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‘un kyste dermoïde de la région frontale gauche, pour lequel on avait posé le diagnostic de lipome.). ...« On est souvent embarrassé, dit M. Lannelongue, parce que le lipome sous-aponévrotique offre la plupart des caractères des kystes craniens et spécialement des kystes dermoïdes ; méme volume, même forme, même consistance à peu près. Si l’on ajoute que, d’une part, les lipomes sous-épicraniens sont souvent observés dans le jeune âge, comme les kystes dermoïdes, et que ces derniers se développent parfois rapidement comme les lipomes, on trouve là un ensemble de signes cliniques bien fait pour excuser les erreurs com-
mises »...… Voici, d'après Fano, les signes qui permettent de différencier ces deux catégories de tumeurs : « Le lipome est
une tumeur aplatie, le kyste dermoïde est sphéroïde ; le lipome donne la sensation d’une éponge, le kyste dermoiïide est rénitent, mollasse, élastique, rarement fluctuant ; le lipome est généralement de volume restreint, le kyste dermoide est plus gros. » Or, pour Chipault, le kyste dermoïde est plus petit que le lipome. Devons-nous dire aussi que le kyste dermoiïde frontal, que nous avons observé, avait une consistance rappelant la fluctuation. C’est dire qu'on ne peut assigner aucun caractère nettement différentiel à l’une de ces deux variétés de tumeurs.
Tout au plus pourrait-on dire que le kyste dermoïde se forme soit pendant la vie fœtale, soit dans la première année, tandis que, ainsi que nous l’avons fait remarquer, le lipome se produit plutôt chez des personnes âgées. De plus, le kyste dermoïde apparaît dans des régions déterminées, des régions pour ainsi dire de prédilection, si bien qu’une tumeur médiane, de la queue du sourcil ou de la région sus-orbitaire, devra d’abord éveiller l’idée de kyste dermoide. Le lipome, au contraire, apparaît n'importe où, sans aucune règle.
Rappelons ici le procédé de P. Broca, que nous avons déjà signalé, pour distinguer une tumeur solide d’une collec-
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Dee |. D OPEES tion liquide. Un autre artifice consiste à plonger dans la. tumeur une longue aiguille ; si celle-ci conserve sa mobilité, c'est qu’elle est enfoncée dans une collection liquide ; sinon, dans un lipome. Enfin, signalons en dernier. ressort la ponction exploratrice. Si parfois le praticien, trop hésitant, se décide à se servir d'un de ces deux derniers moyens, qu'il n'oublie pas d’écarter, avant, toute possibilité d’encéphalocèle. C’est dire que nous conseillons d’avoir recours le plus rarement possible à ces artifices.
D'ailleurs, dans la majorité des cas, le diagnostic de lipome du front peut se faire par la seule discussion méthodique, pourvu, nous ne craignons pas de le répéter, que le clinicien soit averti de son existence.
Et il ne faudrait pas oublier qu'un diagnostic erroné peut avoir l’excuse de certains cas fort spécieux : les membres de l'Académie de Médecine, à propos d’un lipome présenté par Lisfranc, comme ceux de la Société de Chirurgie, à propos d'une tumeur semblable présentée par Forget, diagnostiquèrent unanimement une collection liquide ! |
8° Pronostic.
Le pronostic de lipomes du front est extrêmement bénin. Nous avons pourtant dit, à propos de l'étude anatomo-pathologique, que l’évolution maligne, si elle n’a pas été signalée, peut être redoutée. C’est dire que nous conseillons d’une façon générale l’extirpation de la tumeur. À plus forte raison elle devient nécessaire lorsqu'il s’agit d'un développement très rapide, ou qu’elle peut corriger une difformité désagréable ou gênante. On devra pourtant s'abstenir et remettre à plus tard, chez les enfants en bas âge, à moins de conditions tout à fait spéciales, et surtout si le malade présente un mauvais état général.
4 Traitement.
Le traitement ne saurait être que chirurgical. Nous ne parlerons que pour mémoire des caustiques employés jadis. D'une manière générale, l'opération est des plus simples.
Par une incision verticale on arrive sur la tumeur, qu'on
énuclée facilement ; si le lipome est périostique, on l’isole . parfaitement jusqu'à son attache périostique qu'on sectionne. Chipauli conseille de compléter l'intervention par la rugination de l'os frontal sous-jacent.
La variété ostéopériostique peut rendre l’opération beau-
coup plus délicate. Dans certains cas, comme dans ceux
de Lannelongue et de Chipault (Obs. IX et XI), il faut attaquer la surface osseuse elle-même, et l’on pourra être amené, comme Chipault, à mettre complètement à nu la dure-mère sous-jacente, d’où aggravation évidente de l'opération.
La possibilité de telles complications doit être connue du chirurgien, pour qu'il puisse se prémunir d'avance pour parer à toute éventualité.
Les résultats sont presque toujours excellents, et, dans la plupart des cas que nous avons relatés, la réunion fut immédiate el la guérison survint très rapidement.