‹ Contribution à l'étude des limites de certains délires alcooliquesChapitre 34 sur 51 · AU · texte numérisé non relu

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avec lui. Influences, visions cinématographiques, anxiété, crainte de mort, d’éboulement. Agitation par intervalles. Début brusque, il y a 8 jours. Confusion, anxiété, phénomènes hallucinatoires de type alcoolique. Pâleur, myosis. P.M.: 22; Pm : 10. A observer.

D' Leguillant.

Certificat de quinzaine, 10 juin 1932.

Bouffées anxieuses et oniriques nocturnes, ébauches délirantes consécutives. A plusieurs reprises, retour complet à la lucidité diurne et reprises vespérales. Origine éthylique incertaine. P M : 22. Pm : 10. Urée sanguine : 0,36. A maintenir.

D' Leguillant.

Ce malade a été présenté par le professeur Claude dans une de ses cliniques du Samedi en juin 1932. Il est entré dans le service pour confusions, hallucinations, tristesse, délire onirique. Aucun renseignement sur les antécédents héréditaires et personnels; nous savons seulement qu’il est tombé sept fois depuis son enfance, une fois, a fait une chute de douze mètres sur le pavé. Il a perdu connaissance, mais n’aurait pas eu de fracture du crâne.

Histoire de la maladie. — Le début des troubles remontent à huit jours; il est survenu brusquement, d’après les renseignements de l'entourage. Il voyait des «tas de choses » devant lui, les ramassant avec du papier, les enveloppait, les brûlait, les jetait à l’eau. Il vivait dans la crainte d’une catastrophe. Il se plaint d’entendre dans ses oreilles tous les mots qu’il lisait dans le journal.

Les réactions sanguine et rachidienne sont négatives.

L'examen physique ne montrait rien de spécial à l’entrée.

Evolution. — Après une amélioration rapide des troubles dans le service, cet homme a présenté à diverses époques de nouvelles bouffées confusionnelles avec onirisme.

8 juin 1932. — Depuis quelque temps, il se couchaïit sous son lit, car il avait entendu des bruits dans la cour et une douzaine de personnes criaient : « Arrêtez-le ! Arrêtez-le ! on va le tuer ». Toutes ces personnes en voulaient au di-

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recieur qu’il connaissait bien, et qui portait des lunettes jaunes.

Mais il eut peur qu’on vienne l’assommer et c’est pourquoi, il se mit sous son lit.

De plus, il affirme que quelqu'un, qu’il ne veut pas nommer, lui a dit que P.….. était sorti à sa place, il y a quinze jours, d’ailleurs on lui a dit que Prost lui ressemblait.

Il entend des voix qui le commandent, lui parlent, commentent sa pensée.

À l’examen, on note le tremblement des extrémités.

19 octobre 1932. — Le malade a des hallucinations psychosensorielles; il voit défiler une succession rapide d’images. Il voit des êtres menaçants, des brigands calabrais. Il sent l'emprise d’une force qui le commande et à laquelle il ne peut résister.

I dit qu’il ne buvait pas du tout.

23 décembre. — Il raconte que vers le 26 juin, étant couché, il eut une grande peur. Durant cette nuit, il ne pût trouver son sommeil. Il entendait, sans cesse, des bruits; particulièrement de la musique d’orphéon, et il voyait toutes sortes de scènes animées, passer devant ses yeux, comme des « photographies ». Il avait un peu mal à la tête. Vers le matin, il entendit une voix qui lui disait : « On va lancer une bombe. on a fait écrouler la maison. on va prendre ta femme ». Il eut peur, prit tout son argent et va au poste de police voisin. Il était 8 h. 1/2. Là, on lui dit: « On voit ce que c’est », et on l’a emmené au dépôt. Puis là, il ne se souvient plus de rien, et il s’est retrouvé ici sans se rappeler y être entré. Il se rappelle, simplement, avoir pris un pain, au rez-de-chaussée et avoir vu des fleurs dans le jardin.

En même temps, il croyait voir des mitrailleuses dans les arbres et il se cachait derrière son lit.

Actuellement, il se sent très bien, dit ne plus avoir de chimères dans le cerveau.

Le malade sort avec le certificat suivant, le 22 février 1932 :

Bouffées confusionnelles, actuellement disparues. Retour

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au calme, à la critique. Bon état état général. Peut être rendu à sa femme qui le réclame.

D' Masquin.

Recherche de l’éthylisme. — En présence d’un délire onirique si typique, il était naturel, semble-t-il, de rechercher d'emblée, l’éthylisme, chez ce sujet; et, c’est ce qui fait l'intérêt de ce cas et a motivé sa présentation par le Professeur Claude. Il n’a pas été possible de mettre, en - évidence, des éléments certains d’éhylisme : à certains moments, 1l semble que cet homme, peintre en bâtiment, de son métier, ait bu, environ, un litre de vin par jour; à d’autres moments, il aurait bu du lait, sans cependant accuser de troubles digestifs. De temps en temps, il prenait un café arrosé. Pouvons-nous inférer de ces renseignements, qu'il s'agissait d’un délire éthylique ?

Nous estimons que les habitudes accusées sont ici encore insuffisantes pour conclure un diagnostic et nous concluons qu’il s’est agi chez lui d’une suite de bouffées délirantes à formes hallucinatoire, onirique et anxieuse, peut-être, chez un sujet à l’état mental déficient, et chez lequel, peut-être aussi, existait un appoint d’ailleurs peu considérable.

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