OBSERVATION V
Névralgie du trijumeau (Personnelle)
Eugénie B..., 20 ans,.au troisième mois d’une grossesse. Impaludée depuis deux ans. Sa fièvre est de type quotidien et les accès ont été jusqu'à ce jour normaux. Le 15 juillet 1909, s'étant fatiguée la veille, elle ressent, en même temps que son accès, une douleur lancinante à la région temporale droite, à l’œil droit, avec irradiation dans la joue et les dents. Questionnée sur ses antécédents, elle affirme n'avoir jamais eu la syphilis, elle n’a jamais toussé el s'est toujours bien portée. C'est sa deuxième grossesse ; son premier enfant est vigoureux et ne présente aucune tare. Sa grossesse actuelle évolue normalement, elle n'a pas d'œdème des jambes ; ses urines, analysées, ne contiennent ni
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albumine, ni glucose ; elle a eu seulement quelques nausées dans les deux premiers mois de sa gravidité.
A l'examen, nous ne sentons pas la rate, mais la palpation de l’hypochondre gauche est douloureuse. Pas d'anémie. L'œil droit est injecté. Nous localisons, par la recherche des points douloureux, la névralgie aux branches temporales sus et sous-ophtalmiques et malaires du trijumeau. Toute cette région est hypéresthésiée et congestionnée.
Pendant son accès, la température axillaire s'est élevée à 40°3. Le lendemain, 16, à la même heure, la malade fait un nouvel accès ; sa névralgie ne l'a pas quittée pendant la période d'apyrexie. Je prescris le traitement quinique et je pratique, dans la joue droite, une injection d'alcool stovainé. La névralgie disparaît au bout de trois heures, mais la malade a ressenti un soulagement immédiat, lorsque la stovaine a commencé à agir. Le 17, ébauche d'accès, la température s'élève à 38°1 ; le traitement quinique est continué pendant un mois, entrecoupé de périodes de repos. La malade n’a plus eu d'accès depuis.
Nora, — Nos observations auraient demandé à être complétées par la recherche des hématozoaires dans le sang des malades. C’est une recherche que nous n'avons malheureusement pas pu faire, car nous étions privés du matériel de laboratoire nécessaire. Mais, enfin, notre diagnostic clinique de paludisme nous semble suffisamment certain et de même que dans une épidémie de choléra, on n'aura pas toujours besoin de cultiver les selles du malade pour affirmer le diagnostie ; de même dans un centre où les Cas de paludisme sont fréquents (et c'est assurément le cas de La Macta, où nous avons observé nos malades), on n'aura pas toujours besoin de l'examei du sang pour diagnostiquer le paludisme.