‹ Contribution à l'étude des limites de certains délirs alcooliquesChapitre 46 sur 55 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

(CourRBON et CAILLEUX).

Il s’agit d’une cyclothymique de 42 ans qui a été hospitalisée ou internée enfin pendant quelques mois comme alcoolique. La première fois à l’âge de 33 ans, la seconde à l’âge de 35 ans, la troisième à l’âge de 37 ans et la 4% à l’âge de 42 ans.

Elle est femme de ménage depuis de nombreuses années dans les mêmes familles. Depuis 15 ans elle est la fidèle compagne d’un honnête mari employé depuis 35 ans dans

la même maison, et malgré l’horrible peinture qui est faite d’elle dans les certificats, certains de ses voisins ont conservé avec elle de bons rapports, déclarant qu’elle ne boit pas et ne devient dangereuse que lorsque la maladie la reprend.

Le 1° accès fut traité pendant 15 jours à l’Hôpital Henri Rousselle en 1921.

Le 2° accès nécessite l’internement le 9 avril 1924 avec un certificat très détaillé du D' de Clerambault dont la perspicacité a fort bien su découvrir la nature maniaque du syndrôme masqué par les manifestations alcooliques.

Alcoolisme chronique, ivresse hostile et agressive. Scandales, menaces aux voisins, menaces de mort, agitait une épée et un revolver. Troubles du caractère. Haines aiguës. Conflits continuels. Admet l’hospitalisation, ne nie pas les attitudes agressives. Prétend ne pas se souvenir, puis en convient, reconnaît être impulsive. Traitée en 1921 à la P. M. Tremblement, hyperalgie musculaire. Nécessité d’une sérieuse désintoxication. Changement de milieu très désirable. Incurie. Accueille en souriant la nouvelle de son internement. À observer au point de vue hypomianie.

Le 3 mai 1925, désintoxiquée et apaisée, elle était rendue à la liberté.

Le 3° accès nécessite un nouvel internement, le 12 août 1925, avec un certificat du D' Dupouy qui met au 1°* plan la nature essentiellement maniaque des troubles mentaux, « hypomanie récidivante ». Excitation psychomotrice, volubilité, fuite des idées, propos continus et sans suite, Vagues idées de persécution, insomnie, onirisme et agitation nocturne. Anxiété, cris, violences envers le personnel. Appoint éthylique. Déjà internée. Elle quittait l'asile guérie le 22 novembre 1925.

Le dernier accès nécessite l’internement le 6 juillet 1929, avec le certificat du D' Heuyer qui constate surtout des récidives de nature alcoolique. « Alcoolisme chronique ». Excès répétés de boisson. Excitation psychique, loquacité. Prédominance des troubles du caractère. Terreur du quar-

tier. Port d’un revolver et d’un coup de poing américain. Injures et insultes. Menaces de mort. A voulu frapper des enfants dans la rue, Dénégation et mensonge.

Transitivisme, on lui en veut on la menace. Tremblement digital et lingual. Pouls 74 (2 internements antérieurs). Arrive à l’Asile de Vaucluse le 8 août 1929, elle ne présentait plus que des signes physiques d’alcoolisme. Tremblement de la langue et des doigts, mais physiquement une hyperthymie, une volubilité, la causticité de son ironie, sa parfaite lucidité, était purement maniaque. Actuellement, elle est guérie. Honteuse de ses excès de boissons, elle essaie de les nier.

Au total cette malade présente deux affections, une psychose maniaque, dépressive, qui l’a conduite à l’internement et un éthylisme surajouté provoqué par sa |” affec-

tion.

4° Cas chronique (jalousie chronique).

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