‹ Contribution à l'étude des luxations du coude en avantChapitre 6 sur 17 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

REVUE CHRONOLOGIQUE DES CAS INTITULÉS LUXATION DU COUDE EN AVANT — DISCUSSION

Le premier en date semble être celui de Colson père, observé en 1818 et rapporté seulement en 1835 par son fils. Nélaton, dans son Traité de pathologie chirurgicale, ETF, p. 386, en parlant des luxations du coude en avant, dit n'en connaître que deux cas, l’un signalé par Colson, l’autre par Leva, d'Anvers {Annales de la Soc. de méd. de Gand, 1842). C'est sur ces deux faits qu'il base sa description ; mais il lui est impossible de donner avec certitude les caractères anatomiques de ces déplacements: « Tout porte à croire qu'ilexistait un délabrementconsidérable des parties molles ; le cubitus vient se placer au devant de la trochlée ; les muscles biceps et trachial antérieurs doivent être relachés, le biceps est tendu et réfléchi sur l'extrémité articulaire de lhumérus. » Comme on peut le voir, les termes mêmes de la phrase de Nélaton : «Tout porte à croire que... les muscles doivent être », n'indiquent pas une certitude de la part de l’auteur. Voilà donc deux observations qui n'ont qu'un intérêt historique, car elles nous font connaître seulement l'opinion d’un auteur sur la possibilité

RQ Eee d'une lésion niée par ses prédécesseurs, J.-L. Petit, Cooper, Vidal de Cassis, ete.

En 1839, Richet publie dans les Archives de médecine une observation qui mérite plutôt de figurer au chapitre des fractures qu'à celui des luxations. Après avoir fait l’'énumération des symplômes, Richet ajoute : «D'après ces lignes, il est impossible de méconnaitre une luxation de l'avant-bras en avant, compliquée de fracture du cubitus. »

[ya en fait fracture compliquée (car il existe une plaie de la largeur d’une pièce de cinq sous) de l’extrémilé supérieure du cubitus, avec déplacement en avant du fragment inférieur : on ne saurait calaloguer une pareille lésion : luxation en avant.

Le cas de James Prior, cité par Hamillon (Traité des lurutions, p.939) nous paraît devoir être rapproché de celui de Richet, ‘car il n’est guère plus {ypique en fait de-luxation. Il s’agit, en effet, d’un homme de 34 ans, qui «faisant manœuvrer un cric soulevant un poids considérable, là rupture de la chaîne fait dérouler le tour, et le manche vient frapper si violemment le coude à la partie postérieure que l’épiphyse humérale passe au {ravers des (éguments en arrière, en même temps que l’avant-bras est chassé en avant ». Il s'agit encore là d’une fracture compliquée et non d'une luxation.

Nous trouvons également dans Hamilton le cas de Guerre rapporté par Pingaud, où il existe une fracture de l’olécrâne : il suffira de citer l’auteur lui-même, «En arrière, on reconnaît en outre des saillies et enfoncements de l’épiphyse humérale, une portion osseuse mobile qui n’est autre que l'olécrane fracturé à sa base.

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En avant, on constate que les deux surfaces articulaires de lavant-bras correspondent à la partie antérieure et aplatie de l’humérus, tandis que la poulie de cet os est Libre en bas el en arrière et immédiatement placée sous la peau. Il y a done, en même temps que fracture de l’olécrâne, luxation de l'avant-bras en avant » (Hamilton, Traité des luxations, p. 935).

Enfin, il nous reste à citer deux cas de luxation en avant, compliqués de fracture : celur de Morel-Lavallée rapporté par Richet {Bulletin Société de chirurgie, 1858, &. IX, p. 110), où il y avait à la fois fracture de l'olécrâne et fracture de l’apophyse coronoïde, et celui de Caussin (Union médicale, 1864, &. XI, p. 475), où il v avait fracture des deux os de l’avant-bras.

Voilà donc une série de cinq cas (Richet, James Prior, Guerre, Morel-Lavallée, Caussin) qui ne prêtent à aucune discussion. On ne saurait dire qu'il y à véritablement luxation du coude en avant, pas plus qu'il n’y a luxation du pied en arrière dans les fractures bi malléollaires.

On lit dans Malgaigne (Traité des luxations, p. 626), à propos de l'observation d'Evers : «Je n'at pu me procurer l'ouvrage d'Evers, mais je lis dans A.-L. Richter que, bien qu'Evers ait annoncé une luxation du cubitus en avant, les détails de l'observation montrent que c'était l'humérus qui faisait saillie en avant, le cubitus étant conséquemment luxé en arrière. »

Nous avons trouvé dans le Dictionnaire de Jaccoud, t. IX, deux cas de luxation en avant et en dehors, qui se trouvent également dans Malgaigne. Bien que ne sachant rien de l'étiologie, c'est-à-dire des circonstances

qui ont accompagné et conditionné le traumatisme, nous avons quelque chose d'aussi précieux pour nous : cest le jugement de Malgaigne. Voici d'abord ce que nous avons trouvé de l'observation :

OBSERVATION I (VeLPEAU, rapporté par Jaccoun. Dictionnaire, t. IX.) La saillie olécrânienne était remplacée par une surface raboteuse, lerminée à droite et à gauche parles condyles de l'humérus. En avant, le radius était logé dans la fossette coronoïdienne et le

cubitus était placé en dehors de son jumeau, de sorte qu’on pourrait peut-être dire : luxation en avant et en dehors du cubitus.

Nous ne saurions mieux faire que de rapporter sans y rien ajouter l’appréciation de Malgaigne : « L'observalion de M. Velpeau à été rapportée dansle Bulletin de. thérapeutique, & XXXV, p. 128, mais avec des détails inexacls qui donneraient à penser que la luxation était en avantel en dedans (le rédacteur par une erreur inconciliable avec les symptômes annoncés, la désigne comme en avant elen dehors). M. Velpeau, que j'ai consulté, m'a déclaré positivement qu'elle était directement en avant. On comprend dès lors pourquoi je me suis abstenu dans le cours de cet article de faire usage de l'observation publiée. » j

OBSERVATION II (CHAPEL, rapporté par Jaccoun. Dictionnaire, & IX.) Si l'on suit avec le doigt le bord interne (>) du radius jusqu'à

sa tête, on observe que celui-ci fait une saillie prononcée sous la peau. À sa partie interne, on reconnait la grande cavité sigmoïde

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