CHAPITRE NH
OBSERVATION ( Personnelle)
Le®8 septembre 1894, dans la matinée, on apporte évanoui, à la salle de garde de l'Hôtel-Dieu, le nommé Vincent B.... portefaix, âgé de 40 ans. C'est un homme de taille moyenne et d'une complexion anatomique ordinaire qui vient de recevoir sur la nuque trois sacs de grains au moment où il s’apprètait à en charger un sur ses épaules. Le malheureux ouvrier fait un faux pas, il glisse et au moment de sa chute recoit, sur la région postérieure de la tête et du cou, ce lourd fardeau représentant un poids de plus de deux cents kilogs. On le relève : 1l a perdu connaissance, il est pâle, et d'une plaie qu'il s'est faite au cuir chevelu, coule une grande quantité de sang. On le transporte immédiatement à l'Hôtel-Dieu, où l'interne de garde l'admet d'urgence, salle Moulaud, lit 21. Après le pansement de la plaie de tête, nous examinons attentivement notre blessé, qui se trouve dans un état de prostration absolue. La tête est dans la flexion, mais n’est déviée ni à droite ni à gauche. Le cou présente en arrière, dans la région moyenne, une encoche qu'il est facile d'apprécier ; les apophysés épineuses ne présentent pas de mobilité et paraissent se correspondre en droite ligne.
A gauche surtout, au niveau des masses latérales de la
sixième verlèbre cervicale, on perçoit une crépitation très nette. À droite, nous ne parvenons pas à l’apercevoir aussi nettement. La respiration est petite, fréquente et prééque exclusivement diaphragmatique ; le pouls est ralenti, I y a plutôt de l'hypo-
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