‹ Contribution à l'étude des maladies simulées chez les enfantsChapitre 21 sur 47 · PEN > RE · texte numérisé non relu

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globes oculaires sont très mobiles et ont la même tendance à - Se Cacher sous la paupière supérieure, la pupille semble légè-rement dilatée, mais dans les limites physiologiques ; il paraît exister de la photophobie. L'approche d’une lumière produit une exagération de tous les phénomènes : trismus, raideur de la nuque, contractures généralisées ; les excitations périphériques déterminent des convulsions cloniques des membres ‘ supérieurs et du tronc ; rien du cûté des membres inférieurs. Le facies est excellent quoiqu'un peu animé. P. à 80°, T. 38,4. L'état général ne paraît pas avoir souffert de cette période convulsive ininterrompue depuis environ six semaines. En supposant la possibilité d’une affection vermineuse et par acquit de conscience, on prescrivit une dose de santonine et un purgatif ; impossible de vaincre le trismus et de faire avaler une gorgée au malade. Alors, sur la simple menace faite à haute voix, de procéder à l’extraction d’une canine pour per-

mettre l’ingestion des liquides, tout à coup le jeune malade se dresse sur son séant, affirmant quil boira bien tout. seul ; tous les symptômes cérébraux et spinaux s’évanouissent comme par enchantement et le malade s'endort profondément quelques instants après. Depuis lors, la guérison ne s’est pas démentie.

M. Gentilhomme pense que le motif était le suivant : l’Administration permet, dans certains cas de maladies ou de blessures contractées en service commandé de se faire traiter à domicile avec solde intégrale. Le jeune mousse avait pour voisin un ouvrier dans ces conditions, sujet a des attaques épileptiformes, survenues à la suite d’une plaie contuse de la tête. Le jeune V. A..., frappé des avantages matériels de solde et de loisirs qu'avaient procurés à son voisin de simples contusions à la tête, avait voulu exploiter une très légère lésion analogue pour se procurer la même vie de farniente aux frais

de l'Etat,

Tics. -- Nous avons signalé, à propos de l'étiologie, la grande contagiosité des tics ; mais parfois, c'est volontairement, que les enfants les simulent,.

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Témoin l'observation suivante bien connue, et due au professeur Charcot.

OBSERVATION XVIIT Tic non douloureux de la face. — Fille de quinze ans.

(Charcot : Lecons sur les mal. du syst. nerv. t. III, p. 46.— Dufestel, loc. cit.)

‘Il vient actuellement à notre consultation externe une petite malade dont l’histoire confine à celle de l’hystérie, si elle ne lui appartient pas tout à fait. Il s’agit d’ane jeune israëlite de Saint-Pétershbourg âgée de 15 ans, non réglée qui fréquente notre clinique depuis cinq ou six semaines. Elle est venue chercher à Paris une guérison qu’elle n’a pas encore obtenue ailleurs. Il s’agit où il paraît s’agir d’un tic non douloureux de Ja face. Mais l'affection se présente chez elle avec des caractères spéciaux qui s’éloignent considérablement du type normal. Chez elle, le spasme se produit quand nous le désirons Nous la voyons avec un coussinet sur l'œil droit à l’état de repos. Il ne se passe rien de particulier dans la face. Mais nous ‘allons enlever le coussinet ; si nous le relevons seulement légèrement sans découvrir le globe de l'œil, qui est en permanence protégé par les paupières. contracturées, il se produit déjà une contraction des muscles de la face à droite. Si nous découvrons l'œil, le spasme se produit plus énergiquement encore, et il se fait une distorsion affreuse et fixe des traits du visage.

L’affection actuelle a été précédée, il y a un an, d’un spasme de l’orbiculaire droit qui est survenu sans cause connue,sans douleur. Peu de temps après, il se produisit des crises nerveuses avec ‘rires, pleurs, cris. En août dernier, à la suite d’une ,électrisation locale, le spasme de la face s’est déclaré tel qu’il est aujourd’hui.

