‹ Contribution à l'étude des maladies simulées chez les enfantsChapitre 32 sur 47 · END · texte numérisé non relu

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part : il me montra le sternum. Il me laissa comprendre, de plus, qu’il croyait qu'il n'aurait plus de crises dorénavant.

I tint parole et je n’entendis plus parler de nouvelle crise. Néanmoins il garda le lit encore plus d’une semaine sans aucun mal en apparence, mais il ne parlait toujours pas.

Le 6 juillet on lui fit, dans une chambre isolée, de la faradisation. L'un des pôles fut appliqué sur la nuque, l’autre sur le cou et on lui recommanda de dire, oui ou non, suivant que cela - lui ferait mal ou non. Quand il commença à souffrir, il poussa des -cris, Mais aucun mot intelligible. Alors on lui répéta que s’il ne

disait pas non, on augmenterait l'intensité du courant, etcomme effectivement il commençait à devenir plus fort il finit par dire graduellement n... n... n0... non; il dit de même oui. Puis on le laissa en l’avertissant qu’on recommencerait le traitement le lendemain dans le cas où il ne parlerait pas mieux.

Dans le courant de la journée, il s’exerça à dire oui et non. Le 7 juillet, on arriva à lui faire dire oui, non, docteur, papa, maman, hôpital. Le jour suivant, il chantait tout haut et parlait sans la moindre difficulté.

Il resta jusqu’au 43 juillet, puis partit content et guéri.

Les cas de simulation chez les enfants sont loin d’être rares, , cependant je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer, dans | la littérature médicale, l'observation d’un cas de simulation de folie, Dans le « Bulletin de l’Académie de Médecine » de cette année, se trouvent des discussions sur cette question et il est mentionné que la simulation de la folie Chez les enfauts existe, mais il n’est rien dit de plus.

Jai fait l'impossible, tant auprès de l’enfant que des parents, pour découvrir la raison de la supercherie, mais ce fut en vain, Qu'il s'agisse d’un cas de simulation, cela est hors de doute, mais il serait intéressant de savoir jusqu'où allait la feinte. Le premier accès de folie furieuse, survenu quinze heures eñviron après que l’enfant eût été mordu par le chien, et au cours duquel il ne reconnaissait pas ses plus proches parents, tandis qu’un Spasime l’empêchait d’avaler aucune boisson, ne me paraît pas pouvoir être mis sur le compte de la simulation. Il est inadmissible qu’un enfant puisse imiter si naturellement des crises d’hydrophobie d’après le seul récit

Er Res

qu'il aurait pu en entendre faire par hasard. Comme, d’ailleurs, il n'avait pas été mordu et que, du reste, le chien n’était pas enragé, il est plus logique d'attribuer la crise de folie et le Spasme de la déglutition à un trouble psychique qui aura pu ètre provoqué par des cauchemars. Et ce premier fait aurait servi de point de départ à la simulation.

Voici enfin une observation de folie, simulée par deux familles composées de treize individus. Le mobile est la crainte inspirée par les menaces d’un des chefs de famille.

OBSERVATION XXVIIT

(Mémoire sur un cas d’aliénation mentale qui s’est déclaré subitement et sans cause apparente chez tous les membres de deux familles composées de treize individus par Jacques Poilroux, médecin des épidémies de l’arrondissement de Castellane (Basses-Alpes). Ann. médicopsych., 1848, t. XI, p. 330.)

« Sur le flanc de l’une des montagnes des Alpes et dans un hameau de l’ancienne ville épiscopale de Senez, on a été témoin d’un évènement aussi extraordinaire et aussi déplorable que l’on puisse imaginer ; les fastes de la science n'’offrent rien de pareil ; et dans la médecine légale rien ne peut lui être comparé.

Le 2 août 1846, les deux familles de Marcellin et de Jean Isnard, frères, la première composée du père, de la mère, et de quatre enfants dont un garçon âgé de 21 ans, une fille de 17ans, une seconde fille de 12 ans et une dernière de huit à dix ans ; la seconde comprenant les deux époux et des enfants en bas-àge se trouvèrent réunies ce jour-là, jour de dimanche, dans la maison de Marcellin, l’ainé des frères, quoique les deux familles n’habitassent pas ensemble,

L'on entendit, dès le matin, dans la maison où se trouvaient réunis ces individus, un grand bruit mêlé de cris et de gémissements, et bientôt après, on en vit sortir tous les membres de ces familles au nombre de treize, dans un état de nudité complète, et parcourant à plusieurs reprises les rues du hameau se rendre ensuite sur la place publique où se

trouvait l’église. Queiques-uns des acteurs voulaient en forcer l'entrée au moment où l’on y célébrait les offices divins, et d’autres tels que Marcellin Isnard et sa femme se livraient à des attouchements obscènes sur leurs personnes.

Le lendemain de cette déplorable scène, lesdits époux Isnard, vêtus de leur chemise seulement, se rendirent à un oratoire voisin de leur habitation ; et là, plaçant une pièce de cinq francs frappée sous la République, ils poussèrent des: cris, vociférèrent des chants, et invoquèrent le nom de Saint- François, en lui donnant les marques de respect les plus burlesques, accompagnées d’abondantes libations. Cette mème pièce, dans ses effigies, représentait selon eux l’image des deux frères et celle de leur père commun Jean-François Isnard.

Après cette dernière démonstration, le calme se rétablit chez toutes les personnes qui avaient figuré dans ce drame et aucun des acteurs ne donna plus aucun signe d’aliénation mentale.

L'auteur raconte, à la suite de cette observation, comment la justice fit examiner les auteurs de cette scène par un médecin aliéniste qui conelut, dans un rapport détaillé, à la simulation. Les conciusions. du médecin rapporteur furent confirmées en tous points par les éléments de la procédure et par le jugement du tribunal correctionnel de Castellane qui est intervenu à ce sujet.

Nous terminons ce groupe en rapportant un cas de suicide imitatif, rapporté par M. Moreau de Tours.

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