‹ Contribution à l'étude des leucémies à monocytesChapitre 30 sur 60 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Chemin faisant nous avons vu combien peuvent être variables et peu caractéristiques les signes cliniques des leucémies à monocytes et combien plus précis sont les stigmates hématologiques de la maladie. Nous avons enfin rappelé l'existence de cas où les examens du sang eux-mêmes peuvent présenter des difficultés d'interprétation et où seulement l'étude microscopique des pièces anatomiques peut révéler la véritable nature de l'affection. C'est dire que le problème du diagnostic est loin d’être facile et que pour le résoudre on doit parcourir 5 étapes :

a) l'étape clinique dans laquelle par discernement des signes et de leur association on peut être conduit vers l'hypothèse d'état leucémique ;

b) l'étape hématologique d'importance capitale car elle affirme la leucémie et indique sa nature ;

c) l'étape analomo-pathologique complémentaire (biopsie ganglionnaire, ponction de la moelle des os, du foie) qui sert à la confirmation du diagnostic dans les cas difficiles et parfois

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donne la solution du problème que les étapes précédentes se sont montrées insuffisantes à trouver.

Nous étudierons d'abord les affections générales avec hémorragies multiples, ensuite les affections générales avec une seule hémorragie et celles qui ne s’accompagnent d'aucune hémorragie ; nous passerons ensuite en revue les affections bucco-pharyngées et nous terminerons par les affections qui s’accompagnent de splénomégalie et d’hypertrophie ganglion-

naire.

A. — Affections fébriles avec hémorragies multiples.

a) Le purpura infectieux hémorragique est de beaucoup l'affection qui ressemble le plus cliniquement à la leucémie à monocytes dans la forme rapide de ces dernières surtout quand la rate et les ganglions n’ont

pas encore eu le temps d'acquérir un certain volume.

Les phénomènes hémorragiques en effet : purpura, gingivorragie, épistaxis, parfois hémorragie gastrique, rénale, etc... sont communs aux 2 affections; la fièvre, l'atteinte rapide de l'état général sont à peu près les mêmes dans les 2 cas. Les seuls signes qui peuvent cliniquement les différencier sont — en faveur de la leucémie — la pâleur et l’anémie plus marquées, l’angine plus fréquente, les hémorragies des muqueuses surtout gingivales plus importantes

que celles cutanées.

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C’est pourquoi dans tout syndrome infectieux pur-

purique avec hémorragies multiples dont on ignore

la cause il faut tout d’abord faire un examen de sang à un triple point de vue:

1° au point de vue de la coagulation : recherche du temps de coagulation in vitro, de la. rétraction du caillot, du temps de saignement et des plaquettes ; modifications identiques dans les 2 affections ;

20 du point de vue cytologique, dans le purpura infectieux la diminution du nombre des globules rouges qui sont autour de 3.000.000 par mmc. ne devient importante que si les hémorragies sont profuses et très abondantes. Parfois il s’associe une leucocytose modérée 20.000 globules blancs par mmc., mais toujours à type de polynucléose avec ou sans adjonction de quelques myélocytes et hématies nucléées. Ce sont là des caractères bien différents, comme nous le voyons, de ceux des leucémies à monocytes ;

30 au point de vue bactériologique, l’hémoculture est toujours négative dans les leucémies à monocytes alors qu'elle est parfois positive dans les purpuras septicémiques.

Cette entité morbide n’est d’ailleurs qu’un syndrome

que l'avenir permettra de dissocier étiologiquement.

b) Les autres variétés de purpura prêtent moins à confusion, toutefois nous avons relevé dans quelques

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