OBSERVATION XXV
Syndrome de Landry à forme de méningo-myélite aiguë diffuse évoluant chez un malade paludéen et saturnin. Lymphocytose du liquide céphalo-rachidien. Guérison rapide en quelques jours.
(Dumolard et Flottes, Bul. méd. de l’Algérie 10 avril 1910)
Ie nommé H..…, né en Algérie de parents français, âgé de 36 ans, employé aux Ponts et Chaussées, entre le 29
ne)
juillet 1909 à l'Hôpital Civil de Mustapha, salle Pasteur, lit n° 26 (service de M. le D' Soulié, que l’un de nous supplée), pour une paralysie complète des membres inférieurs et du tronc, survenue cinq jours auparavant. H... paraît de constitution plutôt délicate, mais il a toujours été, ditil, très résistant à la fatigue. Un de ses frères est mort tuberculeux. Lui-même, à part les fièvres paludéennes contractées il y a deux ans, à Marceau, et sur lesquelles nous reviendrons, a toujours été bien portant ; il ne présente aucun stigmate de syphilis ; il accuse avoir fait de légers excès éthyliques et présente un liseré de Burton des plus nets, quoique n'ayant jamais présenté d'accidents saturnins aigus (le malade de par sa profession manie assez souvent du plomb). Le paludisme que le malade accuse dans ses antécédents, ne semble pas avoir été grave ; il s'agit actuellement d'accès provenant assez irrégulièrement ; au début, il aurait conservé les fièvres pendant près de trois mois, chaque accès se manifestant par des maux de tête et une poussée thermique sans frisson, sans chaleur ni sueurs ; actuellement encore, le malade ressent un accès
de fièvre qui l'incommode, mais qui ne l’oblige pas à quitter son travail.
Le 24 juillet dernier, H... qui avait senti le matin un peu de fièvre, travaillait sur un échafaudage sur un pont en construction, lorsqu'il fut pris subitement de fourmillements avec engourdissement et faiblesse dans les pieds qui se dérobent. Croyant à des phénomènes passagers, H... s'asseoit un instant, mais les malaises persistent et craignant de tomber de l’échafaudage où il se trouve, le malade remonte péniblement à force de bras sur le pont et se traîne ensuite jusqu'à sa tente, proche du sentier d'une centaine de mètres environ. Il se couche ensuite sur son lit de camp. À partir de ce moment, la parésie s'accentue et fait place à une paralysie complète des jambes qui remonte rapidement et progressivement toujours après avoir été précédée d'engourdissement et de fourmillements. Le 26 juillet, la paralysie a gagné les cuisses et l'abdomen, le 27 elle s'attaque au trone, le 28 de légers fourmillements apparaissent dans les mains et dans les bras, Devant la mar-