Voici où commence la série des phénomènes étranges :

La pression exercée par ce petit coussin est bien peu de chose, et, d’un autre côté s’il ne s'agissait que de la pression, celle-ci devrait se montrer’efficace, aussi bien lorsque nous la pratiquons nous-même en appliquant le cousSin et en le

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serrant à l’aide du bandeau, que lorsque cette opération est faite par la malade elle-même. Or, cela n’a pas lieu. Il y aurait donc là une influence personnelle qui donne beaucoup à penser. Je dirai même plus, il ne s’agit pas seulement chez moi d'un Soupçon, mais d’une conviction. Oui, la jeune malade simule ou tout au moins exagère. J’admets volontiers la réalité du blépharospasme ; mais,pour ce qui est du spasme des muscles du domaine du facial inférieur ét du peaucier, je le crois surajouté, inventé, simulé.

Quel intérêt cette jeune fille peut-elle avoir à simuler ?' Les hystériques simulent souvent sans but bien:arrêté, par culte de l'art pour l’art. L'amour de la notoriété n'est-il pas le mobile ? Tromper, ou croire tromper les médecins de Saint-Pétersbourg, après ceux de Paris, passer ensuite à la Faculté de Vienne, et ainsi parcourir l’Europe entière, ne serait-ce pas là un motif suffisant ? DS

B) MALADIES A TYPE CHORÉIQUE

Chorée. — La chorée est souvent aussi l’objet de la simulation des enfants. Il n’y a rien là de surprenant : la danse de Saint-Guy est une maladie des plus répandue. La plupart des enfants l'ont observée, et siles symptomes en sont moins impressionnants que ceux de l épilepsie, ils éveillent du moins à un haut degré la curiosité enfantine. ;

En voici une observation :

OBSERTATION XIX Chorée. — Fille de doué ans.

(Moreaw de Tours, loc. cit:)

Mile M. C..,, douze ans, présente des troublés choréiques intenses ; le corps entier est agité de mouvements et ne reste Jas une seconde en repos. Cependant l’état général est bon,

l'enfant dort bien, se nourrit convenablement.

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Très intelligente, très vive, mais très paresseuse, elle passe volontiers sa journée, à jouer, à s'amuser à toute espèce de choses ; cependant quand elle veut, elle apprend facilement et - retiens bien ce qu’elle a appris. Hérédité absolument nulle.

Au premier abord ces mouvements exagérés semblent voulus. Certains signes nous confirment dans notre première supposition que. nous avions affaire à une petite simulatrice ou tout au moins à une enfant qui exagérait considérablement sa chorée, si toutefois elle existait réellement. L'histoire que la mère raconte sur le début de l'affection nous confirme dans notre. manière de voir. La maladie en effet aurait éclaté brusquement quelques heures après une remontrance très vive sur sa paresse et l'intention formelle et irrévocable du père de la mettre au couvent. ,

Sans rien laisser paraître, nous la fimes surveiller à son insu. Or, tant qu'elle se croyait seule, elle était calme, tranquille ; les mouvements reprenaient aussitôt qu’elle entendait venir quelqu'un. En présence de ses faits, il ne nous restait plus qu’à démasquer la malade, ce qui fut facile.

Sur l'assurance qu'on ne Gonnerait pas suite au projet de la mettre en pension, elle avoua sa ruse. Cette enfant avait eu l’occasion de voir à plusieurs reprises une petite fille de son âge atteinte de chorée et qui passait dans la rue. De là, lui était venue l’idée, dit-elle, de faire comme elle.

Tremblements. — Les tremblements sont bien voisins des mouvements choréiques-; en voici un ces.

OBSERVATION XX Tremblements des membres supérieurs. — Fille de douze uns

(Erôss, loc. sit. — Dufestel.) ‘

J. D..., 11 ans, fille d’un tailleur de Budapest, est amenée le 20 mars 1882, à l'hôpital par sa mère. Elle souffre depuis quinze jours de maux d'estomac, et éprouve en tricotant des douleurs dans les membres supérieurs. Les mains se méttént à trembler, puis elle laisse tomber son tricot et-sa laire, après : quoi le tremblement cesse au bout de quelques minutes. Ce

Symptôme permet à peine de douter de la simulation. Nous mettons dans la salle un tricot dans les mains de l'enfant. Après s’en être servi quelques minutes elle nous dit ressentir de l’engourdissement dans les bras, après quoi les bras se mettent à trembler, et d’un geste évidemment volontaire elle jette son tricot à terre. Le lendemain nous éclairons la mère dont l’intervention sévère et immédiate a pour conséquence les aveux de l’enfant.

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