‹ Contribution à l'Étude des Manifestations Nerveuses dans le PaludismeChapitre 9 sur 27 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Périnelle, dans sa thèse « De l'accès pernicieux tétanique dans la malaria », inspirée par M. le Professeur Trabut, rapporte 21 observations de tétanos intermittent provoqué par l'infection malarique. Nous reproduisons l'observation suivante qui est particulièrement typique :

OBSERVATION I Accès pernicieux tétanique (in thèse Périnelle)

Said ben Ahmed, 30 ans, journalier, indigène.

Entre à l'hôpital, le 27 octobre 1888. A la visite du 28, le malade présente les symptômes suivants :

Tenpéralure axillaire, 40°5.

Respiration stertoreuse et courte, il semble que les muscles thoraciques soient immobilisés.

Convulsions.-des museles de la face, puis trismus, très grande difficulté d'écarter les mâchoires.

Raiïdeur des muscles de la nuque ; les muscles de la région dorsale ne semblent pas contracturés.

Les membres supérieurs sont dans l'extension, cepéndant les muscles présentent des mouvements convulsifs légers et rapides, lorsqu'on les pereute ou même qu'on les touche.

Les yeux tantôt sont fixes et immobiles, tantôt roulent dans leurs orbites.

Malgré l'absence de plaie ou de cicatrice récente, le diagnostice de tétanos est porté avec réserve toutefois.

Cet état tétanique se termine dans la soirée par des sueurs abondantes ; le malade a pris 4 gr. de chloral et 4 gr. de bromure de potassium el a reçu une injection de 0 gr. 01 de chlorhydrate de morphine.

Le 29, le malade, qui a de légers frissons depuis un quart d'heure, présente les mêmes symptômes que la veille, mais beaucoup plus intenses. Impossibilité absolue d’écarter les mächoires.

Les muscles de Ja face, d'abord agités de contractions rapides, deviennent rigides et donnent au malade une étrange physionomie. Les yeux sont immobiles. Les museles des gouttières vertébrales et de la nuque sont en état absolu de contraction tétanique, de telle sorte que nous pouvons soulever le malade tout d’une pièce, en le prenant par l'occiput et les talons. Le pouls est petit, à peine sensible. La température atteint 40°2. La peau est sèche et brûlante, donnant la sensation de chaleur mordicante à la main de l'observateur. Malgré les symptômes de tétanos, le frisson initial et l'élévation persistante de la température font porter le diagnostic d'accès pernicieux à forme tétanique.

On prescrit 1 gr. 50 de sulfate de quinine à prendre en trois fois. Le soir, nouvel accès avant l’apyrexie complète. Les deux accès de la journée sont donc subintrants.

31 octobre. — Deux accès à forme pernieieuse tétanique dans la journée ; celui du soir est le plus intense. 8 injections hypodermiques de chlorhydrate de quinine (0 gr. 10 par injection).

1 novembre. — Mêmes phénomènes, même traitement que la veille.

2 novembre. Mieux sensible.

Pas d'accès jusqu'au 5.

manie

Le 5 et le 6 novembre, accès peu intenses. On reprend les injections de chlorhydrate de quinine jusqu'au 15.

T1 novembre. — Accès pernicieux tétanique, matin et soir, d'une intensité telle qu'on craignait de voir le malade succomber, À

13 novembre. — Mieux très sensible, le malade n’a eu qu'un accès la veille au soir, l’opisthotonos était beaucoup moins prononcé, le trismus toujours intense.

Le 15, on remplace les injections de quinine par labsorption de un gramme de ce médicament en cachets.

Le malade sort guéri le 21.

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