DEUXIÈME OBSERVATION MÉDICALE
Homme de 36 ans, voyageur de commerce, se plaint un soir de douleurs vives de la gorge ; sa souffrance augmente d'heure en heure, un médecin est appelé et à ce moment le malade a 39,7° puis 40°. On croit à la diphtérie. L'analyse baciériologique révèle la présence d’une levure et de Staphylocoques. La levure est la même que celle que nous signalons dans l’observation précédente. On institue un traitement qui n’est autre que la thérapeutique locale habituelle des angines (gargarismes, collutoire, etc...). Tout semble rentrer dans l’ordre et le malade se déclare guéri. Cinq jours après, celui-ci après avoir repris ses occupations est obligé d'abandonner son travail. Il se plaint de violents maux de tête et d’un point de côté qui le fait souffrir ; il tousse fréquemment et par quintes. Le médecin à nouveau
LÉPIR OT
appelé constate un début de broncho-pneumonie ; la température atteint 39° à 39,5° le soir. À l’auscultation : inspiration très rude en avant et principalement à droite. En arrière : râles fins sous-crépitants disséminés un peu partout, mais principaiement à la base gauche où il existe un gros foyer de conges- . tion.
Les crachats sont épais filants mais non teintés de sang. Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine.
L'examen bactériologique des crachats est effectué méthodiquement tous les trois jours et ces examens portent surtout sur la recherche du Bacille tuberculeux, le Pneumocoque, le Bacille de la diphtérie et les Actinomyces acido-résistants.
Ces examens nous révèlent chaque fois l’existence d’une ievure dont les caractères botaniques, les propriétés biologiques sont semblables en tous points à ceux signalés dans le cas précédent. Il faut donc ici encore incrimier la levure, La formation des ascospores a été obtenue sur bloc de plâtre et sur papier buvard imprégné d’une solution de lactose. Le champignon ne s’est pas borné à la lésion superficielle des muqueuses, mais il a pu pénétrer plus profondément dans le tissu sous-muqueux et s'étendre à l'appareil broncho-pulmonaire. Le traitement ioduré a donné d'excellents résultats ; le malade après deux mois de celte thérapeutique a été guéri complètement.