‹ Contribution à l'étude des maladies simulées chez les enfantsChapitre 16 sur 47 · DE O1 RES · texte numérisé non relu

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fille de 12 ans qui cherchait à se soustraire par cette supercherie à des travaux pénibles. Elle a été observée par le docteur Eross.

OBSERVATION VII Hoquet. — Fille de douze uns.

(Erëôss, loc. cit. - Dufestel. Th.)

M. G..., fille de 12 ans, nous est présentée le 7 mars 1883. Le tableau de l'affection est extérieurement celui d’un spasme phrénique. Le diaphragme et les muscles droits de l’abdomen se contractent spasmodiquement et rapidement à de courts intervalles. Tout le haut du corps en est secoué. Chaque con- 8 traction est accompagnée d’un fort bruit de soupir. Le spasme est bien imité, mais il s'arrête chaque fois que la malade parle. Ces phénomènes durent depuis trois jours et diminuent la nuit. Elle a été traitée chez elle par différents moyens. Mis en défiance par les cas- précédemment observés nous pensons de suite à la simulation. Pour en être sûr, nous admettons l’enfant à l'hôpital et nous installons près de son lit une surveillante qui a l'habitude de ces cas. Elle prie l’enfant d’arrêter ces secousses qui la fatisguent. À partir de ce moment elle reste sage. Quelques heures après nous allons la voir et nous la prions de cesser complètement son hoquet. Nos paroles ont le résultat prévu, l’enfant est sage toute la journée. Ce succès confirme nos soupçons. Elle nous avoue d’abord qu’elle peut arrêter ses crampes, puis elle convient qu’elle peut les produire à volonté. Après quelques hésitations, elle nous raconte confidentiellement qu’elle a vu une petite amie qui souffrait d’un hoquet violent et qui eu serait morte. Elle s’est décidée à imiter ce qu'elle avait vu pour se dérober aux rudes travaux (balayer, laver, etc.) auxquels l’astreignait sa belle-mère.

Aboiement. — Voici un cas d’aboiement par un Jeune garçon de treize ans. Comme il a des antécédents nerveux très chargés, il y a lieu de se de-

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mander, jusqu’à quel point, sa simulation était volontaire. Cette observation est due à M. Dufestel.

OBSERVATION IX ! Aboiement. — Garçon de treize ans.

(Dufestel, loc. cit.)

A. Charles, âgé de 13 ans, entré le 5 novembre 1887 à l'hôpital des Enfants-Malades, salle Saint-Jean, n° 8, service de M. Labric.

Le père est bien portant ; la mère, qui est morte de tuberculose pulmonaire était, d’après les renseignements, très nettement hystérique ; une sœur morte à 5 ans d’une entérite tuberculeuse était très délicate et d’un nervosisme excessif.

En mai dernier (1887, l'enfant, qui avait toujours été bien portant jusqu'alors, contracta une fièvre typhoïde à forme adynamique avec délire intense. Ce serait pendant ce délire qu’il aurait pris l’habitude d’aboyer, habitude qui, à cette époque et même jusque vers la fin de la convalescence, était continuelle. Les parents essayèrent de tous les moyens pour faire cesser cet aboïiement, rien n’y fit ; cependant à la suite d’un séjour à la campagne en août la fréquence en devint beaucoup moindre.

A son entrée à l’hôpital, on constate que de temps à autre, tous les quarts d'heure environ, à l'expiration, il se produit au niveau de la glotte un son rauque prolongé, une sorte de grognement sourd. Ce grognement, toujours le même, se produit au dire de la surveillante, une quarantaine de fois dans la : journée, mais à des intervalles éloignés. Lorsque l’enfant joue, lorsque son attention est vivement excitée, ou pendant son sommeil, le bruit cesse, mais chaque fois, par contre, qu’on le questionne sur sa maladie, son cri devient plus fréquent.

L’inspection de la gorge ne présente rien de particulier ; l'enfant quoique délicat, a bon appétit et est bien portant.

M. Labric porte le diagnostic d’aboiement simulé chez un hystérique, et le traite en conséquence. Il le prévient que pour le guérir il lui fera appliquer au-devant du cou un vésicatoire

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et que Si, par impossible, le vésicatoire ne le guérissait pas, il lui brûlerait la gorge au fer rouge.

Après lui avoir renouvelé cet avertissement à deux visites, il fait appliquer le vésicatoire. |

L'effet ne se fait pas attendre : le lendemain, durant toute la journée, la surveillante ne comptait plus que quelques aboiements et dès le troisième jour, l’aboiement disparaissait complètement pour ne plus revenir.

