rectangulaire de la colonne vertébrale. L'excavation au-dessus du sacrum est si grande qu'on peut y mettre la moitié du poing. Le tronc est fléchi en avant; la marche ne s'effectue qu'avec des béquilles. La pointe des pieds est tombante et traine sur le sol à chaque pas. La vessie est distendue par l'urine ; il existe de l’incontinence.
Atrophie considérable des muscles de la face postérieure des cuisses et des fessiers. Le quadriceps crural et les adducteurs sont bien conservés. Atrophie musculaire presque complète des faces externes des jambes. Les muscles du mollet sont relativement volumineux, plus à droite qu'à gauche. La flexion de la jambe droite est incomplète; à gauche, presque impossible. Les mouvements des orteils et du pied ne peuvent être effectués. Les réflexes tendineux du genou existent des deux côtés. Absence de réaction faradique et diminution de réaction galvanique dans les muscles paralysés.
Anesthésie des fesses, du périnée, des organes génitaux, du milieu de la face postérieure des cuisses, anesthésie de la face externe et postéro-externe des jambes et des deux pieds.
Kahler a diagnostiqué une section ou compression des racines de la queue de cheval à la hauteur du bord supérieur du sacrum.
OBsERvATION LX.
par les docteurs Tuflier et Hallion (1)
Fracture de sacrum remontant à cinq ans. Paralysie, crampes, douleurs, atrophie musculaire; troubles trophiques cutanés, engelures ; ces phénomènes sont bilatéraux. Accouchement.
Femme, 34 ans. En 1883, chute, d'un quatrième étage, dans une cour. Pas de perte de connaissance. Aussitôt après, incapacité de mouvoir les jambes. Au niveau de l'extrémité inférieure du sacrum, plaie qui laissa échapper des esquilles osseuses. Troubles respiratoires, cardiaques et laryngés. Paralysie complète et anesthésie des membres inférieurs. Brülures aux pieds non senties. Pendant ün an et demi, rétention d'urine. Le passage de la sonde dans l’urèthre n'était point perçu. La défécation ne s’accompagnait d'aucune sensalion. Au bout d'un certain temps que la malade ne peut préciser, atrophie musculaire des deux membres inférieurs. Pas de troubles trophiques cutanés. Huit mois après l'accident primitif, douleurs et spasmes prédominant dans le membre inférieur droit. Au bout de seize mois, la malade quitte l'hôpital dans le même état.
Deux années après l'accident, la malade commençait à pouvoir marcher. Elle devint enceinte l’année dernière. Accouchement au forceps, à la Pitié.
Examen de la malade le 14 mars.
Au niveau de l'extrémité inférieure du sacrum, cicatrice de deux centimètres de longueur, le sacrum fait dans la partie inférieure une saillie plus faible à gauche qu'à droite de la ligne médiane.
Par le toucher vaginal, on sent une tumeur osseuse faisant saillie sur la face antérieure du sacrum.
La malade marche difficilement et les mouvements des membres inférieurs manquent de force. Mouvements involontaires des orteils qui coïneideraient avec les phénomènes douloureux et dont elle ne précise pas nettement le mode.
Crampes fréquentes. Ces douleurs sont de courte durée; elles
(1) Des suites éloignées des traumatismes de la moelle, Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière, 1889.
seraient influencées par les variations atmosphériques : froïd, humidité. Elles sont plus intenses la nuit que dans le jour. Douleurs légères à la pression surtout dans la région sacrée,
Exploration de la sensibilité. Le sol n’est pas senti pendant la marche. Au lit, la situation des jambes est nettement perçue. IL existe de l'anesthésie à la piqûre dans les points suivants : face postérieure des cuisses; moitié inférieure- des faces externe et antéro-externe des jambes; face dorsale du pied jusqu’au voisinage de son bord interne; bord externe du pied et moitié externe de sa face plantaire. Ces troubles sont symétriques et existent pour toutes les sensibilités.
