‹ Contribution à l'étude des leucémies à monocytesChapitre 27 sur 60 · ETUDE MACROSCOPIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE MACROSCOPIQUE

a) Etat général du corps. — Le corps est toujours d’une teinte cireuse très marquée sur laquelle tranchent les taches livides ou franchement rouges des éruptions purpuriques. Son état de conservation est facteur de la rapidité de l’évolution de la maladie et dans certaines formes rapides il ne paraît pas considérablement amaigri, à l’ouverture on peut trouver même un panicule adipeux conservé. Parfois les téguments sont couverts d'éléments papuleux, blanchâtres à la coupe.

Sur les séreuses on trouve de nombreuses petites suffusions sanguines, surtout sur les plèvres et le péricarde, qui peuvent même contenir un liquide hémorragique, à la surface du péritoine et aussi sur l’enveloppe des divers viscères: rate, foie, rein, intestin,

poumons, cerveau.

b) La rate est constamment hypertrophiée d'une facon modérée, dépassant rarement 400 à 500 gr. mais atteignant dans certaines formes chroniques un volume considérable. Sa forme générale est conservée, sa surface est lisse, recouverte parfois de quelques fausses membranes, sa consistance plutôt molle dans les processus rapides, devient plus dure, scléreuse, dans les cas d'évolution lente. A la coupe sa teinte est rose

DA 24e SPP grisâtre, son architecture est houleversée et on ne

reconnaît plus les corpuscules de Malpighi de la pulpe rouge ; le tout peut prendre un aspect uniforme.

c) Le foie est aussi augmenté de volume parfois même proportionnellement plus que la rate. Sa forme, sa surface, sa consistance sont peu modifiées, sa coloration est plus pâle que de coutume. À la coupe, sa teinte est blanc grisâtre, d'autant plus nette que l’anémie est plus marquée; son architecture bien qu’encore conservée montre une lobulation moins nette et il existe des taches blanchâtres au niveau des espaces portes. À

Cet organe présente un des exemples les plus frappants de reviviscence embryonnaire,d’un tissu depuis longtemps différencié.

d) Les ganglions. — Adénopathies diffuses, modérées et assez souvent à côté de celles superficielles notées à l'examen clinique, on trouve des adénopathies profondes : augmentation des ganglions intertrachéobronchiques et mésentériques.

Les masses ganglionnaires sont libres, indépendantes les unes des autres, il n’y a pas de péri-adénite. Leur surface est lisse,leur consistance élastique. A la coupe, ils ont une teinte chair de poisson et une architecture détruite et remplacée par un aspect souvent uniforme,

Parfois on y trouve, aussi bien que dans la rate et le foie, des dépôts de pigment ferreux.

e) La moelle osseuse est hyperplasiée et d’aspect variable ; jaunâtre, opaque et graisseuse dans beaucoup de cas, ou framboisée et brillante par reviviscence dans d’autres, elle est le plus souvent terne et laisse transparaître sous un verni gélatineux et translucide

une teinte rose sale, très analogue à celle de la rate ou légèrement plus brune.

f) Beaucoup moins importantes apparaissent les modifications des autres organes ; notons cependant l’hypertrophie des amygdales et de l'appareil lymphoïde de l'intestin, l'apparition de lymphomes dans les divers viscères : reins, capsules surrénales, myocarde, poumons, cerveau, etc..., lésions d’intiltrations cellulaires dues à l'apport par le sang de nombreux leucocytes qu’il contient, ou par apparition in situ de foyers de reviviscence ayant comme point de départ

le tissu conjonctif.

L'étude microscopique est capitale, car c’est elle qui révèle les lésions spécifiques, caractéristiques de la leucémie à monocytes ; l’infiltration des organes par des éléments monocytoïdes d’origine réticulo-endothéliale.

Ces éléments dont nous avons donné la description détaillée au chapitre consacré à l'étude hématologique ont comme particularité leur siège au voisinage des vaisseaux et cela surtout dans les viscères où la trame réticulée est bien nette. Ce sont de grandes cellules mononucléaires, 12 à 20 y, à noyau volumineux, peu

coloré, dépourvu de nucléoles, composé d’un réseau

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chromatinien très fin à forme arrondie, ovalaire, mais tendant à la lobulation, en même temps que la chromatine se condense. Leur protoplasma est peu basophile, prenant une teinte particulière gris cendrée et contenant des granulations à affinité azurophile, mais qui peuvent être rares ou même manquer dans les formes très jeunes, formes dans lesquelles le protoplasma peu évolué, semi-liquide, revêt une grande variabilité de formes et envoie des prolongements pseudopodiques se rapprochant ainsi beaucoup de l'aspect des cellules endothéliales. La réaction des oxydases est le plus souvent négative.

Dans les cas favorables (d’après certains auteurs) on assiste à toutes les formes de transition entre la cellule de la trame et l'élément mobile du sang circulant. Les cellules réticulées se gonflent et prennent un aspect cylindrique ou cubique. Le noyau composé d’un réseau chromatinien dense et diffus s’éclaircit, la chromatine se ramasse en un réseau fin dont les mailles relient des particules plus importantes. Le protoplasme peut s’assombrir et pousser des prolongements pseudopodiques. Il arrive que l’on saisit in situ la libération cellulaire des éléments qui s’'échappent vers les tissus avoisinants ou se desquament pour tomber dans la circulation. Parfois la prolifération conjointe de plusieurs cellules amène la formation d’un petit bourgeon épithélial qui s’avance comme un véritable bourgeon néoplasique, soit la production de grosses cellules géantes, multinucléées, probablement par fusion protoplasmatique secondaire.

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