‹ Contribution à l'étude des leucémies à monocytesChapitre 58 sur 60 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Sous le nom de leucémie à monocytes il faut entendre avec Schilling, Merklen et Wolf un syndrome morbide caractérisé :

A) Cliniquement :

1° Par des manifestations témoignant de l'atteinte des organes hématopoiétiques : augmentation du volume de la rate, du foie, des ganglions ; et douleurs osseuses dues à l’hyperplasie de la moelle ;

20 Par la fréquence, constance et gravité des hémorragies cutanées et muqueuses ;

3° Par des lésions bucco-pharyngées : stomatites ou angines à tendance nécrotique ;

49 Par l’évolution fébrile et l'atteinte profonde de l’état général.

B) Hématologiquement :

1° Par une augmentation moyenne du nombre des globules blancs du sang ; les taux oscillant entre 30.000 et 60.000 par mme., le chiffre de 100.000 étant rarement dépassé ; V. Mendelsohn 9

2 Par la formule hémoleucocytaire qui est caractéristique. Il s’agit d’une monocytose (30 à 90 %) due à la présence, en quantité anormale, dans le sang d’un leucocyte « le monocyte ou grand mononucléaire », cellule de taille exceptionnelle, 15 à 25 y, à noyau volumineux, rond ou ovalaire peu coloré et dépourvu de nucléoles; à protoplasme abondant, d’une teinte très particulière gris cendré (Giemsa) contenant des granulations azurophiles et souvent des inclusions phagocytées. À côté du monocyte et même sans lui, on peut trouver la forme jeune du grand mononucléaire « le monoblaste », cellule volumineuse mais fragile, à noyau plus foncé, homogène contenant 1 à 2 nucléoles ; à protoplasme moins grisaille, semi fluide, lui permettant une variabilité infinie de formes et l'émission de prolongements pseudopodiques.

C) Anatomo-pathologiquement : par l'hyperplasie du tissu réticulo-endothélial, et la riche infiltration monocytaire de la plupart des organes hématopoiétiques. Les organes les plus atteints sont ceux où l’abondance en tissu réticulé est le plus marquée : les ganglions, la moelle des os, et surtout la rate.

Mais de plus, on voit que des viscères qui ont perdu leur fonctions hématopoiétiques, comme le foie et exceptionnellement les reins, les poumons... sont susceptibles de la récupérer, et que là où il se trouve un

résidu de tissu réticulé aussi minime qu'il soit, les efforts de régénération sont possibles.

En somme, la leucémie à monocytes est une maladie bien caractérisée du point de vue clinique, hématologique et anatomo-pathologique et mérite, de ce fait, une place autonome dans le cadre des affections du système hématopoiétique.

Suivant l’évolution, plus ou moins rapide, on peut lui décrire 2 formes cliniques:

a) Les formes aiguës qui sont les plus fréquentes e dont la durée est de quelques jours à 2-3 mois.

Elles ont, comme autres particularités, l'atteinte profonde de l’état général et le pourcentage élevé des monoblastes dans le sang.

b) Les formes chroniques, qui sont moins fréquentes et dont l’évolution s’échelonne sur plusieurs mois ou années.

C'est dans ces formes qu’on peut trouver à l'examen de gros ganglions et surtout des rates à volume considérable et dans le sang la prédominance monocytaire.

La liaison entre ces 2 formes est faite par les épisodes aigus au cours de l’évolution des formes chroniques; épisodes beaucoup plus fréquents que dans toutes les autres leucémies chroniques et auxquels correspondent dans le sang des décharges monoblastiques.

La nature de cette maladie — comme celle des autres leucémies — n’est pas connue ; mais tout dans son évolution, dans son anatomie pathologique nous

fait penser que la leucémie à monocytes est due à une

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