‹ Contribution à l'étude des Luxations latérales externes du CoudeChapitre 4 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il est classique aujourd’hui, quand on fait une étude complète sur les luxations des deux os de l’avant-bras sur le bras, de les diviser en variétés communes ou variétés en arrière et en variétés exceptionnelles: qui comprennent les luxations en dedans et les luxations en dehors.

Dans notre modeste travail, nous envisagerons seulement ces dernières, c’est-à-dire les luxations latérales externes, qu’on subdivise en complètes ou incomplètes, suivant que le crochet cubital est venu en rapport avee l’épicondyle où est resté en contact avec le condyle, occupant la place normale de la cupule radiale.

L'observation I et les radiographies que nous en Le Lblions sont dues à l” obligeance de M. le professeur agrégé Lapeyre. Elles nous montrent uni cas assez net de ces Inxations latérales externes complètes avec arrachement de lépitrochlée. à Dans une première radiographie, nous voyous très nettement le déplacement latéral externe et la deuxième nous permet de constater que, selon la définition des luxa-

A «RS tions latérales: « l’apoghyse coronoïde reste en avant et le bec olécranien en arrière du plan vertical passant par l’épicondyle et l’épitrochlée ».

C’est à propos de cette observation que nous aborderons l’étude des luxations latérales externes et, après un rapide historique, nous envisagerons tour à tour leur pathogénie, Jeurs lésions anatomiques et leur étude clinique.

Au cours du diagnostic, nous tâcherons de mettre en relief le rôle prépondérant qu’y joue la présence si fréquente du fragment épitrochléen.

, Le traitement nous retiendra un peu plus longtemps; nous lui réserverons une large place et nous tâcherons de l’envisager sous toutes ses formes.

Enfin, avant de conclure, nous avons cru devoir reproduire ici, à titre de documents, deux observations relativement récentes que nous avions rencontrées au cours de nos recherches bibliographiques.

re HISTORIQUE

Les cas de luxation du coude en dehors sont assez rares. Assez mal étudiées autrefois, ces luxations font l’objet de travaux de Delpech, Maigaigne, Nélaton, Debruyn. Mais c’est surtout le professeur P. Denucé qui, le premier, les

a bien décrites. D’abord, dans d'eux mémoires publiés en

1851 et 1853, et plus tard dans un article du Dictionnaire de Jaccoud. Dans ce dernier. article, Denucé totalise: à treize le nombre des observations connues. Foinsot; dans son Traité des fractures et des luxations, compte vingtquatre observations publiées. Duplay et Reclus, dans leur Traité de chirurgie, les classent parmi les luxations ( exceptionnelles », dénomination que lui a conservé M. le professeur Jeanbrau dans son récent Précis de pathologie chirurgicale. | Depuis, le nombre des cas observés s’est augmenté dans de faïbles proportions. A signaler les cas publiés par Aubicé, Ratisbonne, Lejars, par Buthaud dans sa remarqua-

“ble thèse de Paris sur les luxations du coude primitive-

ment irréductibles (1896-1897). En 1903, Launay en publia un cas à la Société de chirurgie de Paris. Cahier, dans son livre de lésions traumatiques des artieulations (Traité de chirurgie Le Dentu et Delbet, dernière édition, 1908), considère les luxations du coude en dehors comme aussi rares que les luxations en avant. Aussi, au cours de ces derniè-

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res années, les publications sont plutôt rares. Signalons: le cas d’une luxation ancienne dn coude en dehors que M. le professeur Gilis a recueilli sur un cadavre en 1908; le cas qu’un an plus tard Mouchet publia à la Société d’anatomie de Paris (1909) et qui s’accompagna après réduction de paralysie cubitale; l’observation du docteur Codet-Boisse, que nous trouvons dans le Journal de médecine de Bordeaux (1910) ; l'observation de Gaudier et Swynghdauw, publiée par l’Æcho médical du Nord (1911), et nous en arrivons au rapport qu'Ombrédanné fit à la Société de chirurgie de Paris en 1944, à propos de l’observation que Dehelly présentait sur un cas de luxation du coude en dehors, avec arrachement de l’épitrochlée qui s’interposait entre les surfaces articulaires et empêchait la réduction. “

Vint ensuite la guerre, qui passa sans nous apporter de nouvelles publications. Depuis, quatre cas ont été publiés, à notre connaissance: deux à Bordeaux et deux à Nancy, par Guillemin et Mathieu.

Aujourd’hui, nous en publions un cas qui fut observé par M. le professeur agrégé Lapeyre en 1921, dans le service de M. Tédenat. Il nous a paru intéressant d’er reproduire les trois radiographies que M. Lapeyre a bien vouiu mettre à notre disposition, pensant selon le mot célèbre de Napoléon, que ces clichés en diraient beaucoup plus long que la meilleure des descriptions.

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