‹ Contribution à l'étude des limites de certains délires alcooliquesChapitre 37 sur 51 · DOTE · texte numérisé non relu

DOTE

illusions, il entend des pas dans l'escalier, on vient pour le tuer, un certain jour, il s’éveille brusquement et demande à sa femme pourquoi elle veut l’empoisonner, se lève soudain et passe par la fenêtre du premier étage. Puis il se met à courir en chemise dans la rue. Il est poursuivi et rattrapé par des amis. Il déclare, alors, qu’on voulait le tuer et tuer une autre personne et qu’il allait chercher un agent.

Ceci se passait le 30 octobre. C’est à cette occasion que sa femme l’amène à l’hôpital. Il est à noter que ces derniers propos traduisaient un peu d’incohérence. Il avait aussi depuis quelques temps, des idées de richesse, mais celles-ci s’alliaient aux idées de préjudice. Ainsi, il disait à sa femme qu'elle avait dilapidé 200.000 francs qu’il avait gagnés.

Au moment, où il fut amené ici, il fit reproche à sa femme de le mettre avec les fous et disait : « Si toi, tu étais comme moi, je t’aurais gardé ». Dans les dernières semaines, il ne se rappelait jamais ce qu’il avait fait la veille.

IV) Examen physique. — Les pupilles sont normales. Les réflexes tendineux vifs. Pas de tremblement.

V) Examen biologique. — Dans le liquide céphalo-rachidien :

Tension : 2,5 Albumine : 0,50 — Réaction de Pandy : 0 — Cytologie : 1 par mm$ — Wassermann : négatif; Meinicke : négatif.

Dans le sang : Bordet-Wassermann, Meinicke, Kohn : négatifs.

VI) Evolution : 15 novembre. — Aspect hostile et méfiant. Malade agité, toujours maintenu. Vagues idées mélancoliques. I1 vaut mieux le tuer tout de suite, « douze balles dans la peau ». La nuit : onirisme terrifiant, on veut le tuer. Il voit des gens armés de fusils autour de son lit. Réticence en ce qui concerne ses idées délirantes. Ce n’est qu’à la longue qu’il avoue avoir reçu une proposition d’un million pour coucher avec la fille du Kaiser.

Page 1