QUATRIÈME OBSERVATION MÉDICALE
Un quatrième cas particulièrement grave nous est signalé par le D° M. qui présume une blastomycose laryngée. Le malade a 36 ans, il exerce la profession de maraîcher. Sa maladie débute par une angine pseudo-membraneuse qui pourrait faire penser à la diphtérie. La température atteint 39,8° le soir. Le médecin décide d’effectuer l’analyse bactériologique des fausses membranes. On ne décèle ni Bacille diphtérique ni Bacille de Koch ni Pneumocoques, ni Actinomyces acido-résistants mais quelques Staphylocoques avec prédominance d’une levure qui n’est autre que celle que nous avons signalée dans les observations médicales précédentes. D’abord localisé sur la muqueuse buccale le parasite s'étend à l’épiglotte, les cordes vocales inférieures et les alvéoles pulmonaires ; durant tout le cours de la maladie des analyses bactériologiques sont effectuées tous les deux jours et constamment nous observons la présence de la levure en très forte proportion.
Ici la lésion ne demeure pas superficielle sur les muqueuses mais il y à également pénétration dans le tissu sous-muqueux, il en résulte une affection plus étendue et aussi plus grave. Néanmoins ces cas exigent les soins d’un oto-rhino-laryngologiste averti et d’un traitement ioduré (lavage, et absorption d'iode sous forme de solution de LUGOL et d’iodure de potassium). Dans le cas présent tout a été mis en œuvre pour sauver le malade.qui a pu retrouver sa vie normale après 4 mois de traitement. Notons que durant 6 mois le patient a montré dans ses crachats la levure coupable de la maladie. Après ce délai, le parasite a complètement disparu.
EU SRE
Nous voyons par ces différentes observations médicales comhien il est difficile parfois de porter un diagnostic sûr permettant un traitement rationnel. Il est donc de toute nécessité dans de pareils cas d’effectuer l’analyse bactériologique des membranes, fausses membranes et expectorations. On peut ainsi écarter la diphtérie et signaler l’organisme provocateur. Dans tous les cas il est intéressant chaque fois que l’on a affaire à une angine de penser qu’à côté du Bacille diphtérique peut exister une levure capable d’occasionner des désordres fâcheux ; d’autre ‘ part cet examen bactériologique permet au médecin d’ordonner le traitement rationnel,