OBSERVATIONS MÉDICALES
Voici un résumé de l’histoire du premier malade que nous avons pu observer.
Le 25 Novembre 1947, entre dans une clinique privée de Paris, M. A. R. âgé de 48 ans. Le diagnostic indique : bronchite doublée de congestion pulmonaire. Les antécédents sont les suivants : parents vivants et bien portants, marié et père de 5 enfants (deux älles et trois garçons) qui se portent admirablement ; sa femme à assez souvent et notamment en hiver des rhumes de cerveau sans autre gravité. Le malade exerce la profession d’entrepreneur des travaux publics. Il a fait normalement son service militaire et jusqu’à l’âge de 45 ans n’a jamais souffert de rien. Sa situation le force à faire souvent des déjeûners plantureux accompagnés de vins capiteux. D’autre part, apéritifs et alcools sont souvent absorbés par le patient.
C’est en Novembre 1946 que le malade a fait une pneumonie gauche qui s’est très bien remise. Huit mois après une angine se déclare avec fièvre atteignant tous les soirs + 39°5 et 37°S dans la journée. Le diagnostic clinique avait été : diphtérie. Peu de temps après apparaissaient de gros ganglions du cou. On fit a droite une incision profonde du paquet ganglionnaire, on tomba sur un tissu nécrosé à odeur fétide, sans pus. A gauche une incision laissa couler une quantité assez forte d’un pus Jaunâtre que nous recueillions précieusement. A partir de ce moment le mieux se fit sentir et la fièvre tomba à 37,5°. L’angine était donc du type folliculaire et se caractérisait également par la présence de points blanc-grisätre sur la surface des deux amydales. À l’auscultation : inspiration très rude en avant et principalement à droite. En arrière râles fins sous-
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crépitants, disséminés un peu partout, principalement à la base gauche où il existe un petit foyer de congestion. Les crachats sont légèrement hémoptoïques et purulents. Nous ne consiatons ni sucre ni albumine dans les urines. Nous nous attardons surtout sur les expectorations en faisant l'examen d’une part des crachats, d’autre part du pus recueilli. L'analyse du sang est également effectuée mais ne révèle rien de particulier. Disons tout de suite que l’examen des crachats et du pus révèle la présence d’une très grande quantité de cellules levures. Ces cellules sont toujours apiculées d’un seul côté. Elles ne présentent pas d’asques ni dans le pus ni dans les crachats.
L'examen bactériologique des crachats est effectué chaque jour durant les premières semaines. Nous recherchons tout spécialement le Bacille de la diphtérie et le Bacille tuberculeux. Nous n'avons jamais décélé ni l’un ni l’autre dans les cas que nous relatons un peu plus haut. Mais par contre nous sommes frappés par la présence constante d’une levure que nous étudierons tout spécialement dans un instant.
L'examen bactériologique du pus nous amène à conclure absence de Bacille diphtérique et de Bacille de Koch, mais présence constante et en très forte proportion de la levure signalée ci-dessus.
Crachats et pus nous serviront à inoculer un certain nombre de lapins, de cobayes et de souris afin de déterminer le pouvoir pathogène. En outre la levure sera inoculée également en culture pure à ces différents animaux de laboratoire.