‹ Contribution a l'étude des Lésions des Nerfs de la Queue de Cheval et du Cone TerminalChapitre 58 sur 60 · C..., Joséphine, 33 ans, hôpital Lariboisière · texte numérisé non relu

C..., Joséphine, 33 ans, hôpital Lariboisière

Début de la maladie en 1863. Douleurs lombaires s’irradiant vers la cuisse et le genou gauche. Difliculté pour uriner. En novembre 1863, rétention absolue d'urine, passagère. En mars 1864, paralysie et anesthésie des membres inférieurs. Cette anesthésie est plus marquée à gauche qu'à droite. Les réflexes ont disparu.

Mort le 8 avril 1864.

Autopsie. — Immédiatement au-dessous de l'extrémité inférieure de la moelle, les nerfs de la queue de cheval sont comprimés par une tumeur vasculaire et riche en suc laiteux, de la grosseur d'une noïx, qui soulève la dure-mère et qui est attenante, d’une part, à la face externe de la dure-mère,

(1) Du cancer et de ses caractères anatomiques, 1865.

et, d'autre part, au périoste du corps des vertèbres. Le nerf sciatique du côté gauche, enlevé, est visiblement plus petit et plus mou qu'un nerf sciatique normal (à rapprocher de ce fait que les troubles moteurs étaient plus accentués dans la jambe gauche que dans la jambe droite).

Examiné au microscope, ce nerf présente des tubes larges tout à fait normaux et des tubes minces en grand nombre. Ceux-ci sont parfois renflés de distance en distance. Quelques granulations graisseuses se rencontrent çà et là; mais elles sont fort rares. Altérations granulo-graisseuses des muscles de la jambe gauche. Eschare au sacrum. Le rein gauche est atteint de dégénérescence carcinomateuse télangiectasique. Il est vraisemblable que la tumeur du canal sacré est de même nature que celle du rein. |

OBsERvATION XCIII (résumée)

par M. le professeur Charcot (OEuvres complètes, tome 3. p. 141.

Sciatique double chez une cancéreuse.

- D., âgée de 6r ans, présente 15 mois aprés l'ablation d’un épithélioma du sein, des douleurs lombo-sacrées apparaissant surtout dans la station verticale, pendant la marche, par les mouvements dans le lit, et calmée par le repos.

Extension des douleurs sur le trajet du sciatique gauche, puis le sciatique droit, double névralgie crurale; rien du côté des réflexes, des sphincters. Percussion douloureuse du sacrum et des vertèbres lombaires.

Les nerfs, dit l’auteur, sont comprimés dans les trous de conjugaisons.

OBsERvATION XCIV

par le professeur Bechterew (1)

Lésion des racines de la queue de cheval produite par une tumeur maligne qui s’est developpée sur la partie inférieure de la colonne vertébrale

A.M. D. Après l'ablation d’une tumeur maligne du testicule gauche, sont apparues des douleurs dans les reins et dans les jambes, avec hypéresthésie douloureuse des membres iuférieurs. Atrophie musculaire dés deux euisses et des deux jambes. (Œdème des pieds. Abolition de la sensibilité aux deux pieds, partie inférieure des jambes, partie postérieure des cuisses, périné, scrotum, anus, urèthre et rectum, Anesthésie de la région fessière. Abolition des réflexes rotuliens. Rétention de l'urine et des matières. Mort par cachexie.

A l’autopsie, on trouve une tumeur située au devant de la colonne vertébrale qui a passé dans la cavité rachidienne, a comprimé les nerfs de la queue de cheval immédiatement au-

dessus de la 2e vertèbre lombaire.

OBsERVATION XCV (résumée)

par le docteur Sottas (2).

Compression des racines sacrées de la queue de cheval et des plexus sacrés par une tumeur cancéreuse

Auguste S..., 42 ans, entré le 12 décembre 1891, à Cochin, service du docteur Dujardin-Beaumetz. Au mois d'août 1897, douleurs très vives dans la jambe droite et au niveau de la fesse. Exacerbations paroxystiques. Cette douleur entravait la marche et l’empêchait de dormir. On le traita pour une sciatique. A l'examen du malade, en février 1892, on note l’attitude hanchée particulière aux gens atteints d’une névralgie

(1) Neurologie Vestnik-Kazan, 1893, p. 50. (2) Revue de médecine, 1893, p. 293.

sciatique intense. Les muscles de la fesse, de la cuisse et de la jambe droite sont flasques et atrophiés. Le moindre mouvement provoque des douleurs très violentes. La surface cutanée était le siège d’une très vive hypéresthésie.

