‹ Contribution à l'Étude des Manifestations Cutanées d'origine nerveuse et mentaleChapitre 5 sur 16 · A MON JURY DE THESE · texte numérisé non relu

A MON JURY DE THESE

PNR O D 'UNC ET TON

La pathologie mentale s’est tenue pendant très longtemps à l'écart des grands mouvements de la médecine. Elle ne pût bénéficier de la méthode anatomo-elinique, car la plupart des synchromes mentaux manquent de substratum organique décelable par nos moyens. Elle ne peut guère tirer partie des méthodes expérimentales, car les phénomènes mentaux ne se prêtent guère à une étude sur les animaux. Toutes ces raisons ont fait que les psychiâtres se sont de plus en plus complus dans l’analyse détaillée du contenu mental des psychoses, oubliant parfois le cadre pathologique.

Or, il n’est pas douteux que les maladies mentales, comme toutes les maladies, sont soumises aux lois de la pathologie générale. Le peu que nous connaissons de ces lois nous permet dès maintenant des applications intéressantes.

Pour que la Psychiatrie soit intégrée dans les cadres de la pathologie générale, il est indispensable de s’adresser de préférence aux phénomènes purement psychiques, aux manifestations somatiques objectives des psychopathies.

Si la discipline-sœur, la neurologie, a pu faire beau-

coup plus de progrès que la Psychatrie, c’est en grande partie, grâce à son attachement aux faits objectifs.

Loin de nous de contester l'intérêt de l’analyse psychologique et psychopathologique. Bien au contraire, nous verrons, au cours de ce travail, l’importance que nous attachons à certaines causes psychogènes dans le déterminisme des accidents somatiques. Nous pensons seulement que les faits cliniques objectifs, tangibles, sont un guide plus sûr lorsqu'il s’agit de démêler les processus déterminants d’une psychose, que le contenu mental.

Certes, toutes les psychopathies n’ont pas de manifestations somatiques immédiatement apparentes, et certains se basent sur leur absence pour creuser un abîme entre la Neurologie organique et la Psychiatrie purement fonctionnelle. Nous savons, aujourd’hui, qu’une telle séparation ne se justifie par rien. Entre les deux cas extrêmes se case toute une série de phénomènes qui, tout en ne répondant pas à des lésions anatomiques profondes et définitives, présentent toutes les garanties d’authenticité et qui échappent à la critique de simulation ou de pathomimie volontaire.

Si l’on n’obeissait pas encore au préjugé de l’hystérie dans le sens péjoratif du terme, les névroses constitueraient un terrain d’entente idéal entre les neurologues et les psychiâtres. Il s’agit là, en effet, de manifestations somatiques pouvant relever de n’importe quelle branche de la médecine et l’origine de ces manifestations est, sans aucun doute, une perturbation psychique.

Le vieux problème des rapports du physique et du moral, peut être abordé actuellement dans les deux sens :

AT

Nous savons, d’une part, que des altérations de la substance — nerveuse, organique ou fonctionnelle —, peuvent donner naissance à des troubles mentaux.

Il ne fait pas de doute, d’autre part, que des perturbations mentales de diverses sortes peuvent être à l’origine de nombreux phénomènes pathologiques somatiques.

L’étude des manifestations cutanées au cours des maladies nerveuses et mentales peut donner maints exemples à ce sujet.

Quelques observations recueillies à la fin de nos études médicales nous ont donné l’idée d’approfondir ce problème et nous espèrons que ce modeste travail contribuera à combler le fossé qu’on a voulu creuser à tort entre la Psychiâtrie et le reste de la Médecine.

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