‹ Contribution à l'Étude des Manifestations Cutanées d'origine nerveuse et mentaleChapitre 15 sur 16 · QUATRIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME OBSERVATION

Mart.. Thérèse, 34 ans.

Il s’agit d’une malade atteinte depuis six mois environ d’une paraplégie dont la nature est malaisée à élucider. Cette paraplégie serait survenue brusquement, à la suite d’une crise convulsive mal définie. C’est une paraplégie spasmodique, en extension, sans modication notable des réflexes tendineux. Le réflexe cutané plantaire est aboli, en raison d’une anesthésie complète de la peau des deux membres inférieurs. Il n’y a pas de troubles sphinctériens et pas de troubles trophiques. Tout semble indiquer qu’il s’agit d’une paraplégie purement fonctionnelle, de nature pithiatique. Dans les antécédents on ne retrouve aucun fait intéressant en dehors d’une chute assez grave que la malade aurait subi il y a vingt ans. Pas de déformation de la colonne vertébrale et aucune anomalie rachidienne radiologique.

Chez cette malade, confinée au lit depuis six mois on a vu apparaître un jour une tache violacée de la face antérieure du genou droit. Ce phénomène cutané n’était accompagné d’aucune douleur et, comme l’exploration circulatoire l’a montré, d’aucune modification ni de la pression artérielle, ni du pouls, ni de l'indice oscillométrique. Cepen-

ER

dant la tache s’étendait de plus en plus et gagnaït la face antéro-interne de la jambe. La malade ne présente pas de trace de varice. Pas d’antécédents syphilitiques, réaction de Bordet-Wassermann négative.

Huit jours environ après l’apparition de la plaque, la peau s’ulcère, s’infecte rapidement et gagne aussi bien en étendue qu’en profondeur. À partir de ce moment un pansement est appliqué sur l’ulcération.

Un jour en faisant son pansement à une heure où la malade ne s’y attendait pas, on trouve appliqué sur la plaie des morceaux de « paille de fer » utilisée pour le nettoyage des parquets, des particules de verre, etc. En outre, les voisines du lit de notre malade affirment qu’elle y versait régulièrement du vinaigre, de l’eau de Javel, etc.

A partir de ce moment-là, la malade est très étroitement surveillée, mise dans l’impossibilité de défaire son pansement sans qu’on s’en aperçoive. La guérison de l’ulcération cutanée est très rapide. Au bout de six semaines on ne voit plus qu’une cicatrice à tendance rétractile.

La malade, suivie pendant un an, n’a jamais représenté d'accident semblable, bien que sa paraplégie fut restée stationnaire.

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