INTRODUCTION
On sait combien la radiographie est devenue ces dernières années un puissant auxiliaire de la clinique. Elle fait plus que d'éclairer le praticien sur un diagrostic douteux, elle fixe par l'image, mieux que ne saurait Le faire la descriplion la plus minutieusement fouillée, la solution du problème posé par la clinique.
C’est surtout dans l'étude des lésions articulaires ou para-articulaires que l’on peut apprécier les avantages de la méthode, car le gonflement parfois énorme qui accompagne un traumatisme articulaire apporte un obstacle des plus sérieux aux investigations cliniques.
Nous ne pensons même nullement exagérer en prétendant que parfois le diagnostic est rendu impossible par cette complication. On conçoit, dès lors, que des “erreurs aient pu être commises même par des cliniciens avertis. Sans vouloir insinuer que les signes cliniques ont perdu de leur valeur depuis la radiographie, 1l est permis de dire, qu’à l'heure actuelle, on est devenu un peu sceptique pour admettre certains cas rares de luxations ou de fractures que n’accompagne pas ce contrôle rigoureux.
Nous possédons, grâce à l’extrôme obligeance de M. le professeur agrégé Patel, auquel nous devons l'idée
Er
de ce travail, la radiographie d’une lésion que nous crovons très rare, d'une luxation du coude en avant avec fracture de l’épitrochlée. Le blessé fut présenté à la Société des sciences médicales de Lyon le 25 mars 1908. L'observation a été publiée dans un article de M. Patel dans le Lyon Chirurgical du mois d'avril de cette année.
Nous verrons au cours de cette étude que, pris dans leur totalité, les cas de luxation du coude en avant sont une rareté clinique, puisque nous ne pourrons en retrouver que dix-sept cas el que, examinés d'un peu près et discutés, ils se réduisent à peine à trois ou quatre el encore ferons-nous à leur endroit quelques réserves.
Un coup d'œil d'histoire, jeté sur la question, nous fera connaître l'opinion des auteurs. Nous passerons ensuite en revue, en respectant autant que possible l'ordre chronologique, les différentes observations rencontrées au cours de notre historique et seulement signalées dans ce chapitre.
Nous {àcherons de les discuter, repoussant formellement les unes en tant que luxalions du coude en avant eten retenant un bien petit nombre. Nous exposerons les différentes théories pathogéniques invoquées pour expliquer la lésion et nous montrerons qu'il est impossible de rattacher à l’une quelconque de ces théories le mécanisme de la lésion dont nous apportons la preuve radiographique.
Avant d'aborder celle étude, qu'il nous soit permis d'adresser à M. le professeur Poncet ous nos remerciements pour le très grand honneur qu'il nous fait en acceptant la présidence de notre thèse.
M. le professeur Patel nous aida de ses conseils dans
He
la direction de ce modeste travail, nous recevant toujours avec la plus grande affabilité, nous l'en remercions vivement.
M. le D" Chanoz, chef du laboratoire d'électricité dans la clinique de M. le professeur Teissier, s’est mis très aimablement à notre disposition pour nous faire une très belle épreuve radiographique d’un coude normal, nous n'oublierons pas son extrême obligeance.
A tous nos maîtres des hôpitaux nous adressons un témoignage de gratitude pour l'enseignement que nous avons reçu d'eux au chevet des malades.
À tous nos excellents amis, déjà bien dispersés, nous renouvelons l'expression de notre sympathie.