DESCRIPTION DE LA LEVURE
EE est indispensable pour mener à bien l’étude de la levure incriminée de l’isoler à l’état de pureté absolue ; aussi pratiquons-nous l'isolement de notre microorganisme par la méthode des boîtes de PETRI en nous servant comme milieu d’isolement de la gélose maltosée de SABOURAUD. Entre temps nous employons également le liquide de RAULIN saccharosé gélosé. Ces deux milieux conviennent fort bien et la température choisie est aux environs de + 37°.
Après cet isolement nous étudions notre levure en goutte pendante sur liquide de RAULIN ordinaire et nous nous efforcons de n'avoir dans notre goutte pendante qu’une seule cellule, ce que nous obtenons assez facilement avec le micromanipulateur. De cette façon nous pouvons suivre l’évolution de notre végétal. Plusieurs préparations de ce genre sont effectuées. :
Au début, nous observons une cellule légèrement ovale enveloppée d’une capsule peu épaisse, d’un côté seulement la levure est apiculée ce qui lui donne une forme assez particulière et cette forme est constante sur tous les milieux que nous avons utilisés. Elle mesure 2,8 & à 3,2 & de diamètre. Le contenu protoplasmique est hyalin, on aperçoit une vacuole assez grande au centre et quelques guttules de graisse facilement décelables par l’orcanette acétique, le sudan IIT ou le colorant iriple de GUÉGUEN. Au bout de 4 heures le contenu cellulaire se trouble, les corpuscules de graisse disparaissent et le bourgeonnement s’accuse. Une nouvelle cellule est née. Le bourgeon- . nement s'effectue à la façon des Saccharomyces. L'opération se continue ainsi et l’on voit au bout de 24 à 36 heures un nombre considérable de cellules levures toujours apiculées d’un seul côté, qui se séparent et recommencent leur cycle de vie.
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Jusqu'ici pas d’asques ni d’ascopores. Les cellules ainsi Séparées mesurent 2,8 # à 3,2 # de diamètre.
Nous avons effectué une étude cytologique de ces cellules. Le premier examen a porté sur des cellules vivantes que nous avons pu colorer sans les altérer, par le rouge neutre. Pour cela nous avons placé quelques cellules vivantes dans une goutte d’une solution aqueuse de rouge neutre à 1 p. 10.000. Le protoplasme et le noyau restent incolores, seules les parties les moins vivantes de la cellule fixent le colorant : c’est-à-dire la vacuole et les corpuscules métachromatiques contenus dans cette dernière, Le colorant diffuse dans la vacuole, qu'il colore faiblement, et se fixe électivement sur les corpuscules, métachromatiques. Après avoir absorbé l'aspect des cellules à létat vivant, avec ou sans coloration vitale, nous avons pu entreprendre une étude cytologique plus approfondie sur les cellules fixées, c’est-à-dire tuées par des substances qui les fixent dans la forme qu’elles avaient à l’état vivant.
A cet effet nous avons considéré que le procédé le plus commode pour les fixations consistait à découper une petite portion de gélatine ou de tranche de carotte ou de pomme de terre sur laquelle s’est développée la levure et à placer ce fragment dans un cristallisoir renfermant le bain fixateur. Notons que les frottis, très en usage pour les fixations de microorganismes, ont l'inconvénient de contracter notablement les cellules de levures.
Lorsque la fixation était terminée nous pouvions alors sans inconvénient étaler la levure en frottis sur des lames de verre préalablement enduites d’une très légère couche d’albumine pour la maintenir adhérente. Il est possible alors de plonger les frottis dans un bain colorant, Les procédés de fixation et de coloration varient, suivant que l’on veut étudier le noyau ou les enclaves de la cellule.
Pour l'étude du noyau nous nous sommes servis du liquide de BOUIN (picroformol) ou du liquide de PÉRENYI. La durée de la fixation était d'environ 12 heures. Nous colorions ensuite par la méthode de HEIDENHAIN à l’hématoxyline ferrique (mordançage pendant 12 heures dans une solution à 2 1/2 p. 100 d’alun de fer ammoniacal, lavage rapide à l’eau, coloration à l’hématoxyline, solution aqueuse à 1 p. 100 pendant 24 heures, lavage à l’eau puis différenciation dans la solution d’alun qui a servi au mordançage). Nous avons obtenu par cette méthode une très belle différenciation du noyau qui se détache
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en noir foncé sur le protoplasme gris. Les grains basophiles se coloraient également assez énergiquement, mais les corpuscules métachromatiques étaient invisibles. L’hématoxyline de DELAFIELD et l’hémalun nous ont fourni également d’excellents résultats, après fixation au liquide de Bouin. Ces colorants nous permettaient de différencier à la fois le noyau que nous voyions apparaître avec une teinte un peu diffuse, et cette fois visibilité très nette des corpuscules métachromatiques, qui prennent une coloration intense rouge vineux. Les préparations ainsi obtenues peuvent être conservées dans la gélatineglycérinée de KAYSER, de préférence au baume de Canada qui souvent détermine une forte contraction des cellules.
L'alcool, le formol et le liquide de LENHOSSEK sont les fixateurs les plus précieux pour l’étude des corpuscules métachromatiques, mais moins recommandables pour l'étude du noyau.
Le bleu polychrome d’Unna, le bleu de Crésyl, le bleu de méthylène (employés en solution aqueuse à 1 p. 100) donnent des colorations électives des corpuscules métachromatiques, mais différencient généralement mal le noyau. Les préparations obtenues par ces teintures se décolorent presque aussitôt dans la. gélatine glycérinée, et ne peuvent être conservées que dans le baume de Canada.
Pour la différenciation du glycogène nous avons employé le colorant triple de GUÉGUEN et la solution iodo-iodurée de potassium (liqueur de Lugol). Pour les graisses il suffit de fixer les préparations par le liquide de FLÉMMING (acide osmique) qui brunit fortement les globules d’huile renfermés dans la cellule.
C’est surtout dans les cellules jeunes que nous avons pu observer un très beau noyau et des corpuscules métachromatiques nombreux. Dans les cellules âgées les corpuscules métachromatiques ont des tendances à diminuer de nombre, Par contre le glycogène et les corpuscules de graisse abondent dans les cellules âgées.