‹ Contribution a l'etude Des Luxations Compliquées de Fractures des Vertèbres Cervicales: Un Cas Heureux de RéductionChapitre 10 sur 11 · TO NE · texte numérisé non relu

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habilement et dans lequel le célèbre chirurgien avait introduit un dynamomètre destiné à permettre de graduer l'effort.

M. le docteur Ch. Aubert a, dans sa thèse inaugurale, montré comment, par un procédé semblable, son père, le docteur A. Aubert, chirurgien des hôpitaux de Mâcon, avait obtenu unheureux cas de réduction.

La méthode que nous avons employée est la méthode des tractions horizontales ; mais nous ne nous sommes pas servis de l'appareil de Sayre ; l'extension, comme nous l'avons dit, état pratiquée par des liens élastiques tendus par des poids dont la puissance variait. Le malade fut étendu sur un lit, une planche placée sous le matelas, dans une direction légèrement oblique de haut en bas. I ne fut pas anesthésié, l'état général ne le permettant pas. |

Le lien tracteur de l'extension continue venait s'insérer à l'extrémité supérieure d’un casque de tarlatane plâtrée qui emprisonnait la tête, le menton et ie cou.

La traction s’est done faite uniquement dans un Sens, sans aucun effort tendant soit à exagérer le mouvement de flexion en avant, soit à ramener la tête en arrière.

Comme M. le docteur Ch. Aubert, nous pensons que s'il est utile, pour réduire certaines luxations, d’exagérer le mouvement qui les a produites afin de dégager les extrémités articulaires de la position anormale où certaines causes anatomiques les retiennent, cette exagération nous semble éminemment dangereuse à la région cervicale; on risque de comprimer davantage la moelle, et cela d’une manière irremédiable si le corps vertébral luxé avançait encore un peu sur linférieur. « Mieux vaut donc tirer immédiatement suivant l'axe du rachis, ce qui restitue déjà au canal rachidien, sinon son valibre, au moins sa direction normale. »

En imclinant légèrement de haut en bas le corps du blessé

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nous avons pu placer presque dans là même direction l'axe de la colonne cervicale et celui du lien tracteur de l'extension.

Nous avons indiqué dans notre observation au chapitre Il que la réduction avait été presque complète et que, d'ailleurs, les troubles médullaires avaient complètement disparu.

Nous n'avons cependant pu percevoir, au moment de Ja réduction de la luxation, le bruit caractéristique signalé par les auteurs et que M. le docteur Aubert a si nettement entendu chez son blessé.

[l'est possible que cela tienne à la complication de la lésion que présentait notre malade : nous avons indiqué, en effet, qu'il était probable que la fracture double qui compliquait celte laxation siégeait au niveau des apophyses artieulaires et, de cette façon, le choc de la réduction n'avait plus sa raison d'être.

La réduction par tractions horizontales, extension et contreextension continues, est donc applicable à des luxations compliquées de fractures.

Malgaigne (1) a d’ailleurs obtenu des réductions pour fractures de la colonne vertébrale en plaçant son blessé sur un plan incliné à 45° et faisant l'extension par le simple poids du corps pendant qu'il soulève avec des coussins la région fracturée, faisant ainsi disparaitre l'angle du déplacement.

Gay (2) a aussi rapporté un cas de réduction par l'extension continue.

Tusan, Parise, Burrel, Langenbeck, Kuster (3) ont signalé aussi des cas heureux.

Les fractures des arcs et des lames en particulier, qui n’ont

(4) Malgaigne. — Traité des fractures et des luxations. (2) Gay. — The Lancet, 1876, 11 mars.

(3) Forgue et Reclus. — Traité de thérapeutique chirurgicale.

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