Aphonie elmutisme.- L'aphonieetle mutisme sont deux affections dont on retrouve d'assez nombreux cas de simulation. Cela paraît surprenant lorsqu'on songe combien, en général, les enfants sont bavards, et aiment à causer et à crier. Nous en rapportons deux observations. La première est un cas d’aphonie simulée par un enfant de 12 ans. Elle est du docteur Moure. La seconde est celle d’une fillette de 8 ans, qui pendant cinq mois garda un mutisme obstiné. On la doit au D' Malmsten.

- OBSERVATION X Aphonnie. — Garçon de doute ans.

(Dr Moure, Sur un cas d'aphonie simulée. Rev. mens. de laryngo: logie et diotologie 1886. t. V, p. 3#1.=— Dufestel, loc. cit.)

Il s’agit d’un jeune homme âgé de 12 ans, séminariste, qui me fut envoyé, vers le mois de décembre dernier pour une aphonie absolue, survenue à la suite d’une rougeole dont la marche avait été absolument régulière. Le malade, d’abord enroué, était à la fin de sa fièvre éruptive devenu tout à fait aphone et se plaignait même de douleurs à la déglutition. Lorsqu’il se présenta à moi, il était parfaitement visible que le malade exagérait son mal qu'elle que püt en être la cause. La phonation avait presque l'air d’être douloureuse et cependant la respiration s’effectuait d’une manière normale.

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Au mounent de l'examen du pharynx, le malade se contractait et lorsque je lui recommandai de prononcer la voyelle A pour me montrer le fond de sa gorge, pendant que j’abaissais la langue sur le plancher de la bouche, il était bien évident qu’il faisait des efforts plutôt pour retenir sa voix que pour la rendre sonore.

Je pratiquai alors l'examen de l’organe et malgré les essais du malade pour ne pas laisser voir son larynx, je parvins à apercevoir les cordes vocales, nacrées, d'aspect normal, venant se mettre absolument en contact pendant les efforts que faisait l'enfant pour empêcher le son de sortir. Songeant alors à la simulation, je demandai au prêtre qui accompagnait l'enfant, si ce dernier avait quelque raison pour simuler une

‘aphonie. Pappris alors qu'il s'ennuyait au séminaire mais que

* jamais on n'avait eu autrement à se plaindre de lui. Convaincn dès lors que j'avais affaire à un simulateur je priai le “prêtre de sermonner vertement le jeune homme, et je le me- -naçai moi-même de l’endormir s’il persistait à simuler, l’avertissant que j'avais à ma disposition un moyen absolument infaillible pour le faire parler.

(est alors que, pendant une nouvelle application du miroir, il prononça à haute et intelligible voix la lettre E et qu’ü conti-, aua ensuite à parler.

OBSERVATION XI Mutisme. — Fille de huit ans.

(Malmsten ; in Ann. d’hyg. 1830. 3e K, t. DS Dufestel, loc, cit.)

Pendant l’automhe de l’année 1847, je fus consulté par Mme Z... pour savoir s’il n'y aurait pas moyen de guérir une petite fille de huit ans devenue muette à la suite d’une rougeole contractée vers l’époque de la Pentecôte. À part cela sa santé ne laissait rien à désirer. Ayant appris par Mme Z... que cette enfant n'avait ni paralysie ni aucun autre accident, le cas me parut remarquable et je promis, si l’on voulait m’amener cette petite fille, de la recevoir à l'hôpital Séraphin, Elle y entra le 30 octobre. Voici les renseignements fournis par sa mère. Elle s'appelait Sara Katarina Nottsdætter, d’un village-des environs

