CONCLUSIONS GÉNÉRALES
De l’ensemble de nos recherches nous pouvons tirer les conclusions suivantes :
19 Nous avons pu isoler deux espèces cryptogamiques nouvelles appartenant à la famille des Non-Saccharomycétées et au genre Cryplococcus de KüTZING-VUILLEMIN.
La première : Cryplococcus corallinus a été trouvée dans des prélèvements de cheveux opérés sur un malade qui présentait des lésions rappelant les kérions trichophytiques. Le champignon ne cultivait à partir du matériel pathologique qu’à la température de + 370 et seulement sur milieu de SABOURAUD glucosé. Généralement les cellules ne bourgeonnent que d’un seul côté. À + 370 l’espèce étudiée présente une teinte blanc crème; les cultures disposées à + 270 montrent une coloration qui va du rose au rouge saumon ou corail.
La deuxième Cryplococcus radiatus provient de cultures pratiquées à partir de poils prélevés sur des membres d’une congrégation religieuse du Haut-Rhin, à la suite d’une épidémie de chute de cheveux survenue dans le couvent. La culture est rapide sur tous les milieux. Les colonies sont toujours colorées même à la température de + 379. La teinte est d’un beau rose, plus claire que celle de l’organisme précédent.
Après avoir décrit les caractères morphologiques de nos deux espèces, nous avons étudié leurs propriétés biologiques et biochimiques. Nous retiendrons particulièrement l’action sur les différents sucres et autres hydrates de carbone expérimentés : en effet le Cryptococcus corallinus est incapable d'utiliser le levulose; le lactose est un milieu très médiocre ainsi que le mannose. Les glucose, galactose, saccharose,
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maltose sont de bons aliments ainsi que l’amidon. Le Cryptococcus radiatus n'utilise pas le galactose, le mannose et le lactose. Le lévulose est un sucre d’intérêt médiocre pour la nutrition de ce champignon. Le glucose, le saccharose et le maïltose sont de bons aliments qui favorisent la croissance de cette espèce.
Pour les deux levures étudiées, quel que soit le sucre assimilable introduit dans les milieux de culture, l’apparition de la coloration se fait, dans les conditions exposées, au bout du même temps et avec la même intensité. Nos deux Cryptococcus ne liquéfient jamais le sérum coagulé, ni l’albumine d’œuf coagulée. En ce qui concerne la gélatine nous avons pu observer la liquéfaction totale du milieu par le Crypiococcus corallinus alors que le Cryplococcus radiatus n’a en aucun cas attaqué la gélatine. Les milieux de lait ont été coagulés par le C. corallinus alors que le C7. radiatus n’a aucune action sur cette substance. Ni l’un, ni l’autre de nos microorganismes n’ont montré de pouvoir pathogène pour le cobaye et ia souris blanche.
2° Nous avons étudié les conditions d’apparition des deux pigments sécrétés par les Crypiococcus : à ce point de vue notons tout d’abord la nécessité absolue de l’aliment hydrocarboné pour l’obtention du phénomène chromogène. Par contre la fonction pigmentaire ne dépend pas de la présence d’une substance quaternaire dans le milieu de culture. Enfin, la suppression de tel élément minéral ou de tel autre, n’ont pu détruire la pigmentation. I/oxygène est un élément indispensable à la fois pour la croissance de nos deux levures et pour l’apparition des substances chromogènes.
Fn ce qui concerne l’influence de la température, nous avons pu démontrer que pour le Cryptococcus corallinus, le pigment n’apparaît en aucun cas à la température de + 370. Comme limites de température pour la production de la substance chromogène, nos expériences nous ont montré que le phénomène avait lieu entre des températures comprises entre + 89 et + 280. Pour leCryptococcus radiatus les nuances de teinte sont beaucoup moins sujettes à variation : la teinte
est stable pour les températures comprises entre + 129 LS od cs 7 du
Pour nos deux levures l’apparition de la coloration est en rapport direct avec la concentration du milieu de culture en ions H. Le maximum de pigmentation se montre pour un pH = 5,5.
Au point de vue de la localisation de la substance colorante, nous dirons ici que nos deux organismes se rangent dans les microorganismes chromophores.
3° Nos recherches effectuées dans le but de pratiquer lPisolement et la caractérisation des deux pigments, nous ont fait aboutir aux conclusions suivantes : les deux pigments isolés de nos levures se classent dans le groupe des dérivés oxycétoniques, dans la classe des oxyanthraquinones à noyau dicétonique non sulfoné.
l’analyse élémentaire nous a donné les pourcentages suivants :
Le poids moléculaire de la substance chromogène déterminé par la méthode cryoscopique est de: 294. Nos recherches nous ont en outre montré que le pigment doit rentrer dans le groupe de glucosides.
Le Cryptococcus corallinus présente à l’examen microspectroscopique sept bandes d’absorption dont quatre correspondent à celles du cyfochrome de KEILIN et FISCHER. D'autre part il y a superposition de deux bandes appartenant l’une au cytochrome, l’autre au spectre d’absorption du colorant rouge.
Les deux pigments isolés des deux levures nous donnent des spectres d’absorption absolument comparables entre eux, caractéristiques du pigment oxycétonique.
Les raisons intimes concernant l’élaboration de la matière colorante, l'utilité de celle-ci nous sont restées obscures. Notre pigment est un glucoside du groupe oxyanthraquinonique apparaissant sur les cultures effectuées sur des milieux contenant un hydrate de carbone assimilable par les microorganismes étudiés.
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