PATHOGÉNIE
La cause de l’inflammation et de la suppuration du sein dans la dothiénentérie est dans la majorité des cas le bacille d'Eberth. SE
Cette possibilité pour le bacille d'Eberth de faire du pus à prêté autrefois à pas mal de discussions, elle n’est plus contestée actuellement. Colzi, Orloff, Michon, Gilbert, Sanarelli, Roux et Vinoy, Dmochowskiet Ianoski ont en effet établi expérimentalement ce pouvoir pyogène. Valentin, Ebermayer, Chantemesse et Widal, Achalme, ont trouvé ce bacille typhique comme seul agent de la suppuration dans certaines ostéomyéliltes typhiques : Gilbert et Girode, Weintrand.l’ont rencontré dans des pleurésies purulentes ; Haushalter, dans des abcès de Ta rale ; Tavel, Thiroloix, Girode, dans des péritonites purulentes, des arthrites purulentes, des synovites, orchites, épididymites. Il est donc toutnaturel de songer que l’inflammation de la glande mammaire survenant au cours même d'une -infection due au bacille d'Eberth est causée par ce bacille.
Mais si le bacille d'Eberth est l'agent par excellence des mammites dans la fièvre typhoïde, il ne doit pas
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être toujours le seul incriminé. Une division s'impose à ce point de vue pathogénique, suivant que nous aurons affaire X des mastites à bacille pur, telles que les mammiles non suppurées, et à des mastites à bacille d'Eberth . associé à du streptocoque, du staphylocoque, du pneumocoque, comme c’est le cas pour les mammites qui passent à la suppuration. |
Fornaca, en 1897, et Davis Patterson et Hewlet ont, les premiers, étudié la question dans les mammites non ‘suppurées. à
Fornaca {Obs.X) put retirer par ponction du sein chez une de ses malades quelques gouttes d’un liquide séropurulent, dans lequel, après culture dans une tube de bouillon ordinaire on ne trouva qu'un seul microorganisme, le bacille d'Eberth.
Davis Patterson et Hewlet (American Journal of med. se. 1901) se contentèrent d'examiner le pus d'un abeès après son ouverture, ils trouvèrent aussi du bacille pur ; mais leur malade avait une mammite double, et la suppuration ne s'était produite que dans un seul sein, il est donc logique d'admettre que linflammation de l'autre mamelle avait pour eause le même microbe pathogène. |
Dans les 11 cas de mammite suppurée dont nous avons connaissance et dont 8 fois l'analyse du pus a été faite, les résultats n'ont pas été partout-identiques.
Deux fois le bacille d'Eberth à été trouvé à l’état pur (cas de Davis Pelterson et Hewlet (Obs. XXIT) et cas de Mac Conkey (Obs. XXII); une autre fois c’est un bacille mal déterminé mais semblant appartenir au groupe des paratyphiques qui fut observé (Soulier, Obs. XX VI). À
Chez les malades de Destrée (Obs. XVE et XVIT) et de
— 23 — Curshmann (obs. XVIII et XIX) du Lee doré est seul décelé.
C’est enfin du staphylocoque blanc seulement que l’on trouvé à l'examen bactériologique du pus prélevé chez la typhique de Thomas Mac Crae (obs. XXIV)
Mius maintenant par quelle voie ces microorganismes arrivent-11s à la glande mammaire? Hanriot dans sa thèse de Nancy (1904) à incriminé la voie cutanée. Soulier, au contraire, a admis que l'infection se faisait par voie sanguine, c'est à son opinion que nous nous
rangerons.
La constatation du bacille d'Eberth dans le sang suffit en effet à expliquer sa présence dans le voisinage de la
glande mammaire; actuellement cette présence du
bacille typhique dans le liquide sanguin n’est plus. contestée. Courmont et Lesieur l'ont noté 33 fois sur 37 malades vers le deuxième septénaire de la maladie; Widal et ses élèves l'ont rencontré 17 fois sur 20: Bresquet enfin, 82 fois sur 83. Les ensemencements de sang montrent en outre que les associations microbiennes ne sont pas rares dans la fièvre typhoïde, le staphylocoque, en particulier, le coli, etc... ayant été décelés dans plusieurs cas.
On comprend donc que le bacille qui eireule dans le sang puisse se fixer sur les liéux de moindre résistance fatigue de la glande mammaire, due à Ia lactation en
cours ou récente, par exemple) pour donner une
infection locale.
Les phénomènes généraux observés au moment de l'apparition de la mammite, assez marqués, sans être graves toutefois, peuvent bien être, de plus, sous la
dépendance d’une augmentation du nombre des bacilles
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typhiques cireulant dans le sang, ou au moins d'une exagération de la virulence de ceux y existant déjà.
Peut-être aussi pourrait-on enfin incriminer Jusqu'à un certain point le système lymphatique.
Quant à la voie cutanée qu'admettait Hanriot, nous pouvons penser à elle seulement pour les mammites à streptocoques, staphylocoques, pneumocoques ; la suppuration du parenchyme serait alors précédée de galactophorite et de canaliculite, qui ont passé plus ou moins
inaperçues. de Notre conclusion pathogénique sera donc celle-ci: Mammite non suppurée — bacille d'Eberth pur
apporté par voie sanguine.
Mammite suppurée — infection polymicrobienne, avec voie de pénétration cutanée très probablement.