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de Stockholm. Au moment de la Pentecôte, elle eut une rougeole qui était déjà en voie de guérison, lorsqu'un matin elle fut prise de convulsions; ou comme le dit la mère, d’une attaque, à la suite de laquelle elle perdit la parole; elle eut en même temps une faiblesse d’une jambe qui disparut en quelques jours. ; Au début, elle fit plusieurs tentatives pour parler, mais bien- : tôt elle devint complètement muette. Depuis cinq mois, elle n’a pas dit un mot, à part cela, elle va très bien. La mère est une forte et vigoureuse paysanne, profondément attristée du mutisme de son enfant; elle consent à la laisser dans l'espoir qu'on pourrait lui rendre la parole, soit par des médicaments, soit par une opération. Le 31 octobre, elle retourne chez elle; l'enfant semble triste mais ne prononce ni un mot, ni un son. / Toutes ses compagnes la plaignent et compatissent à son malheur. Je l’examine pour la première fois dans l'après-midi; elle a une mine fütée, très vive et semble en parfaite santé, Elle voit, entend, et comprend parfaitement ; les mouvements . de la langue sont réguliers. Je résolus de faire le lendemain une recherche plus soigneuse encore pour m’assurer si, en réalité, elle ne pouvait pas émettre un son. Le cas me semblait d'autant plus surprenant que les mouvements de la langue et des extrémités étaient absolument libres. S'il y avait eu simplenent ce qu'on appelle de la glossoplégie d’articulation, elle eût pa émettre des sons, et il n'y eût point eù une aphonie complète. Comme la mulité s'était développée à la suite de phénomènes convulsifs que la mère appelait une attaque, il y avait des raisons de soupçônner qu’elle était d’origine centrale; dans ce cas, l’absence de tout autre symptôme était réellement extraordinaire. Par suite de ce raisonnement, de la physionomie rusée de l’enfant, j'en vins à songer à la simulation. Tou d’abord je me reprochai à moi-mème ce soupçon. Il s'agissait, en effet, d’une petite fille de huit ans, qui, depuis cinq mois, n'avait pas dit un mot. Le 1er novembre, je fis une nouvelle tentative pour l’amener à prononcer les voyelles ; elle réussit, après beaucoup d'exercice, à dire a, e. Mais ce fut tout. Impossible de rien obtenir pour les autres.Mes soupçons prirent plus de consistance. Le 2 novemibre, toutes les voyelles furent prononcées. Je lui dis alors qu’il y-avait un mot que tout le monde,

même les sourds-muets, pouvait articuler ; je l’engageai à le répéter après moi: elle m’écouta attentivement. Alors je prononçai très haut en lui touchant la poitrine du bout du doigt : Opp; elle tomba dans le piège, et le dit aussitôt. Ma conviction était faite. Je lui fis entendre que je connaissais un médicament qui la guérirait à coup sûr et je lui fis prendre le lendemain un purgatif. Il agit énergiquement, et dans après-midi, elle commença à parler en indiquant à Ceux qui l’entouraient ce que le remède avait produit sur son cou et comment il avait enlevé la maladie.

Le 3 novembre, elle parlait parfaitement. Je demandai à ses voisines ce qu’elles en pensaient; s’il ne leur semblait pas qu’il y eût fraude; toutes le nièrent et protestèrent qu'après avoir vu l'enfant les jours précédents et avoir été témoins de l'effet de la poudre, elles étaient convaincues que c'était elle qui avait amené la guérison. Je fis semblant de partager leur opinion. Les jours suivants, l’enfant fut allègre, gaie et pétulante.

Le 6 novembre, je vis Mme 7... et je lui portai l’heureuse nouvelle de la guérison, mais j’ajoutai qu’il y avait eu simulation. Je ne réussis qu'avec beaucoup de peine à le lui faire admettre. Je la forçai alors de faire venir la petite fille chez elle le lendemain, sans-lui dire qu’elle m'avait vu, et de la recevoir affectueusement. Je lui promis d'arriver dans l’aprèsmidi et de dénoncer la tromperie en présence de l’enfant. Les choses se passèrent comme elles avaient été arrêtées. Après beaucoup d’exhortations, d’encouragements et de remontrances, nous obtinmes des aveux complets. Je demandai à la fillette si, pendant son long mutisme, elle ne parlait pas lorsqu'elle était seule. « J’allais dans les bois, répondit-elle, et je chantais des chansons pour moi. » Elle nous expliqua dans quel but elle avait simulé, parce qu’elle avait remarqué que son père était moins sévère pour elle; parce que les pcrsonnes de la maison lui donnaient des sous et des bonbons quand elle ouvrait la bouche, croyant que cela lui était difficile ; en dernier lieu, lorsqu'il avait été question de l’hôpital Séraphin, elle avait voulu venir à Stockholm et voir la ville.

Cette enfant de huit ans n’avait pas cessé un instant depuis cinq mois de jouer le rôle muet qu’elle s'était imposé. Il ya

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trois ans, ajoute Malmsten, passant par le village, j'appris que la personne en question était mariée, était excellente femme et excellente mère,

$ 4° Organes genito-urinaires

Il n’y a guère que les calculs urinaires et l’'incontinence d'urine qui aient été simulés par les en-! fants.

