‹ Contribution a l'etude Des Luxations Compliquées de Fractures des Vertèbres Cervicales: Un Cas Heureux de RéductionChapitre 3 sur 11 · AR ON · texte numérisé non relu

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Tour à tour comballue et recommandée, l'intervention est aujourd'hui encore discutée et l'accord n'est pas fait sur ce point.

Hippocrate et Galien ne pouvaientse prononcer, puisqu'ils ignoraient les luxations de la colonne vertébrale.

Après le moyen-âge, on apprend que Avicenne conseillait de «refouler avec unpilon,les vertèbres du dos déplacées » et qu'Ambroise Paré était d'avis « d'appuyer avec des bâtonnets de chaque eôté de l’espine pour faire disparaitre la difformité. »

C’est Ambroise Paré qui disait aussi « s'enhardir s'il est possible et faire incision pour ôter les esquilles qui compriment moelle et nerfs. »

On sait enfin que Fabrice de Hilder ordonnait de « saisir et d'attirer, à l’aide de pinces, la vertèbre disloquée en sa place. » Puis, après cette époque, vient une longue suile d'années durant lesquelles tenter quoi que ce fût pour remédier à ces accidents eût été considéré comme une folie, presque un meurtre aggravé de préméditation.

Les travaux de Boyer et de Dupuytren, qui datent du commencement du siècle, avaient eu comme résultat de baser l'abstention sur des raisons scientifiques, et pourtant Desault n'avait-il pas dit à peu près à la même époque : « réduire les fractures quand elles s’accompagnent de déplacements marqués et de phénomènes médullaires graves » ?

C'est Devillars, le premier, qui timidement a conseillé d'employer pour les luxations des tractions horizontales, à l’aide de lacs fendus passés sous le menton, et derrière les oreilles, puis ramenés au-dessus de la tête.

Puis nous trouvons Malgaigne, qui, en 1847, préconise le procédé de tractions verticales, toutes les fois que les signes de luxations seront bien établis, Quelque temps après, Richet se range à la même opinion et donne lui-même une technique bien réglée de l'opération.

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On trouve une observation de Tusan, en 4844, où la réduction d'une fracture compliquée de luxation amena le retour immédiat de la sensibilité et du mouvement. Vrigonneau de Luynes obtient aussi un succès. Gay, en 1876, essaye de l’extension continue par des poids. Le malade guérit, mais, pourtant, avec quelques troubles paralytiques persistants. En 1879, un Allemand et un Américain, à peu près à la même époque, eurent l'idée d'appliquer l'appareil de suspension. cervico-axillaire de Sayres à la réduction des. fractures du rachis : « Quatre cas heureux sur quatre interventions. » Le succès vint démontrer que le moyen était efficace.

Il est bien entendu que cette suspension est ménagte, et Burrel, qui, plus tard, se servit de ce procédé, en usa avec beaucoup de prudence. Le danger n’en est pas moins grand, on l’avouera. Forgue et Reclus, qui rapportent ces faits, dans leur Traité de thérapeutique chirurgicale, les font suivre d'une observation fort judicieuse : « Dans les fractures portant surle segment cervical, écrivent-ils, personne n'osera suspendre le blessé par la tête. » Kuster a plus d'audace encore ; on lui amène un meunier de 18 ans, qui présente une fracture au niveau de la partie moyenne du cou et vieille de F8 mois; troubles vésicaux et rectaux, paralysie des quatre membres.

Kuster n'hésite pas : il refoule la gibbosité, fait céder Je cal, et fait suivre cette manœuvre d'une extension par un poids de 10 kilogr. ; il répète cette manœuvre deux fois. Trois mois après, le malade conservait une légère gibbosité ; mais 11 était guéri de sa paraphlégie.

La littérature chirurgicale de cette époque ne compte malheureusement pas que des succès et les malades d'Ingall, de Bolles, de Gavin, succombèrent plus ou moins longtemps après les tentatives de réduction. Plus récemment, M. le professeur Oliier, de Lyon, a pu obtenir la réduction d'une luxation du rachis au moyen de tractions horizontales en se ser-

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vant de l'appareil suspenseur de Sayres, qu'il avait modifié et dans lequel il avait heureusement introduit entre le crochet de bàton etles lacs tracteurs un dynamomètre permettant de graduer l'effort. M. le docteur Aubert, de Mâcon, a rapporté dans sa thèse, quelques cas heureux deréduction etsurtout une observation pebsonnelle très intéressante et décisive : c'est un cas de luxation de la cinquième ou sixième vertèbre cervicale, réduite avec l'appareil de Sayres el gucrie. Sieur a rapporté récemment le cas d’un jeune homme qui, ayant fait une chute sur la tête en tombant d’une certaine hauteur, s'était luxé unilatéralement la colonne cervicale.

On essaya la réduction ; mais le blessé mourut. A l'autopsie, on trouva une moelle lésée très profondément. = Chipault, à la même époque, a communiqué au VII Congrès français de chirurgie, le cas d’un blessé atteint de luxatiou de la quatrième vertèbre cervicale sur la 5°”, qu'il réduisit et dont il maintint la réduction par une ligature des 4° et 6° apophyses entre elles. Chipault cite en même temps le cas a'un malade chez lequel une esquille osseuse comprimait la moelle cervicale et détérminait une ms en de à il incisa, enleva l’esquille et la guérison suivit.

Péan rapporte un cas fort intéressant aussi de fractures comminutives de plusieurs vertèbres dorsales et qui lui donna une guérison. après l’ablation des esquilles nombreuses qui produisaient les accidents médullaires.

Nous avons vu qu'Ambroise Paré parlait déjà, à son époque, LR d'ôter les esquilles qui compriment moelle et nerfs ». Tour à tour combattue et restaurée, la méthode de la trépanation rachidienne, opéralion de Clyne, à ses indications, ear souvent la simple réduction peut ne pas suffire. On compte de nombreux cas heureux de trépanation rachidienne et d'ablaüon d’esquilles. Les cas anciens, eeux de Louis, par exemple, mis à part, nous avons, pour les lraumatismes de la région

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