‹ Contribution à l'étude des maladies simulées chez les enfantsChapitre 7 sur 47 · PR (DEA · texte numérisé non relu

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« Dans le jeune âge les facultés d'imitation sont d'autant plus développées que, pendant des années, rien ne vient cContrebalancer leur influence. D'autre part, on sait avec quelfe facilité les enfants font du réel avec de l'imaginaire, prétant à tous leurs rêves du mouvement et de la couleur, leur insufflant la vie. Leur jeune imagination tend à tout déformer, à tout amplifier, et, comme l’a dit Bernard Perez : «elle dépasse la nôtre en ce qu’elle ne sait pas ou ne peut pas se limiter ». Elle nanque du recul nécessaire pour mettre les choses au point.»(Hutinel et Babonneix). R

Les enfants modèlent toutes leurs actions sur celles des personnes avec lesquelles ils vivent : ils contractent ainsi quantité d'habitudes morales et physiques auxquelles ils ne font d’abord aucune

attention mais qui plus tard influencent considérablement leurs actions.

Au reste, tout au moment présent, ce sont d'excellents observateurs. « Il n’y à nuls vices extérieurs, écrit, La Bruyère, et nuls défauts du corps

qui ne soient aperçus par les enfants ; ils les saisis-

sent d’une.première vue et ils savent les exprimer par des mots convevables ; on nenomme point plus heureusement. »

Qu’'y y a-t-il d'étonnant dès lors qu'avec un don d'observation si pénétrant, qu après avoir si bien remarqué, ils essayent de copier ce qu'ils ont vu :

et comme ce sont les défauts et Les travers qui les

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frappent le plus, ce sont eux aussi qu'ils reproduisent avant tout. Ce sont des singes et des perroquets, suivant l'expression de Taine.

Mais, dans ces conditions, il est évident que la

vue de certains phénomènes morbides puisse être

des plus dangereux pour les enfants.

€ Il faut craindre, dit M. Moreau de Tours, les effets de limitation chez les enfants dont l’organisation est si flexible, si docile à toutes les influences extérieures et dont le caractère se plait avec tant de facilité à suivre tous les penchants vicieux, à copier fidèlement tous les actes physiques, moraux et même les actes morbides qui s'offrent à leur imitation. »

Et de fait, les enfants vont jusqu'à imiter certains phénomènes pathologiques.

La compassion est un sentiment bien humain certes, Nous n’assistons pas indifférents aux maux et aux souffrances de nos semblables, nous en sommes plus ou moins affectés. Montaigne à dit : « La vue des angoisses d’aultruy m'angoisse matériellement, et un tousseur continuel irrite mon poumon et mon gosier. » Madame de Sévigné écrit de même dans une lettre à sa fille qui toussait : » J’ai mal à votre poitrine ». Mais les enfants dont le système nerveux est plus délicat, plus facile à ébranler, passent facilement des sentiments aux actes. Il est d'observation courante, parexemple, quela difficulté qu'ont les personnes bègues à prononcer certaines syllabes, impressionne profondément les jeunes

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