DEUXIÈME OBSERVATION
Bel... Louis, 38 ans.
Le malade est un anxieux mélancolique interné depuis deux mois. S’accuse d’avoir tué son enfant qui est mort il y a trois ans de méningite tuberculeuse. Son internement avait été motivé par une tentative de suicide par le gardénal. L’intoxication semble avoir été peu grave, mais au cours de la convalescence s’est déclaré un érythème scarlatiniforme manifestement toxique dû à l’absorption du barbiturique.
Or, deux mois après, il recommence sa tentative de suicide en s’ouvrant les veines du pli du coude à laide d’un éclat de verre. Cette tentative reste bien entendu sans conséquences graves, mais nous sommes tout étonnés de voir apparaître trois jours après une éruption scarlatiniforme typique qui, encore chose curieuse, a débuté au niveau du pli du coude qui avait été traumatisé. C’est en défaisant son pansement qu’on a vu apparaître les premiers éléments de l’éruption. Celle-ci se généralisa rapidement et se présenta dès le lendemain sous forme de grands placards confluents couvrant la face, le ventre, le dos et les membres. Au niveau des plis de flexion, en particulier à la nuque, l’éruption est hémorragique par places.
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Le tout s’est accompagné d’une poussée fébrile, n'ayant pas dépassé 38°8 et d’un abattement général. L’anxiété semble s’être calmée pendant tout le temps qu’a duré l’éruption cutanée. On ne note aucun énanthème et au bout de huit jours les accidents cutanés ont complètement disparu. J
Il est inutile d’ajouter que ni pendant les deux mois qui ont précédé les faits que nous relatons ni pendant la seconde tentative de suicide le malade n’a reçu aucune médication barbiturique.