Comme troubles trophiques et vaso-moteurs, on notait une croissance exagérée de poils, une atrophie musculaire accentuée, un léger œdème péri-malléolaire et une teinte cyanique des téguments. Vers la fin du mois de juin 1899, les mêmes symptômes se déclarèrent dans la jamb® gauche avec de la rétenton d'urine, de la constipation et des eschares au niveau des trochanters.

Mort le 30 septembre 1892 avec des symptômes de cystite et d'infection urineuse.

Autopsie. — Il existait un cancer de la capsule surrénale droite (épithélioma alvéolaire, à cellules cylindroïdes) et une tumeur de même nature développée au devant du sacrum, pénétrant par les trous sacrés antérieurs et comprimant les racines du plexus sacré surtout à droite, le plexus sacré tout entier à droite et en partie à gauche.

L'examen histologique a montré une altération très nette des deux nerfs scialiques, des cinq racines sacrées postérieures du côté droit (c'est à peine s’il reste quelques blocs de myéline), et des troisième et quatrième racines du côté gauche. Les racines antérieures sont saines.

Il existait, de plus, une dégénération ascendante du cordon de Goll.

KYSTES HYDATIQUES

OBsERVATION XCVI par M. Reydellet (1)

Douleur lombaire précédée pendant plusieurs mois d’un sentiment de froid le long du rachis; insensibilité des membres abdominaux; conservation du mouvement ; ouverture chirurgicale d'une tumeur hydatique située au bas de la région lombaire ; communication de la cavité de ce kyste avec celle des méninges rachidiennes. Paraplégie. Mort au bout d’un an.

Catherine Ch., 25 ans; douleurs très vives le long de la colonne vertébrale qui se portent tout-à-coup à la région lombaire. Insensibilité des membres inférieurs.

Les envies d'aller à la selle et d’uriner ne se font plus sentir.

La douleur très violente irradie à la cuisse droite et à la jambe gauche. Paraplégie.

Il se forme à la région lombaire une tumeur fluctuante. On incise cette tumeur qui communiquait avec le canal rachidien. Ecoulement d’hydatides. La malade fut soulagée mais resta paraplégique et mourut un an après.

OBsEervATION XCVII (résumée) (Morgagni de Sedibus et Causis Morborum. Vol. V, p. 168)

Kyste hydatique comprimant la partie inférieure de la moelle et les nerfs de la queue de cheval.

Femme, 26 ans. Douleurs lancinantes dans la région lombaire. Fourmillements, crampes, engourdissement des extrémités inférieures. Troubles de la sensibilité et de la motilité; puis, paraplégie complète. Incontinence de l'urine et des matières. Mort neuf mois après le début de la maladie.

(1) Dictionnaire des Sciences médicales. Tome 33, p. 564.

Autopsie. — Kyste hydatique de la grosseur du poing, ayant corrodé les corps de la première et de la deuxième vertèbres lombaires, et ayant envoyé des prolongements dans le canal spinal. La dure-mère ainsi que les nerfs de la queue de cheval étaient comprimés.

O8sEervaTION XCVIII

par le docteur Ollivier, d'Angers Maladies de la moelle épinière. Tome 4, page 551

Symptômes d'affection du cœur avec hystéralgie, gastro-entérite, faiblesse des membres inférieurs; engourdissement dans le membre abdominal droit; douleur sacro-iliaque fixe et continue. Pleuro-pneumonie. Mort. Kystes interrompant la continuité de plusieurs nerfs sacrés.

Madame B..., en 1831, à la suite d'une gastro-entérite, faiblesse dans les membres inférieures qui gêne là marche. En 1835, douleurs presque habituelles dans le bas de la région lombaire avec fourmillement et engourdissement du membre inférieur droit. Ces symptômes disparaissent complètement par moments. Une pression exercée sur le sacrum près de la symphyse sacro-iliaque droite causait une douleur assez vive et des fourmillements dans la cuisse droite.

Membres inférieurs faibles; mort, en février 1837, d’une pleuro-pneumonie.

Autopsie. — Dans la partie de la région sacrée et à droite, existaient trois tumeurs hydatiques, transparentes, ayant le volume d’une fève environ, situées dans l'épaisseur même de la pulpe nerveuse et ayant par conséquent leurs parois formées par le névrilème de plusieurs des nerfs sacrés postérieurs du côté droit seulement.

L'un de ces kystes était situé à un demi-pouce et les deux autres à un pouce et demi du trou sacré, par lequel sortaient les nerfs, ainsi interrompus dans leur continuité.

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