MATE
À la suite de nouvelles contrariétés, nouveau recours au chloral pour échapper aux préoccupations et aux insomnies : peu à peu l’état redevient le même qu’avant l’internement et après un accès maniaque au cours duquel il brise un mobilier, Paul H.. fait un nouveau séjour de deux mois dans le même établissement en juillet et août 1904.
A la sortie il s’adonne aux études médicales et durant trois mois il s’abstient de toute toxicomanie,
En novembre 1904, bronchite au cours de laquelle il prend de l’opium pour calmer la toux, mais il retourne vite à l’usage du chloral, son calmant préféré. Il en consomme d’abord des quantités faibles (2 gr. par jour), puis. il arrive à nouveau aux doses élevées (10 à 12 gr. par jour) absorbant quotidiennement 15 et même 20 gr. de chloral dans les derniers jours qui précèdent le placement à Charenton.
Etat actuel. — A son entrée dans le service le 2 avril au soir, Paul H. est dans un état de dépression extrême. Il ne répond à aucune question, ne prête aucune attention à ce qui se passe autour de lui et présente un état qui rappelle le tableau du coma alcoolique. On l’alite, la nuit se passe sans incident et le matin la scène change du tout au tout. Puisque le malade est debout, se prête à notre examen et présente comme lors du premier placement précité le « syndrôme fugace de la paralysie générale ».
Voici le 3 avril au matin les résultats de notre examen :
a) Clinique : au point de vue psychique on se trouve en présence d’une oblusion intellectuelle qui paraît en imposer par un état dementiel. Le m'alade pendant les deux premières minutes de l’interrogation paraît, en effet, désorienté, dans le temps et dans l’espace, avec amnésie très étendue, mais contrairement à ce qu’a lieu dans la démence paralytique, au fur et à mesure que l’interrogatoire se prolonge, l'attention peut davantage se fixer et les réponses deviennent plus correctes, le malade arrivant à donner des détails assez précis sur les faits qu’il paraissait avoir oubliés au début de l’examen.