‹ Contribution à l'étude des maladies simulées chez les enfantsChapitre 12 sur 47 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Les maladies simulées par les enfants ne sont guère moins variées que celles qu’on observe chez - l'adulte. Evidemment le caractère essentiellement .imitatif de l'enfant le porte surtout à simuler les affections nerveuses ; et, parmi celles-ci, les accès épileptiformes, les mouvements choréiques, sont son triomphe peut-on dire. Néanmoins on trouve de ci, de là, dans la littérature, des cas qui sortent du cadre habituel ; quelques faits, même, présentent un vif intérêt et montrent jusqu’à quel point l'imagination, l'astuce et la ténacité sont dévelop-

- pées chez certains enfants. à Nous avons classé les maladies simulées, appareil par appareil. Sans chercher à être complet et

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à rapporter le plus grand nombre possible d’observations, ce qui aurait allongé démesurément notre travail, nous nous sommes surtout attachés à citer celles qui nous ont paru les plus intéressantes et les plus typiques, celles qui peuvent servir, en quelque sorte, de schéma à toutes les autres.

Nous avons suivi l’ordre suivant :

Appareil digestif ; — cireulatoire ; - respiratoire ; Organes génito-urinaires ; Système nerveux ; Organes des sens ; . Peau.

$ 4er. — Appareil digestif

Anorexie. — On trouve de fréquents exemples d’anorexie. En voici un cas :

OBSERVATION II Anorexie chez une fillette de on£e ans,

(Dr Leidesdorff de Vienne ; résumée et citée par Moreau de Tours, Ann, medico-psychol, 1905.)

Une petite fille de onze ans, frèle, anémique, d’une intelligence normale, présentait par accès plus ou moins éloignés les phénomènes suivants: la scène s'ouvrait par une toux sèche, incessante, la voix se Voilait, l’enfant mettait un grand choix dans ses aliments, et finissait par ne plus manger. Elle avait maigri jusqu'à prendre un aspect squelettique:

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Si on lui présentait de la soupe, elle déclarait ne pouvoir en supporter plus de trois cuillerées, et lorsqu'on lui en faisait prendre une quatrième, elle se mettait aussitôt à vomir Je tout. Elle se plaignait ensuite de violents maux de tête et demandait qu'on lui appliquât sur lé front, pour lui procurer du soulagement, un morceau de pain bien trempé dans du vinaigre; naturellement c'était pour manger en secret une partie de ce pain. Quand on servait le repas de la garde-malade, si celle-ci venait à s'éloigner un instant, l'enfant tonchait aussitôt aux aliments servis, pour en manger une petite partie. Elle poussait la simulation jusqu’à inspecter ses gardes-robes pour enlever avec les doigts les restes d'aliments qui eussent pu la trahir. La sensibilité, soit dit en passant, était fortement émoussée aux membres supérieurs. Au bout de six mois elle était guérie.

Nous rapportons un autre cas d’anorexie simulée à propos du pronostic de la simulation (Chap. IV).

Vumissements. — Les cas de vomissements simulés ne sont pas rares. Le plus souvent ce sont des vomissements alimentaires. L'enfant conserve dans sa bouche une certaine quantité d'aliments et feint de les vomir après le repas. C'est là Le procédé ordidaire, celui que l’on trouve dans lobservation sui-

vante :

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