Troubles trophiques : atrophie sensiblement symétrique des deux membres inférieurs. Les jambes sont plus atrophiées que les cuisses; le triceps fémoral est bien conservé; la première phalange du gros orteil est redressée à angle presque droit avec le premier métacarpien et forme avec la deuxième phalange un angle égal ouvert en bas.
La partie inférieure des deux jambes et la face dorsale des pieds sont tachetées de petites macules rouges. En divers points, on trouve des lésions résultant d’engelures que la malade n’eût jamais antérieurement à son accident. Elles sont situées surtout sur la face supérieure du gros orteil du pied droit et la face antéro-externe de la jambe droite.
En arrière du talon, du même côté, phlyctène ; ulcération en voie de guérison sur la plante du pied gauche.
La malade dit que ses pieds enflent pour peu qu'elle marche.
OBsERvATION LXI
1890-1891. — À Church and D. W. Eisendrath. — A contribution to the spinal cord Surgery. American journal of medical sciences, 1892, t. 1, p. 395 (1).
Homme 19 ans, En juillet 1888, à la suite d'une chute sur les pieds, paraplégie complète et anesthésie partielle jusqu'aux aines. Pendant plusieurs semaines, douleurs lancinantes dans
(1) Observation rapportée par le D' Chipault. Etude de chirurgie médullaire, 1894.
les jambes. Rétention puis incontinence d'urine, Insensibilité rectale. En mars 1890 la paralysie est très améliorée ; le blessé peut se tenir debout, les jambes écartées et marcher un peu. Anesthésie complète pour tous les modes de sensibilité, dans la zone des quatre dernières paires sacrées, La réaction électrique est légèrement affaiblie pour les museles des pieds. Réflexes des membres inférieurs abolis, crémastérien normal, Pas d'érection ni d'éjaculation depuis l'accident.
Intervalle entre le traumatisme et l'opération : 2 ans et 3 mois.
Incision sur la ligne médiane dans toute la hauteur du sacrum. Le canal rachidien était oblitéré jusqu'au bord inférieur de la première vertèbre sacrée. Les racines, au-dessous de ce niveau, étaient introuvables. Hémorrhagie abondante ; extirpation d’un fragment mobile du sacrum, formé probablement par ses deux derniers segments. Curage de la fistule fessière.
Moins d'un mois après, l’anesthésie s'était limitée aux pieds, à la région fessière, au périnée, au scrotum et à la face postérieure du pénis. Le méat et l’urèthre antérieure étaient relativement sensibles ; légère sensibilité et réaction anales, mouvements satisfaisants du membre inférieur droit; mais à gauche, au-dessous du genou, paralysie complète, due sans doute au traumatisme médullaire opératoire. Guérison complète de la plaie sacrée et presque complète de l'ischiatique.
Le troisième mois légère motilité latérale du pied gauche. Quelques érections. Plaie ischiatique stationnaire.
Départ de l'hôpital le quatrième mois.
Ecrasement de la queue de cheval au niveau de la première vertèbre sacrée.
OBsERVATION LXIL (résumée)
par le Dr Huber.
Sur un cas remarquable de paralysie de la vessie et du rectum avec anesthèsie non décrite (1).
Lésion traumatique de la partie inférieure de la région lombaire, après une chute de 5 à 6 mètres de haut. Paraplégie qui
(1) Schmidt’s Jahrbucher, 1888,
disparut bientôt après. Émission involontaire de l'urine et des matières fécales. Anesthésie du pénis, des bourses, du périnée, de la partie inférieure des fesses, de l'anus et de la face postérieure des cuisses. Érections incomplètes avec éjaculations, mais le sperme s'écoule lentement.
Huber a diagnostiqué une hémorrhagie intra-méningée audessous du renflement lombaire, ayant comprimé légèrement la partie inférieure de la moelle, et les racines des nerfs honteux et coccygiens, ainsi que les branches d’origine du nerf petit sciatique.