Calculs urinaires. — lin voici deux observations: l’une à trait à un jeune garçon de 11 ans. Pour faire croire qu'il est atteint de la gravelle, il s’'introduit des petits morceaux de mortier dans le méat urinaire, et les fait tomber ensuite avec le jet d'urine; elle est due à Aug. Nélaton. L'autre observation,

tout à fait analogue, rapporte le cas d'une fillette de

dix à onze ans qui s’emplissait le vagin de petits oraviers qu’elle faisait tomber ensuite dans le vase. Ce fait a été observé par M. Hardy et M. Siredevy en a fait communication à la Société médicale des Hôpitaux de Paris dans la séance du 16 nov. 1906.

OBSERVATION XII Calculs urinaires. — Garçon de onze ans.

(Nelaton (Aug.) Simulation de calculs urinaires chez un garçon de 41 ans. Gaz. des Hôpit. 1860, p. 30. —— Dufestel, loc. cit.)

Enfant de 14 à 12 ans, présentant toutes les apparences d’une bonne constitution et d’une bonne santé, enjoué, alerte, comme on l’est ordinairement à cet âge. J’examine ce jeune homme: il n’a pas eu de fièvre, la peau est bonne ; je l’interroge : il accuse

des douleurs extraordinaires assez vagues. Ne voyant aucun signe bien marqué d’une affection quelconque, je dis à la mère de faire voir son enfant à son médecin ordinaire, qui, Connaissant mieux sa constitution, sera peut-être plus apte à découvrir la nature des douleurs qu’il accuse.

Ce médecin, homme très capable et très éclairé, voit le petimalade, accepte son dire, et là-dessus établit plusieurs traitements qui n’amènent aucune améloration. Ce sont toujours les

mêmes phénomènes bizarres, des douleurs vagues se montrant tantôt dans un point, tantôt dans un autre, mais aucun de ces points n'offre ni gonflement, ni Chaleur, ni rougeur.

Le médecin soupçonna alors une diathèse arthralgique goutteuse et fit l’analyse de l'urine de l'enfant. 11 dit que le liquide avait une densité considérable et il-y trouva une quantité inusitée d’acide urique ; il crut alors à une diathèse urique et constitua un traitement en conséquence. |

À dater de ce moment, l’enfant commença à rendre des. morceaux de mortier, de pierre à bâtir ou bien du sable de rivière ; en un mot, il n'y a rien là qui ressemble, même de loin, à des calculs urinaires. ”

La dissimulation à été par ce jeune garçon poussée à un. point curieux ; de temps à autre, il s’introduisait un de ces fragments de pierre dans le méat urinaire et il appelait sa mère pour qu’eile les vit tomber avec le jet d'urine.

OBSERVATION XII Calculs urinaires. — Fille de onze ans.

(Hardy. — Communiqué par M. Siredey à la société médie. des Hôpi-. pitaux dans la séance du 16 nov. 1906.)

Une dame vint un jour le consulter pour sa. fillètte âgée de dix à onze ans, qui, disait-elle, était atteinte de « la‘pierre »: A chaque instant l'enfant rendait des pierres en urinant, et la mère avait entendu plusieurs fois le bruit de cailloux tombant dans le vase quand l'enfant urinait. L’abondanée des pierres rendues, l’absence de toute douleur, de tout trouble rénal ou vésical avait d'emblée rassuré M: Hardy, élinicie: très expérimenté. Il demanda à pratiquer un examen local que la pudeur

de la fillette ne permit pas d'accepter. Il manifesta au moins le désir de voir le corps du délit. Quelques jours plus tard on lui apporta de l'urine renfermant plusieurs pierres qui avaient été rendues en présence de la mère. Il s'agissait bien manifestement de sable de jardin, mais tous les efforts de M. Hardy pour convaincre la mère furent inutiles.

Les expulsions de pierre se renouvelant indéfiniment, il fut appelé auprès de l’enfant qui consentit à se laisser examiner. M. Hardy trouva le vagin rempli de petits calculs que la fillette y emmagasinait et dont elle s’approvisionnait d’ailleurs facilement dans les allées du jardin entourant la maison qu’elle habitait.

Incontinence d'urine. — L’'incontinence d’urine est surtout simulée par des enfants, qui, ontété atteints à un moment donné d’incontinence vraie. Une fois guéris, ils continuent à uriner au lit, par paresse, pour ne pas se relever. Ils savent que leurs parents

| attribueront cet accident à leur ancienne maladie, et qu'ils ne seront pas autrement inquiélés.

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