OBSERVATION IT
Névralgie du trijumeau (Personnelle)
Le nommé P..., âgé de 30 ans, en Algérie depuis six mois seulement, nous fait appeler, le 27 juillet 1905, parce qu'il a des accès de fièvre depuis 8 jours environ, et qu'au cours du dernier accès, il a été pris de douleurs vives dans la face, douleurs qui ne cessent pas, bien que l'accès ait disparu.
C’est le troisième accès que présente ce malade, la fièvre est du type tierce. Il n’a jamais eu les fièvres avant cette atteinte, nous sommes donc bien en présence d'une forme de première invasion, car le malade n'a jamais habité de pays paludéens. L'examen ne nous montre aueun signe de tuberculose, aueun stigmate de syphilis, nous ne relevons dans les antécédents que quelques habitudes éthyliques et une fièvre typhoïde bénigne à 18 ans.
Lorsque nous voyons le malade, son accès est terminé depuis environ quatre heures, il souffre néanmoins d’une douleur continue dans tout le front et la partie gauche de la joue, il a fait clore les volets de la chambre, car la lumière augmente ses douleurs, ainsi que les mouvements.
Le 0-2
L'examen montre une hypéresthésie du front, ainsi que de la moitié gauche de la face ; les points sus-orbitaires sont douloureux à la pression des deux côtés, les points sous-orbilaire, palpébral, nasal et le point malaire, sont douloureux à gauche. Les yeux sont un peu injectés, l'œil gauche plus que le droit. L'examen de sa bouche nous montre bien deux dents cariées, mais elles sont dans la partie droite du maxillaire inférieur.
Dans la nuit, les symptômes s'amendent et le malade reprend le lendemain ses occupations.
Le surlendemain, nouvel accès auquel j'assistai : c’est l'accès classique, avec ses stades de frisson, de chaleur et de sueur ; le thermomètre marque 40°2 dans l'aisselle ; Ja névralgie reprend le malade aussi forte qu’à l'accès précédent. Je pratique à ce moment, dans la joue gauche, sous la muqueuse buccale, une injection de 1 centimètre cube d'une solution au 1/100° de stovaïne, dans l'alcool à 60°, et j'institue le traitement quinique à la dose quotidienne de 6 gr. 75 de chlorhydrate de quinine et autant de phénacétine.
L'accès suivant a été coupé, ainsi que les autres accès, pendant un mois. À ce‘moment, deux légers accès sans névralgie ; le traitement quinique est repris. La guérison était complète et se maintenait plusieurs mois après.