‹ Contribution à l'étude des leucomes adhérentsChapitre 10 sur 33 · LEA ASS · texte numérisé non relu

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ne voit plus, par le seul fait du travail de son congénère. Elles sont dues aux tiraillements continuels qu’exerce l'iris adhérent sur les nerfs iriens et ciliaires. Leur fréquence est telle qu’on les considère plutôt comme un épiphénomène, que comme une complication.

La plus fréquente des complications proprement dites, est sans nul doute, l’ulcération de la surface cicatricielle. À la moindre poussée inflammatoire ‘dont l'œil est le siège soit dans les conjonctives, soit dans toute autre membrane, presque toujours le leucome s’ulcère. En effet, le tissu cicatriciel qui a remplacé les parties de cornée détruites est plus ou moins compact et résistant. Il comprime par suite les parties cornéennes voisines et gêne leur nutrition. En outre la portion d’iris comprise dans la cicatrice est surtout aussi une cause permanente d’irritation. Souvent elle remplit le vide laissé par la perforation cornéenne ct n’est séparée de l’extérieur que par une mince couche épithéliale dont la nutrition est également des plus défectueuses, et dont le plus léger frottement amène souvent la desquamation.

Souvent, on constate des iritis à répétitions, pouvant se suivre presque sans Interruption et causer ainsi des douleurs intenses et continuelles. En effet, sur la face postérieure du leucome, on trouve l'iris aminci, distendu, recouvert d’une exsudation organisée, Tous les mouvements de son sphincter exercent sur lui des tractions, de sorte qu'il en résulte une irritation permanente de ses fibres devant fatalement aboutir à linflammation. Pour d’autres auteurs, l’inflammation de l'iris est due à son exposition à l’air dans le tissu cicatriciel plus où moins perméable, et à son contact avec les microbes de l’air.

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Les tiraillements continuels exercés par les fibres de l'iris adhérent tendent de plus en plus à distendre le cercle ciliaire ; il en résulte une hypersécrétion des liquides intra-oculaires, et pär suite l'apparition de phénomènes glaucomateux. En outre, si on fait l'examen de pièces anatomiques, on constate assez souvent la fermeture de l'an gle iridien. Cette complication a été particulièrement bien étudiée par Schnabel, Knies, Landsberg, Michel. Sur cinq glaucomes consécutifs à des staphylomes cornéens, Schnabel trouva l’angleiridien fermé trois fois en totalité et deux fois en partie. Une fois la papille était excavée.

Ghez les enfants, où la sclérotique est beaucoup moins résistante, on voit apparaître au lieu du glaucome proprement dit Phydrophtalmie ou buphtalmie. Cette complication consiste dans une distension régulière des enveloppes du globe oculaire par augmentation du volume de ses milieux, augmentation due à une hypersécrétion des liquides intra-oculaires. Le plus souvent l'angle iridien est oblitéré et le cristallin peut être luxé, soit en avant, soit en arrière, ou même résorbé. |

On constate en même temps de l’atrophie des procès ciliaires et de la distension de la choroïde avec réduction de la couche des capillaires. Les éléments rétiniens sont conservés, mais le plus souvent la papille est excavée, quoique le tronc du nerf optique soit normal ; seul Dürr l’a trouvé atrophique.

Lorsqu'un seul œil est atteint, les leucomes adhérents sont aussi assez souvent le point de départ d’accidents sympathiques de Pautre œil. Taylor le premier en a cité des cas. Cette complication a été étudiée tout au long dans la thèse de Vignaux et la thèse d’agrégation de

Reclus. Pour ces auteurs, l'apparition de ces accidents est due à l’irritabilité et à la compression des nerfs ciliaires.

Un dixième environ des ophtalmies sympathiques reconnaissent pour point de départ des leucomes ou staphylomes adhérents. Sur 90 cas, Rossander a trouvé 8 fois comme origine laffection qui nous occupe, et dans une autre statistique, également de 90 cas, Vignaux l’a trouvée 9 fois.

Il nous reste enfin à étudier une dernière complication du leucome adhérent, complication qui n’est heureusement pas très fréquente, mais qui présente une telle gravité qu’elle peut compromettre la vie des malades. Nous voulons parler de l’iridocyclite suppurée,

Cette iridocyclite suppurée peut être due au transport dans l’œil de germes infectieux par la circulation générale. Nous en trouvons une observation très nette publiée par M. le professeur Gayet dans les Archives d’ophtalmologie de 1887. Mais un grand nombre d’iridocyclites supprimées ne peuvent être attribuées à cette cause.

Pour certains auteurs, en particulier Leber, Sattler et Valude, le leucome serait la porte qui ouvrirait l’œil à l'infection ; pour d’autres enfin, en particulier Despagnet et Verneuil, on aurait simplement affaire au réveil d'une infection latente dont les germes seraient contenus dans l'œil à l’état d'inactivité. L'influence du terrain aurait par suite une extrème importance.

Ce qui fait la gravité exceptionnelle de l’iridocyclite suppurée, ce sont les complications qui peuvent en résulter. Elle peut amener un phlegmon orbitaire, pouvant se propager aux méninges et à la veine ophtalmique et amener

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Pe10 la mort par phlébite de cette veine et thrombose consécutive des sinus caverneux.

Par la gravité des complications que nous venons d’étu. dier, on peut se rendre compte de limportance qu’il y aurait à pouvoir mettre à l’abri de tous ces dangers les malades atteints de leucomes adhérents. Un grand nombre

de traitements ont été proposés et nous allons les étudier successivement,

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