‹ Contribution à l'étude des luxations du coude en avantChapitre 16 sur 17 · CHAPITRE JV · texte numérisé non relu

CHAPITRE JV

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SMPTOMES — DIAGNOSTIC — TRAITEMENT

I 5 4 lieu de distinguer entre deux variétés de luxa- Bon qui peuvent se présenter : la luxation complète en avant et ls luxation incomplète, Dans ls première, le fait qui frappe tout d'abord 4 l'inspection, c'est le raccourcissement du membre, En effet, le cubitus et le ra-

dius sont remontés le long de la face antérieure de 'hu-

mmérus; plus celte ascension des deux 0s de l'avant-bras sera accentués, plus le raccourcissement sera apparent.

Dans la luxafion incomplète, c’est Je phénomène inverse que l'on observe, il y à allongement, L'olécrane est en contact par sa pointe avec le point le plus infé-

sieur de la poulie trochléenne; l'allongement sera équi-

valent à la grandeur de la cavité sigmoïde, qui se trouve toute entière en avant.

Ce ne sont pas là, évidemment, des signes pathognomoniques de la luxalion en avant, puisque le raccour-

cssement peut se constater aussi dans les luxstions en

arriére et pour La méme raison.

L'attitude du membre, dans l'une et l'autre variété,

n'a rien de fixe; on a pu l'observer tantôt en exten-

Sn

sion, tantôt en demi-flexion, tantôt en flexion forcée. Les mouvements provoqués peuvent avoir une cerlaine amplitude et ne causeraient aucune douleur au malade, d'après Nélaton ?

L'inspection permet encore de reconnaître l’épaississement du membre dans le sens antéro-postérieur. Ce signe sera plus évident dans le deuxième degré ou luxaion complèle, car on à les deux épaisseurs surajoutées de deux os superposés : humérus et cubitus.

Dans le premier degré ou luxation incomplète, la palpation permet de reconnaître, en arrière, la vacuité de la fosse olécränienne. Les deux tubérosités humérales, épicondyle et épitrochlée, paraissent saillir davantage qu'à l'état normal. Cela tient sans doute à deux choses, d’une part, la tension des téguments en avant, et les dépressions profondes que laissent, d'autre part, en arrière ef aussi en dehors, les extrémités cubitale et radiale ayant perdu leurs contacts physiologiques.

En avant, on perçoit, au niveau du pli de coude, une saillie formée par un corps dur, inégal, présentant deux pointes et une cavité: c’est l'olécrâne; un peu en dehors et au-dessous se trouve la tête radiale.

Dans le deuxième degré, les signes différent peu. La palpation fait reconnaître, en arrière, l'extrémité inférieure de l’humérus avec ses inégalités ; la fosse olécrânienne, comme dans le cas précédent, est vide. En avant, l'olécrâne est reconnu au-dessus du pli du coude; plus bas et en dehors, on peut percevoir la tête du radius.

Nous signalerons, enfin, pour réparer une omission, dans la luxation incomplète, celle forme spéciale du

coude, caractérisée par un rétrécissement du membre au-dessous de l'extrémité humérale.

Si l’on ajoute à tous ces signes les renseignements que pourra donner le blessé sur les circonstances ayant entouré le traumatisme, en supposant qu'on ait la boune fortune de pratiquer l'examen peu de temps après l'accident, et que l’exploration du coude soit relativement aisée, on pourra porter le diagnostic de luxation du coude en avant.

Malgré cela, toutes les fois que la chose sera possible, il faudra demander à la radiographie de vérifier le diagnostic et bien souvent de le compléter, car, nous l'avons déjà fait remarquer et nous y insistons à dessein, il est aisé de méconnaitre une fracture concomitante. Or, si cette dernière particularité n’a pas une importance extrême au point de vue du traitement, nous la considérons comme capitale au point de vue pathogénique. |

L'anatomie pathologique de la lésion à été faite par Richet, le tout premier. Le blessé qui fait l'objet de son observation succomba à des Jésions internes et l’autopsie fut pratiquée.

« L'autopsie confirma le diagnostic et on put, de plus, étudier les dégâts portant sur les parties molles périarticulaires. Artère brachiale, veine et nerf médian peu déplacés ; faisceau de muscles épitrochléens intact dans sa partie superficielle, entièrement déchiré dans sa partie profonde ; ligament latéral interne ne tient plus à l’humérus et à l'apophyse coronoïde que par quelques fibres; la capsule articulaire est déchirée presque en totalité. » (Richet, Arch. Médirales, 1839).

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