OBSERVATION III
(A. ANTHEAUME et L, PAROT).
Paul H.., 43 ans, entre à Charenton le 2 avril 1905.
Antécédents héréditaires. — Père très original, sujet à de fréquentes colères, grand buveur, mort à 53 ans d’appendicite, mère morte à 27 ans de tuberculose pulmonaire; un oncle paternel alcoolique. Paul H.… est marié et père de deux filles âgées de seize et onze ans.
Antécédents personnels. — Intelligent et laborieux, fait des études secondaires assez bonnes, puis devient pharmacien. Bonne santé habituelle, pas d’habitudes alcooliques. Durant l’enfance, accidents névropathiques, multiples convulsions au moment de la 1° dentition, incontinence urinaire tardive, peurs nocturnes très fréquentes. A vingt et un ans, service militaire, volontariat, à ce moment quelques excès de tabac et d’alcool. À vingt-quatre ans, il abuse de l’éther pendant quelques jours, mais y renonce spontanément en raison de malaises consécutifs. À vingt-cinq ans, il se marie et durant seize ans, cesse toute intoxication, sa femme le surveillant strictement à ce point de vue.
Histoire de la maladie. — Le point de départ de l’intoxication chloratique dont il s’agit remonte au début de l’année 1903, c’est-à-dire à plus de deux ans. Paul H.…, qu’il convient de considérer, au point de vue de ses réactions mentales, comme un déséquilibré, commence à recourir au chloral en février 1903 pour combattre une insomnie consécutive à de vives contrariétés d’ordre privé. Au début, il prenait le soir 2 gr. de chloral (en sirop), un mois plus tard,