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OBSERVATION I LUXATION LATÉRALE EXTERNE COMPLÈTE DU COUDE

Vue de profil qui nous donne le déplacement antéro-postérieure Le fragment épitrochleen se voit au dessus de la capsule radiale

OBSERVATION I LUXATION LATÉRALE EXTERNE COMPLÈTE DU COUDE RÉDUITE Le fragment épitrochleen est resté loin de sa surface d'insertion

/ | e OBSERVATION I . (Due à l'obligeance de M. le professeur-agrégé Lapeyre) Luxation latérale externe du coude et fracture de l'épitrochée, — Réduction

Sous-anesthésie générale et ablation du fragment épitrochléen, dix jours après. Suites opératoires excellentes, résultat fonctionnel {rés satisfaisant.

C. B.., d’Aniane, âgé de 22 ans, entre le 30 mai 1921, salle Bouisson, n° 12. : £

Le 29 mai à 17 heures, le malade étant à bicyclette et marchant à vive allure, fait une chute. Il tombe dans un fossé en mettant le bras gauche en avant pour se protéger

et se recoit sur la paume de la main et l’avant-bras. Il . ressent, une vive douleur au niveau du coude, sans craquement, le coude porte alors sur le sol et il roule dans le fossé. |

Le blessé se relève aussitôt et constate que son bras ballotte dans tous les sens, maïs il ne peut le plier: l’impotence fonctionnelle est très acensée.

; Au début il n’y à pas de gonflement.

Le 29 mai à 20 heures il voit un médecin qui diagnostique une luxation du coude et essaie sans succès de la réduire. £ | >

Le lendemain 30 mai, le blessé se présente à nous le bras en écharpe, immobilisé en flexion à 60°. Le gonfle ment du coude et de l’avant-bras est très considérable, mais ce qui frappe pourtant, c’est l'élargissement du ciamètre transversal du coude.

Une large ecchymose occupe la face antérieure et sur-

tout interne du coude. L’avant-bras est en pronation.

M RGpyS

La palpation révèle l’existence d’une luxation latérale externe complète, les os de i’avant-bras sont sur le bord externe de l’extrémité humérale, et on sent très bien ro ler la tête radiale en avant et en dehors. En dedans on sent au milieu des tissus inflltrés qui coiffent l'extrémité inférieure de l’humérus une saillie douloureuse qui est prise pour l’épitrochlée mais qui paraît pourtant plus aiguë qu’elle. Les mouvements de latéralité de l’avantbras sont particulièrement amples. Le blessé est envoyé à la radio et, dès son retour, anesthésié à l’éther goutte à goutte, La réduction s'obtient facilement. Un aide maintenant solidement le bras, l’avant-bras fléchi est mis en supination, des pressions sont exercées sur l’olécrane par le pouce de la main droite, de manière à repousser en bas et en dedans cette saillie et par conséquent l’avant-bras. Les os repreñnent assez vite leur contact normal.

Immobilisation de l’avant-bras fléchi et en demi- -pronation, par une écharpe de Mayor. à

Une radiographie de contrôle montre que la luxation est très bien réduite mais révèle l’existence d’une fracture de l’épitrochlée, Le fragment épitrochléen ayant subt un déplacenient assez important, les tentatives de réduction et de contention de cette fracture nous paraissent devoir être vouées à l’insuccès. Aussi, décidons-nous l’ablation de ce fragment osseux qui, s’il était le point de départ de productions ostéophvtiques, deviendrait une menace sérieuse pour le nerf cubital. Elle est pratiquée le 9 juin par une petite incision interne. Les suites cpératoires sont excellentes et le blessé sort le 20 juin de l’h6pital ayant déjà un résultat fonctionnel satisfaisant.

Nous avons recu dernièrement de ses nouvelles. Il ne souffre pas et se sert de son bras gauche comme de l’autre. Il présente seulement une très légère limitation de l’extension.

PAR

NV RE TEE

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ETIOLOGIE ET MECANISME

Les luxations latérales externes ne se rencontrent guère chez les tout jeunes enfants, où l’on voit plutôt des décollements épiphysaires. C’est l’adolescence et l’âge adulte

qui en fournissent le gros contingent. La proportion est

sensiblement la même pour les deux sexes. L’hérédité ne semble y jouer aucun rôle et nous n’avons trouvé aucune

- publication de luxation congénitale des deux os de l’avantbras en dehors. Le cas de luxation bilatérale en arrière et

en dehors publié par Voisin et Macé de Lepinay en 1907 n’intéressait que le radius. N ous ne croyons pas non plus qu'il y ait de luxations latérales externes paralytiques ; les auteurs ne le mentionnent pas, et dans les cas de Delaunay, de Le Dentu seul le radius était luxé en! dehors.

Ces luxations sont donc d’origine traumatique, produites par un choc, une chute ou une inflexion brusque, choc violent portant sur la partie supéro-interne de l’avantbras. C’est ainsi que, dans une observation de Broca, le bras droit avait été frappé par un arbre de transmission. Mais le plus souvent c’est à la suite d’une chute sur le coude, comme le notent la plupart des observations, et dans une, Launay dit très nettement: ( En tombant, le coude du malade avait porté violemment sur une pierre. »

Citons encore la chute sur la paume de la main, le bras

étendu, comme c’est le cas de notre observation I. Enfin,

avons-nous dit: l’inflexion brusque de l’avant-bras en dehors, telle «& cette vigourense campagnarde qui tenait de la main droite, une vache à la corde; cette corde était enroulée autour du poignet et autour de l’avart-bras, en Îlexion sur le bras, lorsque l’animal fit un brusque écart. Ce mouvement de latéralité eut pour effet immédiat la production d’un craquement au niveau du coude, accompagné d’une très violente douleur et d’une déformation caractéristique du coude en one » (observation de Guillemin).

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