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Mais ce penchant n’est jamais aussi développé que dans le jeune âge. Les moralistes et les écrivains de tous les temps ont signalé ce trait du caractère enfantin. Montaigne dit que les enfants mentent « quand et eux ».
La Bruvère est tout aussi sévère : « Les enfants sont hautains, dédaigneux, colères, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, r1enteurs, dissimulés »; et cette tendance, innée au mensonge, apparait de très bonne heure, dès les premières manifestations de l’intelligence.
« Le mensonge n’a pas besoin de maître, dit encore Bourdin, il se développe spontanément à la facon de l'herbe qui croît dans les champs. Il débute avec les premières lueurs de l'intelligence el ne s'éteint qu'avec elle: »
Les enfants mentent pour les motifs les plus variés. Toutes les passions et les défauts du jeune âge : la paresse, la gourmandise, la jalousie, la vanité, etc.;, peuvent être la cause de mensonges ; mais souvent aussi ils mentent sans nécessité, pour le plaisir de mentir, pour l’art, en quelque sorte. Certains enfants forgent, de toutes pièces, des histoires les plus iavraisemblables. Si l’on fait attention à leur récit, si on a l'air d’y croire, ils amplifient encore et donnent des détails plus précis. Lorsqu'un éclat de rire vient leur prouver qu’on n'est pas leur dupe, ils rient avec vous, tout en maintenant, pour
TU
la forme, l'exactitude de leurs dires. Mais ce menteur instinctif, comme l'appelle Bourdin, n’est-pas toujours aussi innocent: Par ses calomnies il peut causer de grands malheurs. € Cela a lieu, écrit M. Moreau de Tours, quand leur auteur est un de ces déshérités de la nature dont, l'intelligence annihilée dans sa presque totalité présente encore-une lueur; or, ce qui reste, dit Bourdin, est consacré au mal ».MM. Hutinel et Babonneix expriment la même pensée : € D’autres formulent contre les personnes de leur entourage des accusations qui, par leur naiveté calculée, leur apparente sincérité et la précision des détails, ont pu, trop souvent en imposer à la Justice et faire condamner des innocents. Cette tendanceau mensonge pour laquelle M. Dupréa créé le térme heureux de mythomanieaëété de toustemps sionalée par les moralistés etles écrivains, Montaigne et La Bruvère entre autres ; elle mérited’être particu- * lièrement bien connue des médecins et des imagistrats, carelleenlèvetoute valeur aux témoignages que les enfants peuvent être appelés à faire en justice. »
Un autre penchant très accentué aussi dans Île jeune âge, c’est la TENDANCE A L’IMITATION, Nous pourrions répéter ici Ce que nous avons dit plus haut à propos du mensonge, que cette propension n'est pas particulière à l'enfant, que l’homme adulte est, lui aussi, essentiellement imitateur, mais il n’en reste pas moins avéré que c’est chez l'enfant que les facultés d'imitation atteignent leur plus haut
degré de développement.