MIA
Dans les derniers temps : symptômes paralytiques qui ont déterminé l’internement dans notre clinique.
Examen physique : pupille avec contour irrégulier et signe d’Argyll-Robertson, légère aortite; dans le reste rien d’anormal.
Examen psychique : démence commençante, sans troubles délirants ou euphorie.
Dans ce cas, l’alcoolisme est absent et on ne trouve aucune cause pouvant expliquer les bouffées.
OBSERVATION IX (personnelle).
Mme C.., 37 ans.
Certificat d’entrée :
Etat confusionnel. Anxiété. Dysmnésie, Désorientation. Méfiance de l’entourage. Sursauts. Est tombée hier dans la rue, Divaguait. Souvenirs très imparfaits de cette scène. Ici, agitation, résistance, peurs, gros tremblements. Ethylisme très probable. Pouls : 120. Aurait eu une méningite à l’âge de 7 ans ? Ne serait pas sujette à des crises de nerfs. Pas de mouvement de la langue. plaie frontale, suite d’une chute récente. Ne peut raconter les circonstances, ni de l'accident,
ni du traitement.
Le 1° août 1931.
Dr Logre.
Certificat immédiat, août 1931.
Anxiété. Dysmnésie, Désorientation partielle. Tremblement des doigts. Faciès d’éthylisme chronique. Trauma récent. Plaie frontale, Tachycardie. Ethylisme nié.
D' Migault.
Certificat de quinzaine, 4 août 1931.
Paralysie générale décelée par les réactions humorales. Résolution de l'épisode confusionnel post-traumatique. Résidus dysmnésiques. Ethylisme émotif. Pas de dysarthrie, pupille paresseuse, minimum de signes mentaux. Réactions hu-
morales positives. À maintenir.
D' Migault.
bi
Histoire de la maladie. — La malade est amenée à l’Asile Clinique pour état confusionnel survenu à la suite d’un accident sur la voie publique. Le 10 août 1931, arrivant de Bretagne pour se placer chez des particuliers, elle est entrée dans un café pour déposer ses bagages, où elle a pris un café nature. De là, elle est allée chez une comtesse, Ne l'ayant pas trouvée, elle s’est rendue dans un bureau de placement, et c’est en sortant de ce bureau qu’elle fut renversée par un taxi. Elle fut relevée, avec une plaie de la région frontale, qu’un pharmacien, chez qui eïile fut conduite, agrafa. Présentant à la suite de cet accident des troubles mentaux, elle fut transportée à l’Asile Clinique.
Etat mental à l'entrée. —— A son entrée dans le service, elle était dans un état de confusion et de désorientation paradoxale. Elle était dysmnésique, anxieuse. Elle s’agitait, pleurait, et n’avait qu’un souvenir imparfait de l’accident. Interrogée sur son passé, elle ne peut donner des renseignements précis, ni orientés. Elle répétait d’une manière stéréotypée que c’est en cherchant du travail que laccident est arrivé. Elle répond aux questions avec une légère hésitation, sur un ton uni, sans relief, un peu chantonnant et résigné.
Signes physiques. — Tremblement des doigts. Pas de douleur appréciable à la pression musculaire. Pupilles égales, un peu irrégulières, réagissant assez paresseusement. Les réflexes achilléens et rotuliens sont normaux.
Antécédents personnels. — On ne note qu’une rougeole à l’âge de 8 ans. Elle s’est mariée en 1912 et a eu deux enfanis : une fille et un garçon, respectivement âgés de 12 et 10 ans, tous deux, bien portants. Pas de fausse couche. Durant la guerre, comme femme de mécanicien dentiste, elle travailla au centre dentaire de Nantes.
Deux ans, environ, après la guerre, son mari l’abandonna avec ses enfants. Elle fait des démarches infructueuses pour le retrouver.
Recherche de l’éthylisme. — La malade boit du cidre à -chaque repas et quelquefois du vin rouge, mais en petites
quantités et d’une façon normale, Quand elle allaitait sa fillette, elle buvait de la bière, comme cela lui avait été conseillé, mais en quantité modérée.
Antécédents héréditaires. —— Père mort à 39 ans, d’une fluxion de poitrine.
Mère âgée de 60 ans, vivante et bien portante.
Examen biologique : La ponction lombaire a donné: Albumine 0,60. Pandy : + + +. Cytologie : 70 éléments par mm$. Wassermann : positif. Benjoin colloïdal : 01111. 02222. 20000.
Dans le sang: Wassermann positif.
Evolution. — Depuis son entrée, l’état confusionnel s’est amélioré. Elle est employée avec fruit, parmi les travailleuses du service. Docile, elle fait le ménage du dortoir, de la salle de cours, mais elle préférerait travailler pour subvenir aux besoins de sa fille.
Dans les semaines qui suivent, l’état mental s’est révélé assez déficient, sans exposivité délirante.
Durant la deuxième quinzaine de janvier 1932, elle paraît égarée, perdue, avec un minimum de réaction affective. Cette bouffée disparaît dans les jours suivants.
A l'heure actuelle (mai 1933), la malade traitée par stovarsol et malariathérapie, se porte bien, présentant une légère monotonie de la parole. La mémoire est bonne.
Au total, cette malade a présenté une bouffée confusionnelle, consécutive à un traumatisme crânien avec désorientation, amnésie, agitation et tremblement qui ont fait
songer à la possibilité d’une poussée subaiguë, sur fond d'éthylisme chronique. Mais l’évolution ultérieure et les
examens humoraux ont montré qu'il s’agissait d'une paralysie générale.
S’agissait-il bien d’une paralysie générale arrosée ? Nous avons soigneusement interrogé cette malade, au point de vue de ses habitudes éthyliques. Au point de vue pro-